Retisonic - Robots fucking Six ans après son premier album, un hiatus de plusieurs années et un line-up géographiquement éclaté, Retisonic revient, sans doute en partie par la grâce du développement des échanges web et leur globalisation facilitée, aux affaires avec un nouvel LP, enregistré à distance par les trois membres du groupe et paru par le biais du plus américain des labels européens : Arctic Rodeo Recordings (Atlantic/Pacific, Far, Southerly, VS Antelope...). Relativement méconnu dans notre contrée, le groupe se présente une deuxième fois donc avec un Robots fucking tout en électricité fulgurante et rythmiques bondissantes, dans la plus pure tradition des groupes du vénérable (et reconnaissons-le vénéré au W-Fenec) label Dischord. On valide.

"Bee-stung lips", "Wait... lookout!" et "Called to stay" surgissent sur la platine et enflamment les enceintes. Le plaisir est immédiat et contamine le reste de la galette. Indie-rock jusqu'au bout des riffs, survolté mais extrêmement maîtrisé, le son de Retisonic renvoie quelques dix ans en arrière sans pour autant sonner comme quelque chose de suranné, de trop "daté". Une délicieuse touche old-school qui prend encore plus de corps sur "Down safe away" : le riff est résolument indie-rock, très largement influencé par les Jawbox et autres Fugazi chers au groupe, mais également... Bluetip (normal en même temps, deux des trois membres de Retisonic y ayant évolués longtemps ou plus brièvement), l'intensité a encore ses restes de post-emo-hardcore qui ont fait la jeunesse des musiciens et au détour de quelques giclées pop-noisy ("Airtight"), le groupe tape parfaitement dans le mille.

Très orienté émo-indie-rock, certes un peu trop sage par instants là où l'espèrerait secrètement quelques explosions sauvages et lignes de guitare plus racées ("Necropolitan", l'éponyme "Robots fucking"), le trio réussit néanmoins à placer là où il fallait quelques torpilles soniques bien senties à l'image des excellents "High on denial" ou "Half-step", avant de poser sur la platine ce "Defined" final qui a la puissance d'un tube. Pas un grand disque non, mais un très bon, assurément.