rock Rock > Robin Foster

Biographie > Born in UK but made in France...

Originaire de Kendal (au Royaume-Uni), Robin Foster débarque dans l'hexagone et plus précisément à Brest alors qu'il est étudiant. Nous sommes en 1997 et Robin, 23 ans, vient parfaire sa connaissance de la langue de Molière, dans le cadre de son cursus universitaire. Musicien émérite, l'anglais devient membre du groupe Beth en tant que guitariste/compositeur, ce, quelques semaines seulement après son arrivée en France. 7 ans de concerts, quelques EP's et un album plus tard ; Robin Foster et le Beth marquent les mémoires des spectateurs des Vieilles Charrues en assurant la première partie de Death In Vegas et de Massive Attack. En 2003, Beth devient Moneypenny et l'aventure continue. Le groupe ouvre l'année suivante pour Placebo et de The Kills mais finalement se sépare. Robin lance alors son projet "solo", via lequel il va jouer en live avec un backing band baptisé Never Meet Your Heroes (2 guitaristes, un bassiste et un batteur l'accompagnent en live). En solo, Robin Foster bidouille des sons dans son coin, ouvre une page MySpace pour faire comme tout le monde et c'est le buzz... des dizaines de milliers de visites plus tard, l'anglais s'attèle à l'écriture d'un album. Ce sera Life is Elsewhere, un premier disque qui voit le jour au sortir de l'hiver chez Last Exit Records/Anticraft.

Robin Foster / Chronique LP > Life is Elsewhere

robin_foster_life_is_elsewhere.jpg "Last exit / Brest by night", une première tentative post-pop doucereuse, suave et délicatement parsemée de quelques sonorités électroniques, une ode à l'exil noctambule, à l'errance solitaire à travers les lumières d'une ville endormie, sacralisée par un auteur qui met en scène son autobiographie. Il en résulte, un premier titre nébuleux, tantôt clair, tantôt plus obscur, qui, se jouant des contrastes et de ses personnalités multiples, explore méticuleusement son nouveau terrain de jeu. Une fois parvenu au point de chute, il reste à s'adapter à un nouveau mode de vie, aux habitudes, aux us et coutumes locales, "Disco Ouessant", en est la parfaite illustration. Lumineux, presque naïf dans sa soif de découverte, Robin Foster livre là un morceau cristallin à la limpidité extrême et à la rythmique soutenue, dévoilant les prémices d'une oeuvre à l'énergie et à la soif de reconnaissance contaminatrices. Etincelant. Electro-pop feutrée, ballade éthérée, l'anglais est annoncé comme étant inspiré par New Order... soit, mais des formations telles que Röyksopp ou Sigur Ros ne sont pas si éloignées de l'univers du frenchy d'adoption. Pas un nuage ne vient obscurcir l'ensemble et la rosée du matin qui perle à travers la légère brume matinale évoque son pays d'origine à un artiste qui, un peu dépaysé, cherche à nous confier ses états d'âme en musique ("Goodnight & God bless"). Musique où l'on perçoit une très discrète mélancolie, Robin Foster étant apparemment tombé amoureux de notre pays, lui dédiant un "Loop", très rock dans l'âme. Un titre aux riffs passionnés et aux mélodies vibrantes et toujours subtiles. Sublime. Une musique vaporeuse, jamais chargée en effets, toujours dans le bon ton, celui d'une oeuvre cinématographique imaginaire dont Life is Elsewhere serait la bande-son rêvée, presque fantasmée... Robin cherche à dévoiler son univers et le fait avec élégance et retenue, mais sans fausse pudeur. L'homme est un compositeur au songwriting raffiné et le démontre avec légèreté sur le stratosphérique et doux/amer "D.A.D.O.E.S" puis le très pop et dynamique "Down (by law)" (référence évidente à l'un des chefs-d'oeuvre du cinéma indépendant américain, signé Jim Jarmush). Une fois passé le très beau morceau éponyme de l'album... un "Life in St Elsewhere" aux somptueux arpèges synthétiques et à la mélodie crépusculaire encore une fois particulièrement cinégénique. Foster dévoile les subtilités torturées d'un très beau "Blue lights at dusk", porté par un beat électro hypnotique et en permanence sur le fil du rasoir. Funambule, Robin Foster se plaît à évoluer en permanence sur la toute fine ligne de démarcation qui sépare le triste sourire nostalgique de la dépression profonde. Après la référence au 7e art, voici que Robin Foster boucle son album sur un "Save the cheerleader" électrique qui résonne comme une référence clairement avouée au "8e art" et à la série TV Heroes (sic). Un titre épique où l'on ressent la pression de l'inéluctabilité des enjeux dramatiques qui sont en train de se jouer dans cette tragédie grecque musicale, orchestrée par un compositeur complètement maître de son art. Brillantissime et inspiré. Idéal pour les longues nuits d'insomnie hivernale.