rqtn_we_were_we_are_hd.jpg Hi Mathieu, RQTN : ce sont 4 lettres qui signifient quoi au juste ?
Hello Aurélien, dans un premier temps, je voudrais te remercier de consacrer autant de temps à mon petit projet.
Pour les 4 lettres, certains y verront un concept, d'autres feront le rattachement à autre chose. Je n'ai pas d'explication plausible à cette dénomination, c'est plus ou moins du grand n'importe quoi. Mais libre à chacun de chercher...

We were... we are, est le premier EP de RQTN et sort d'ici quelques jours via Swarm of Nails. Comment t'es tu retrouvé sur ce label dont la ligne éditoriale est assez (post)hardcore quand même ? En tous cas, bien plus violente que ce qu'on peut entendre sur ton mini-album
En fait, je jouais dans Atheist Prayer avant, et je connaissais un peu Kevin (le boss de SoN). Il avait un projet de création de label, nous on voulait "sortir" notre disque, ça tombait bien. Et puis on a gardé un très bon contact, on se parlait souvent de nos projets respectifs. Comme d'habitude, j'ai du lui dire en déconnant que je voudrais bien sortir un truc, et en fait il était à fond ! Et puis il y a a aussi ce petit microcosme, les Einna sont aussi dessus, et ce sont de bon vieux potes. D'ailleurs, info croustillante en exclu, quelque chose se prépare avec eux...
Pour en venir à ta question sur le style de Swarm of Nails, je pense qu'on est pas trop loin du compte, finalement. On reste dans une musique extrêmement intérieure, et dont les structures ne différent pas tant. Juste qu'on remplace les cris par un xylophone.

Si je dis que RQTN, c'est le croisement solitaire de Sigur Ros, Explosions in the Sky et 65daysofstatic, tu dis quoi ? A part que c'est un peu réducteur évidemment.
Tu vas sûrement halluciner, mais je n'aime pas trop les groupes que tu cites (rires). Sans déconner, j'écoute vraiment énormément de trucs, et je pense que je tire autant mes influences du skate-punk que du soundtrack de Titanic. Je me sentirais beaucoup plus proche de mecs qui composent de la musique "pour plusieurs" en solo, comme Matthias d'Eluvium, Olafur Arnalds, Justin Broadrick ou le mec de Port-Blue. Mais bon, ça me fait quand même super plaisir, ce sont des mecs bourrés de talent.

L'artwork de We were... we are a été réalisé par un certain I am Sailor. Un visuel très évocateur qui évoque le thème de la guerre et des drames qu'elles engendrent. A lire les titres de l'EP, "Of course, they all died" ou "She left me when I was on the battlefield", d'où vient cette mélancolie, cette tristesse infinie qui semble habiter tes compositions ?
Ca risque d'être la question la plus difficile.
Pour commencer, les visuels de l'EP ont été faits par Romain de I Pilot Daemon. C'est un mec que je respecte énormément, il a un style incisif et très poétique à la fois. C'est quelqu'un qui fera à coup sur de très belles choses par la suite. Un truc que je voudrais dire, c'est que j'utilise des éléments tournant autour de la guerre, mais je n'ai aucun message à faire passer là dessus. Mes titres ne racontent pas la guerre. C'est juste une réflexion autour du souvenir et tout ce que ça engendre. Les moments suspendus sur de vieilles photos qu'on retrouve, l'appropriation de sensations et de visions que l'on a pas vécues, c'est surtout là dessus que je me base.
Et pour répondre à ta question sur l'origine de la mélancolie présente dans l'EP, je pense que c'est une façon d'exprimer mon ressenti quotidien.
La plupart des gens qui me connaissent diront que je suis un grand déconneur et que ça me ressemble pas, mais bon tout le monde connait le truc.
On cache au fond, et ça ressort autrement que par des mots.
C'est pas plus mal, je saurais pas comment l'expliquer, alors si ça sort comme ça...

rqtn_promo.jpg RQTN étant un projet solo, comptes-tu passer à la scène prochainement ? Et si oui, dans quel "format" ?
Alors là, c'est la question qui fâche !
En fait, je suis assez partagé, ça risque d'être super compliqué de jouer sur scène pour deux raisons :
- Sur l'EP il y'a souvent plus de 10 pistes superposées, donc impossible à jouer en live, même si on est deux avec Greg.
- Je ne veux pas former de "groupe" pour la scène. Si j'en suis venu à faire du solo, c'est pas pour rien.
Pour l'instant, on réfléchit à une config du genre Greg à la batterie et au chant, moi au piano et aux samples, et on s'échange la guitare et la batterie de temps en temps.
On prévoit de commencer à la rentrée, on a déjà 2 dates avec les Bye Horus en octobre, mais d'ici là, peut être que le projet aura évolué...

Greg de Radius System/Time to Burn/Template est venu te prêter main forte sur deux titres de We were... we are... Un petit mot, vu que c'est l'actu récente, sur le nouvel album de Radius System, Escape / restart ?
Je trouve juste que c'est une tuerie.
Comme toi, je suis Radius System depuis le départ, et je pense sincèrement que c'est leur oeuvre la plus aboutie. Je ne comprends pas que ça ne "marche" pas plus que ça. Ce sont surement les mecs les plus intelligents musicalement parlant de la région parisienne. Escape / restart est juste une tuerie, tu te lis une boucle de 10secondes n'importe où dans n'importe quel titre et t'hallucines tellement c'est inventif et maitrisé.
Ils ont réussi à faire quelque chose de gros, et je les soutiens à fond, parce qu'ils ont souvent pas de bol ! (rires)

Ton point de vue sur le problème du P2P et plus généralement de la dématérialisation de la musique ?
Bof, je m'en fous un peu.
Je pense que les amateurs de musique continuent d'acheter et d'apprécier les oeuvres des artistes. Il y a tellement de trucs à apprécier dans un support physique, comme le packaging, l'artwork, la notion d'objet en lui même.
Et puis le fait que le son soit meilleur. Je m'achète tous les CD/Vinyles des artistes qui me marquent, mais le reste je télécharge et je stocke sans états d'âme sur mon disque dur.

Qu'est-ce qui tourne en boucle dans ton iPod ?
En ce moment c'est Eulogy for evolution d'Olafur Arnalds. T'écoutes ça dans la rue et la vie devient vachement plus cinématique. Après, y'a aussi le nouvel album d'Audrey, le dernier Lydia, le dernier Cult Of Luna, le Radius System, Jeniferever... Sans compter la discographie de Last Days Of April, je suis un grand fan.
Pas trop de post-rock finalement !

Un mot à ajouter ?
Rien de très spécial, un grand merci à toi, un grand merci à Kevin.
Et merci à tout ceux qui me disent du bien de ce projet, ça me booste un peu pour la suite. Un petit coucou à Greg, Flo, Antoine, Elise...