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Biographie > Les wallabies donnent aussi dans le rock noisy

Trio wallabie formé en 1994 du côté de Melbourne, Ricaine se pose comme l\'un des dignes, sinon LE digne héritier de Shellac, véritable mètre étalon du genre dans la catégorie "noise rock qui met des baffes à l'auditeur". Peu, voire pas du tout connu par chez nous, le groupe a déjà derrière lui une jolie carrière discographique entamée dès 1995 et la sortie d\'un split avec une formation baptisée Baseball, puis de plusieurs EP, singles et autres split CD (Intore : The cold grain, Silence in the new sound). En 1996, Ricaine sort son premier véritable album, Regret is an inevitable consequence of life, puis un second l'année suivante (The Clarity of Distance chez Rubber Records). Mais depuis 2001 et la sortie du troisième album du groupe Urbanity chez Unstable Ape, plus de nouvelles à l\'horizon sinon la réédition par le label Ruminance de The Clarity of Distance.

Ricaine / Chronique LP > The clarity of distance

the_clarity_of_distance.jpg Etape un (avis aux néophytes) : se préparer longuement à la claque la plus noisy de ces dernières années sous peine de prendre un grand coup derrière la tête au moment de poser cet exemplaire de The Clarity of Distance sur la platine.
Etape numéro deux : une fois les écoutilles en mode "choc sonique" : bosser ses classiques, Shellac en tête évidemment, histoire de ne pas trop s'aventurer dans des contrées sonores inconnues et forcément déstabilisantes la première fois.
Etape numéro trois : on met enfin le CD dans sa chaîne hi-fi, on s'assoit confortablement en n'oubliant pas (détail qui peut avoir son importance ici) de se préparer un petit double aspro 500mg effervescent. Parce que Ricaine, c'est un peu comme le film Memento, mais version rock noisy, on sait où ça commence, pas encore jusqu'où ça va nous mener. On appuie alors tranquillement sur "play" et on se cale bien dans le fauteuil.
Ces précautions prises, l'écoute de The Clarity of Distance peut désormais débuter dans des conditions optimales, le percutant mélange de noise organique et de rock agressif délivré par le combo australien. Dignes héritiers de la bande à Steve Albini (Shellac donc pour ceux qui ne suivraient pas...), les membres du groupe posent sans aucune délicatesse sur la platine des titres aussi tendus et nerveux que "Tact vs. deceit" ou "The Man with the measured hands". Ici on ne parle pas de mélodie, mais de rock à couper à couteau, toujours sur le fil du rasoir. Les groupes comme Ricaine n'ont comme finalité que la distorsion sonore tranchante, l'explosion éléctrique comme seul mode de pensée, la saturation bruitiste comme maître mot.
Forcément, cet album n'est pas de ceux que l'on écoutera volontiers après une longue journée de travail, mais force est de constater qu'à tête reposée, la rugosité, l'agressivité des compositions de ce groupe venu de l'autre bout du monde, frappent fort. Ajouté à cela, le chant, toujours à la limite de la rupture, parfois crié, d'autre fois plus proche du spoken word, Ricaine fait montre avec The Clarity of Distance d'un savoir faire indéniable en matière de noise rock. Bien que datant de 1997, les titres de cet album ("Polevault" et "Flickering light") semblent figés dans leur intemporalité et au final, on peut considéré que ce disque est sans doute la meilleure offrande faite au noise-rock depuis dix ans.