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Biographie > l'air de Rien

Groupe nihiliste, peut-être proudhonien, lassif et complaisant, Rien est une recherche du néant musical dans le néant tout court. Digne d'être adopté par les chroniqueurs de Technikart ou de chier à la face du Paris Branchouille, Rien use et abuse de son enveloppe jenfoutiste, où cynisme, non-sens et catalepsie cervicale sont personnifiés par les musiciens. Ormis les quatre compères de base baptisés Dos.3, Dj Goulag, Olive et Yugo, une pléthore d'ahuris sont venus les soutenir dans cette entreprise. Né des ramifications intellectuelles de ces être dénaturés, Rien aborde sans complaisance un univers trop complexe pour être complètement compris par une seule et même personne. Prenez du Lynch et ajoutez-y du Pirandello, de la noise japonaise pour le délire, avec un zeste de Bukowski pour le non-être, de la musique classique pour enrober, de la pop pour le léger, Pink Floyd pour l'ambiance et les guitares, quatre huluberlus (faussement ?) déjantés dès l'enfance et c'est du bon. Et finalement là on finit par se poser la question : c'est tellement tordu qu'en fait tout ça n'est qu'un vulgaire stratagème pour croire que c'est tordu alors que c'est très simple. Là tu n'as rien compris, moi non plus d'ailleurs, je me relis quarante fois. Voilà ils ont réussi.

Rien / Chronique LP > Requiem pour des baroqueux

rien : requiem pour des baroqueux Le pire c'est que sur scène c'est pareil. Musicalement rien à redire, mais quand tu vois des gens habillés en aluminium faire un sketch au milieu t'y comprends plus rien.
Et oui mine de Rien c'est planant quand même. 7 morceaux en tout, incroyablement longs (environ 15 minutes par morceau), parfois plusieurs compos dans la compo, comme sur "Requiem pour des baroqueux" qui donne son titre à l'album, part I et II au début et à la fin du disque. Car ces messieurs sont fortement inspirés par Bach, rien que ça ! Ce que j'aime bien c'est aussi les petits textes dans la pochette. Et oui, la pochette, c'est joué serré, une fois encore. Noire et vernie, tu peux même en faire un cube où l'on devine des personnages (tête de mort). Pas de chant à proprement parler, des bouts de textes, des samples, la participation de Jull sur "Stare mesto" invite à la contemplation de soi. Car Rien c'est aussi un groupe fortement nombriliste, centrant sa musique pour lui-même, aimera qui voudra bien, pas leur problème si c'est difficile d'accès. Lorsqu'on dépasse leur "Décalage contrôlé", on retrouve des musiciens aguerris, des parties de guitares subtiles travaillées de fond en comble avec des boucles, du clavier, de la flûte traversière du saxo et même de l'orgue. Sous la houlette de Fred Monestier, Rien a enregistré un disque surprenant, à nuancer pour le côté intello, jeu dans lequel on plonge facilement, mais inévitablement un disque à écouter et à faire écouter.
Grosse farce de l'année ou nouveau miracle du terroir isérois ? Sans le vouloir ils pourraient aller loin. Allez c'est Rien…(désolée elle était obligée)