la ruda salska : passager du réel Parler d'un nouvel album de la Ruda Salska est toujours difficile pour moi. Car en tant que franc admirateur de ce groupe, j'ai peur de ne jamais être objectif. Mais à l'écoute de Passager du réel, pas de doute : c'est une grande claque dans la gueule que m'administre ce skeud. Non, ce disque n'est pas un art de la joie bis ou une pale copie du prix du silence. Rien de tout ça. La Ruda ne pouvait pas refaire les mêmes albums. La nouvelle production a en fait un point commun général à tous les albums studios de la bande de Saumur. La classe ! Et ouais, Passager du réel est un album de toute beauté, et ce à plus d'un titre. D'un point de vue général, la production est énorme, mais c'est normal quand on passe chez Andy Lyden, responsable du son de U2, Marley ou nos Wampas. En plus du son, les compos et La Ruda en général sont plus matures. Pour la première fois, tous les textes chantés sont compréhensibles sans le livret. Une multitude de petits trucs qui font de cet album une belle réussite. La Ruda maîtrise les ambiances comme cet "Odyssée du réel", qui délivre progressivement tous les instruments des musiciens de Saumur, sorte d'introduction où la machine infernale se met petit à petit en route. De nouvelles sonorités accompagnent le retour de la Ruda, disons des sons plus "pop", sans pour autant perdre l'énergie du rock et la finesse du ska. "L'empire du moi" en est une magnifique illustration : tempo très doux, puis une rage qui s'installe démontrée par des cuivres reconnaissables entre 1000 ! Tout l'album sera une succession de titres qui ont mariné dans une marmite avec une potion secrete façon Ruda Salska. Sans vouloir abuser, je suis persuadé que chaque chanson de cet album est un titre à forte personnalité qui dégage le petit truc pour en faire un single, bien que la démarche du groupe ne soit pas dans ce sens. Non, la Ruda Salska n'a pas viré dans le coté obscur de la chanson commerciale, la Ruda a tout simplement évolué et apporté quelque chose à son ska rock déjanté qu'il à joué pendant des années. Passager du réel recueille des brûlots synonyme de slam en live, tels "Histoires improbables" ou surtout "carnet d'une égérie" d'une puissance caractéristique aux productions de L'art de la joie. Les traditionnels morceaux ska avec des guitares qui volent à 100 à l'heure et des cuivres survoltés sont bien sur de la partie, comme "La comédie à la française" où le style de la Ruda Salska s'impose comme une référence dans le genre ou "Profession détective", très polar dans les textes et la musique. La Ruda ne joue pas qu'avec l'énergie, elle est assez expérimentée pour se risquer, avec brio, à des morceaux plus posés aux ambiances plus cool. Et là, ça fait mouche ! "Indianapolis" apporte ce petit coté de calme, feutré, quelquefois mélancolique. Toujours rock 'n' roll, la Ruda a réussi son virage vers des morceaux plus murs, plus leger comme "Héros cherche aventure", "Des tambours et des hommes" ou "Les maux dits", certainement plus accessible pour un nouveau public mais néanmoins super efficaces. Tout cela sonne car la Ruda Salska reste La Ruda, le groupe de Saumur sur la route et dans la galère depuis 7 ans, le groupe qui a sué le maillot en jouant toujours au taquet. Et puis il y a la magie Ruda, ce style qui est reconnaissable dès la première mesure. Mention spéciale dans ce disque pour Pierrot et ses textes d'une splendeur irréprochable. Chaque phrase, chaque mot a un sens, on se sent traversé par multitudes émotions à la lecture des paroles d'un bonhomme qui, sans crier gare, s'impose véritablement comme un des meilleurs dans son domaines en France.
Dansant, posé, intelligent, rythmé, voilà quelques qualificatifs qui reviennent pour partager e quelques mots les sensations que j'ai ressenti à l'écoute de ce très abouti 3ème album studio de la Ruda Salska. Il n'y a rien d'autres à dire. C'est à vous de savourez. Fermez les yeux et laissez vous transporter dans l'odyssée du réel !