Rodrigo y Gabriela - 11:11 Il en fallait peu pour que le webzine aux longues oreilles se décide à parler du dernier disque de Rodrigo y Gabriela. Pourtant, il est vrai qu'au premier abord, tout ce qui touche aux musiques dites "world" n'est pas vraiment dans la ligne éditoriale du W-Fenec. Mais lorsque celles-ci ont un rapport plus ou moins proche avec le rock, sous toutes ses formes, une petite exception est alors faite. Pour ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de découvrir ces deux guitaristes inspirés, Rodrigo y Gabriela sont d'anciens membres d'une formation heavy métal mexicaine. Passés en acoustique et donc en duo depuis une dizaine d'années, ils viennent de sortir 11:11. Leur dernier album est une série de chansons dont chacune est inspirée du jeu d'une légende de la six cordes ou presque (on notera un hommage au pianiste de jazz dominicain Michel Camilo et Le Trio Joubran). Et comme la formation est assez ouverte et est baignée d'influences multiples, cela donne un mélange hétérogène plutôt fort sympathique, jugez plutôt : Jimi Hendrix, Pink Floyd, Paco de Lucia, Carlos Santana ou Dimebag Darrell de Pantera par exemple. 11:11, c'est 11 compositions originales, mixée par Colin Richardson que l'on ne présente plus (les instants "lo-fi" sont assez surprenants au départ), aux effluves flamenco rock. Rock car cela joue vite et avec entrain la plupart du temps, sauf "Chac mool" introduisant la puissante "Atman", en souvenir au guitariste à la barbichette rose (un solo électrique y est exceptionnellement effectué pour l'occasion). Même si de par le style, il est parfois assez difficile de retrouver des éléments des musiciens concernés par les chansons (à moins d'être un féru de l'artiste ou de pratiquer un instrument), Rodrigo y Gabriela ont le talent incroyable pour proposer des compositions vivantes, uniques avec un touché propre et variées, sans tomber dans le piège du surfait. Aidé d'Alex Skolnick de Testament, 11:11 est en quelque sorte un défi mais surtout l'occasion d'allier enfin les deux périodes qu'ils ont vécus, à savoir d'un côté le rock (lorsqu'ils jouaient pour Tierra Acida) et de l'autre, les musiques traditionnelles du Mexique. Quand on pense que ces deux là ont raté l'entrée au Conservatoire National de leur pays il y a de cela une paire d'années, on se dit qu'ils ont plutôt bien fait au vu du parcours établi depuis. Un grand bravo !