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Né à l'initiative du guitariste/vocaliste Jason Farrell, notamment connu pour avoir été très actif sur la scène hardcore avec Swiz et Fury (deux groupes qui se sont retrouvés sur le roster de Jade Tree Records) puis dans l'émo-post-hardcore avec Bluetip (made in Dischord), puis Sweetbelly freakdown, Retisonic est une formation indie-rock nord-américaine composée, outre Jason Farrell, de Joe Gorelick (Garden Variety, très brièvement Bluetip) et Jim Kimball (J.Majesty).
En 2003, le groupe livre EP inaugural intitulé Lean beat et tourne rapidement avec des groupes de la trempe de Nada Surf et Fugazi avant de mettre en boîte un premier album long-play avec Ian Love (Rival Schools), Return to me, qui paraît en 2004. Suivront un tribute album à Jawbox un an plus tard, un 7'' de covers et un EP en 2006 (Levittown) avant un silence discographique de six années, le groupe se mettant en pause prolongée. Courant 2011, Retisonic annonce son retour aux affaires avec un nouvel album, Robots fucking, qui paraît début 2012 chez Arctic Rodeo Recordings.

Retisonic / Chronique LP > Robots fucking

Retisonic - Robots fucking Six ans après son premier album, un hiatus de plusieurs années et un line-up géographiquement éclaté, Retisonic revient, sans doute en partie par la grâce du développement des échanges web et leur globalisation facilitée, aux affaires avec un nouvel LP, enregistré à distance par les trois membres du groupe et paru par le biais du plus américain des labels européens : Arctic Rodeo Recordings (Atlantic/Pacific, Far, Southerly, VS Antelope...). Relativement méconnu dans notre contrée, le groupe se présente une deuxième fois donc avec un Robots fucking tout en électricité fulgurante et rythmiques bondissantes, dans la plus pure tradition des groupes du vénérable (et reconnaissons-le vénéré au W-Fenec) label Dischord. On valide.

"Bee-stung lips", "Wait... lookout!" et "Called to stay" surgissent sur la platine et enflamment les enceintes. Le plaisir est immédiat et contamine le reste de la galette. Indie-rock jusqu'au bout des riffs, survolté mais extrêmement maîtrisé, le son de Retisonic renvoie quelques dix ans en arrière sans pour autant sonner comme quelque chose de suranné, de trop "daté". Une délicieuse touche old-school qui prend encore plus de corps sur "Down safe away" : le riff est résolument indie-rock, très largement influencé par les Jawbox et autres Fugazi chers au groupe, mais également... Bluetip (normal en même temps, deux des trois membres de Retisonic y ayant évolués longtemps ou plus brièvement), l'intensité a encore ses restes de post-emo-hardcore qui ont fait la jeunesse des musiciens et au détour de quelques giclées pop-noisy ("Airtight"), le groupe tape parfaitement dans le mille.

Très orienté émo-indie-rock, certes un peu trop sage par instants là où l'espèrerait secrètement quelques explosions sauvages et lignes de guitare plus racées ("Necropolitan", l'éponyme "Robots fucking"), le trio réussit néanmoins à placer là où il fallait quelques torpilles soniques bien senties à l'image des excellents "High on denial" ou "Half-step", avant de poser sur la platine ce "Defined" final qui a la puissance d'un tube. Pas un grand disque non, mais un très bon, assurément.