la ruda salska live la ruda salska live Vous avez signé sur le label Yelen Musiques depuis le mois de janvier : qu'est ce que cela a changé pour vous au niveau de la notoriété, de la vente de disques, des concerts ?
Ce que ça change d'un point de vue terre à terre,c'est que l'on a une distribution qui est beaucoup plus élargie, donc ça c'est évidemment logique, on parle du groupe un petit peu plus ce qui engendre qu'on a un développement vis à vis des médias, ce qui est tout le rôle, je dirais, d'une maison de disques traditionnelle, mis à part que nous, justement, on contrôle ça et qu'on fait ça d'un commun accord entre Patricia de Yelen Musiques et nous, pour savoir ce qu'on peut faire et ce qu'on peut pas faire. Ce qui a changé beaucoup de choses, c'est que l'on peut maintenant mettre du beurre dans les épinards, ce qui fait que l'on est ici aujourd'hui, qu'on peut monter des tournées,...je dirais que l'on a un petit peu accès à la clé des médias parce que c'est vrai que, malheureusement, il y a toujours un petit peu d'hypocrisie dans le truc. Ce sont de gros médias, bien souvent, si t'as pas un tampon de major au cul, ben ils t'ignorent ou ils ne parlent pas de toi, donc ça nous a apporté aussi ça. Et puis ça nous a aussi apporté le fait de pouvoir avoir des projets, tout bêtement parce qu'avant c'est vrai qu'on était un petit peu ric-rac au point de vue financier avec notre petit asso (NDGdC : Ne nous fâchons pas) : on n'avait pas trop les moyens d'aller plus loin, tant en termes de vente de disques car nous avions atteint le pallier de 20.000 mais bon, après ça nous dépassait un petit peu, et aujourd'hui on pèse pas tellement plus : au point de vue des ventes de disques, ça n'a pas explosé, ça poursuit son chemin normalement et ça nous a apporté la confiance aussi parce que ça nous permet de progresser, de faire des plans nouveaux et comme s'entend très bien avec Yelen, tout va pour le mieux.

Pourquoi avoir choisi Yelen : c'est le pouvoir de liberté ?
Ben ouais, pile poil ! quand on a sorti l'art de la joie, on a eu tout de suite, quasiment dans la foulée, 6-7 majors qui se sont intéressé à la Ruda Salska : on a vu, on a écouté et bien souvent on s'est rendu compte qu'on faisait pas le même métier parce qu'on ne voyait pas les choses de la même façon, donc nous, on avait 7 ans d'existence par nous même donc on avait rien à s'apprendre, on recherchait donc un partenaire, je dis bien un partenaire, donc c'est ce qu'on a eu avec Yelen dans le sens où on voulait quelque chose de familial et la structure Yelen c'est quelque chose de très simple, 4 groupes (ND GdC : en fait 5 !),c'est un petit bureau chez Sony mais qui a évidemment les moyens d'une politique, mais la politique on en décide sans qu'on nous mette le couteau sous la gorge : donc on a la liberté artistique qui est le maître mot en terme de signature, c'est à dire le pouvoir de dire "oui", le pouvoir de dire "merde", aujourd'hui je dirais que la famille s'est élargie! Je dirais même, pour exagérer un peu le trait, que l'on est un peu plus indépendant qu'avant, dans le sens où avant, on avait des projets, on voulait faire des trucs mais on avait pas les moyens de le faire parce qu'on ramait trop, et aujourd'hui, on peut s'occuper que de l'artistique sans lâcher pour autant le reste.

Vous êtes essentiellement un groupe de scène [ouais] et donc vous allez sortir un album "live" cet automne [oui, au mois de novembre] : est ce que pensez que vous allez réussir à restituer tout votre coté live dans ce disque pour les gens qui ne vous connaissent pas ?
Non,on ne le restituera jamais tout à fait, et puis tant mieux parce que sinon cela ne servirait plus à rien que les gens viennent nous voir, mais disons qu'on va essayer de se rapprocher de l'esprit du live : ça ne sera jamais tout à fait pareil, parce qu'il y a aussi la notion du rendez-vous, la notion du visuel : ça étalonne pas exactement le même son que quand on est sur scène, mais du moins ça sera joué beaucoup plus instinctif parce que c'est vrai que les morceaux qu'on joue sur album, quand on les joue sur scène, c'est pas tout à fait la même ambiance, le même climat donc on va essayer de se rapprocher de ça et c'est vrai qu'on sera plus dans l'essence même de la Ruda, même si le coté studio est intéressant : il faut concevoir le studio et le live de façon complètement différente : ce sont 2 exercices de style à part, et donc qui se traitent un petit peu différemment : on met volontiers plus les choses à plat sur un studio, justement, le rôle du live est d'aller au delà de la chanson et lui donner l'interprétation qui soit plus instinctive : donc c'est une autre facette des morceaux, une autre facette de la Ruda. C'est vrai que le live, ça réparti beaucoup plus notre esprit.

