rmcbc_natural_drive.jpg Deux big macs, une grande frite, un double cheese, un maxi coca et en avant les manettes. Une fois l'estomac un peu rempli, le groupe s'embarque pour un road trip électrique et rock'n roll. Une intro saturée à souhait, on attache les ceintures, on se met bien dans le fauteuil et on attend la déflagration imminente. Dès le deuxième morceau, ça envoie la purée et là autant dire qu'on dérouille. Sauvage, punky, stoner et furieusement noisy, mélodies addictives, riffing brûlant, orgie de décibels, un soupçon de blues, "Slowdown" fait cracher les guitares d'entrée de jeu. Catchy et rentre-dedans, c'est du "do it yourself" total, mais le son, bien roots et bourdonnant, est parfaitement adequat pour un album aussi brut de décoffrage. Heavy et rugueuse, la suite est du même tonneau : guitares cramoisies, mélodies rocailleuses, ambiances caniculaires, Natural drive fait monter la température et défouraille à tout va.
Sous un soleil de plomb, le groupe grimpe le long des canyons pendant qu'un "Undone" sort quelques petits soli de derrière les rocheuses. Maniant la saturation comme d'autres enfilent les perles, les Royal McBee Corporation assomment la concurrence en carbonisant les enceintes à coup de "Swarm" qui déboite et de "Nightfalls" qui rase tout sur son passage. Tempête de sable, mélodies enfumées, riffing narcotique, basse serpentant entre les cactus, le groupe accouche d'une dizaine de compos vénéneuses et saillantes, dévoilant au passage des attributs de stoner/noise-rock audacieux et fulgurant. "Nothing", "Windswept lain" défilent et le trio prend le temps de poser ses ambiances, ne se limitant pas à simplement envoyer du bois en attendant une réaction de l'auditeur. Planant mais dissonant, mélancolique mais également rentre-dedans, RMCBC se plaît à faire s'entrechoquer les paradoxes dans une collision musicale aussi réfléchie qu'animale. Car le groupe maîtrise son sujet, rejouant la théorie du chaos afin de repousser les limites de son effet papillon en mélangeant dans un même tube à essais Kyuss et Shellac. En clair, Royal McBee Corporation, c'est une sorte de Mad Max avec des guitares et en plus burné mais tout aussi aventureux...