RQTN EP A l'origine prévu pour être une collaboration de Mathieu, celui qui se cache derrière les quatre lettres de RQTN, et Florent, vocaliste d'Einna, finalement avortée, ce nouvel EP est finalement tout aussi instrumental que We were... we are d'où la tentation assez prévisible de se dire qu'il va forcément manquer quelque chose à cet effort éponyme... Et pourtant, il n'y a aucun suspens. En trois titres, RQTN démontre que l'on est dans l'erreur. Dès "Hope", l'émotion qui se dégage des arrangements à cordes nous submerge littéralement . Mélodies à fleur de peau, progressions harmoniques subtilement distillées, un clavier qui fait émerger des sensations rares, le ressenti est unique et la cinégénie, peu commune. Ambiances comme sorties du temps, un morceau crépusculaire, une lueur d'espoir à travers la nuit... une vraie pépite que l'on rêverait de voir figurer sur une bande-son de court ou long-métrage.
Après un tel coup d'éclat, difficile de retrouver la lucidité nécessaire pour parler de la suite et notamment "The edge". RQTN est en prise directe avec notre âme, faisant l'air de rien voyager notre esprit à travers les limbes d'une mélancolie feutrée. Instrumentations qui oscillent en permanence entre clair et obscur, écriture raffinée, le temps semble désormais suspendu au bon vouloir de Mathieu, comme figé sur une ligne invisible nous guidant à travers le brouillard nostalgique qui enveloppe la musique du projet. Quelques touches électro, une dominante post-classique et toujours ses rêveries solitaires qui nous transportent dans un autre monde. Troisième et dernier acte de cet effort avec "Wires", petite merveille électro/classique baignant dans un halo de douceur désenchantée avant que quelques éclairs lumineux et électriques ne viennent boucler la boucle. Définitivement ? Où ira RQTN après cet EP... on ne sait pas encore exactement, l'avenir du projet étant actuellement suspendu aux désidérata de son géniteur. Dans l'immédiat, on se contentera donc d'attendre... et d'espérer...