la ruda salska live la ruda salska live J'ai l'impression que le 1er album est très ska alors que le deuxième est beaucoup plus rock avec, justement, des tendances ska : alors maintenant, la Ruda Salska, c'est un groupe de rock influencé ska ou toujours un groupe de ska plus rock qu à l'origine ?
Je pense que c'est vrai dès le 1er album, la Ruda Salska, c'est avant tout un groupe de rock 'n' roll et où on se sert beaucoup du ska comme un atout principal, j'entends par le ska toute la famille du contretemps -le reggae, le ragga, le dub- et le rock c'est aussi toute la famille d'Elvis en grossissant avec le punk rock, le hardcore, tout ça !ça laisse une palette large et en fait c'est vrai que nous, on s'est jamais trop posé la question de savoir si on faisait du ska ou du rock : ce qui est sur, c'est que ce sont les deux musiques qu'on aspirait à jouer et donc à mélanger parce que c'est rare qu'un morceau ne soit que ska ou soit que rock.

Et cette évolution, elle était voulu sur l'art de la joie ?
Mais on s'est pas posé la question en fait, si tu veux, l'intérêt sur un album, c'est de faire 13 putains de bons morceaux. Donc après, si tu as une majorité qui est ska, ben ça te donne une couleur ska au truc, si tu as une majorité qui est rock ben ça donne une couleur rock !paradoxalement, c'est marrant parce que c'est vrai que le ska revient de plus en plus fort, et c'est vrai qu'on en joue moins qu'on en jouait avant !ça peut paraître paradoxal, mais ça prouve bien qu'on fait ça justement parce qu'on joue les musiques qui nous plaisent au moment où ça nous plait. On a bouffé du rock steady et on en bouffe tout le temps, du revival,...Après il s'agit d'une question de bons morceaux. Disons parfois que sur un album, on a plus de rock parce qu'on pense qu'ils sont meilleurs que les ska qu'on a fait, voilà quoi ! Mais le prochain, il sera peut être plus ska, on en sait rien. C'est difficile en terme de style, on essaye d'avoir une musique qui corresponde au mieux à notre son, donc après, on a plusieurs ingrédients et puis...On fait moins de ska qu'au début, ça c'est sur, c'est clair, mais il y aura toujours du ska. Nous, si tu veux, on pourrait pas faire que du ska ça nous casserait les couilles, on pourrait pas faire que du rock ça nous casserait les couilles !On aime bien alterner des humeurs, les contrastes, les genres, donc ce qui fait qu'au hasard d'un disque, il peut y avoir une tendance qui soit plus forte qu'une autre, mais on se fait pas chier à se dire "on va faire 6 ska et 6 rock pour que ça soit équilibré" : c'est plus une question de chanson qu'une question de style.

la ruda salska live la ruda salska live Marcel et son Orchestre, la Ruda Salska, tous les groupes figurant sur les compil' it's a frenchy reggae party : c'est une grande famille ?
Ben les Marcel font parti d'une famille car se côtoie depuis au moins 4-5 ans, qu'on partage les mêmes loges, les mêmes concerts, les mêmes emmerdes, les mêmes joies !et puis on a un lien assez fraternel puisqu'on a fait beaucoup de projets ensemble la Ruda et Marcel, notamment la tournée commune qu'on avait fait au mois de mars 1999, on a fait pleins de choses ensemble pour se développer l'un l'autre, et puis aussi parce qu'on s'aime bien, on s'apprécie, d'ailleurs aujourd'hui on est logé dans le même manoir pendant 3 jours, donc ça va être 3 jours de chouille énorme !et puis évidemment, avec tous les groupes sur scènequ'on les connaisse ou qu'on les connaisse pas, il y a toujours un respect qui s'installe dans le sens où on a tous la même histoire, enfin à peu près parce qu'il y en a qui n'ont pas tout à fait la même philosophie de la musique, mais à 90%, on a tous la même histoire, le même camion qui tombe en panne, aujourd'hui ça va mieux, mais on est tous passé par les mêmes choses. Donc c'est vrai que si après, t'as une similitude de musique, ben ça fait que t'as des sujets en commun en plus, donc la récurrence des concerts fait aussi que tu te connais mieux les uns aux autres. Moi, je considère vraiment la scène comme une grande famille, mais c'est la formule un peu pompeuse mais moi j'y crois, ouais !Parce que je crois qu'on fait les choses avec la même envie et puisque que la musique, c'est ce qui fait qu'on se lève le matin !

Merci
C'est moi !