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RougeGorgeRouge / Chronique LP > NaSH

RougeGorgeRouge - NaSH RougeGorgeRouge est l'exemple parfait de la formation qui change de peau à chaque album. C'est tellement frappant qu'à l'écoute de Nash, le petit dernier sorti en mars, on est même surpris de se demander si on ne s'est pas planté de CD. On les avait connus à travers leur math-rock déchaîné et foutraque sur Froast, leur explosive et ingénieuse mixture kraut-ambient-post-punk-noise-indie-post-rock délivrée sur le solide Hypersomnia, et on savoure la découverte de Nash. Ce dernier a tendance à concentrer davantage notre attention sur les harmonies et les rythmes percussifs et cycliques que sur le chant et son message, qui n'est pas la partie la plus maîtrisée de l'ensemble. C'est toujours assurément ce mélange entre kraut ("Pyramid") et post-punk ("Mazout") qui nous séduit avec cet esprit psyché ("Polonium") par-dessus. Ce nouvel album nous montre une formation beaucoup plus mature, moins barrée, savant aussi poser des ambiances relâchées et profondes (l'excellente "My way" en est l'image), et provoquer des émotions fortes en pondant des bijoux comme "Sulfur" ou "Remain". Nash reste néanmoins un album sombre jouant très souvent entre le chaud et le froid, 10 morceaux joués avec autorité et sérieux qui ne se répètent pas, sans pour autant que l'un d'entre eux puissent servir de "hits". On ne s'en plaindra pas !

RougeGorgeRouge / Chronique LP > Hypersomnia

RougeGorgeRouge - Hypersomnia Ceux qui gravitent autour de la sphère rock indé bordelaise ont probablement déjà entendu parler de RougeGorgeRouge, ce quatuor bâti en 2011 avec l'appui de membres de la formation post-rock Sincabeza, de Monade, le side-project de Laetitia Sadier, ou encore de Magneto. Avec un sobriquet pareil, peu de chance de se tromper sur la marchandise (voir le syndrome des groupes aux noms doublés ou presque) : à défaut d'être aux premières écoutes une formation attirée exclusivement par l'expérimental, leur deuxième album Hypersomnia nous embarque néanmoins dans une expérience sonore bariolée à écouter religieusement. Naviguant entre des styles aussi hétérogènes que l'electro-rock, l'ambiant-krautrock (avec pas mal de claviers retro-futuristes comme sur "Balle a fond"), l'ambient, la noise-rock, la pop, le post-punk, l'indie-rock, le post-rock ou même le math-rock, RougeGorgeRouge nous en fait voir de toutes les couleurs. Et rien de plus jouissif que d'être baladés de la sorte dans ce grand huit émotionnel à la fois tendu ("Elfy science"), plein de mystère (dont "Ethernull"), et profondément galvanisant (comme sur la très cool "Vococo"). On valide, même si la sortie date déjà de 2016.