Rescue rangers - Join Hate Le combo d'Aix-en-Provence pourvoyeur de galettes stoner-rock est de retour... encore (petit rappel : le groupe devait s'autodétruire au bout de 5 mois d'activité en 2005, finalement ce ne fut pas le cas puisque qu'un second EP suivit en 2008 et un album Manitoba en 2012). Embarqué en tournée avec Helmet, nos Provençaux vont être chouchoutés par son illustre leader au point que ce dernier produira l'album, et comme si cela ne suffisait pas à leur bonheur, intégrera le groupe histoire de donner des backing vocals ! On continue dans le lourd puisque le mastering est confié à Howie Weinberg, l'homme au C.V aussi long qu'impressionnant (Helmet, Sonic Youth, Nirvana, Beastie Boys, Deftones, FNM, Slayer, Public Enemy, Limp Bizkit...), concernant l'artwork c'est plus light, aucun risque de concourir pour la "cover of the year" mais ça a le mérite de retenir l'attention avec son mash-up de Chuck Norris et du Dirty de Sonic Youth.

Pas hyper fan à la base de stoner, ni de ce qu'a fait le groupe jusque-là, j'envoie le CD sans être vraiment excité ni impatient plus que cela et du coup la surprise n'en sera que plus belle puisque d'entrée de jeu "Join hate" va me mettre une grosse claque ! Gaulé comme du Made Out Of Babies sous taurine : urgent, puissant et noisy, le titre est une pure tuerie noise..."Khalil" qui arrive derrière, nous prend un peu à contre-pied, un morceau très grungy qui pourrait rappeler certains de Siamese dream des Smashing Pumpkins, on est un peu déstabilisé sur le coup mais il faut se reprendre rapidement parce que "Moped synch" déboule avec un Page Hamilton des grands jours pour nous en remettre une couche et derrière il y a de la réserve : "Choke", "Malcontent" et surtout "Keep smiling", c'est assez surprenant car on croirait entendre Helmet période Aftertaste, limite ça éclipserait presque nos frenchies qui sont derrière tout ça... Join hate ne se laisse pas pour autant vampiriser par l'ex-Band Of Susans, pas question d'être un ersatz du groupe new-yorkais et Rescue Rangers va le prouver en décochant quelques flèches indie punk-rock taillées dans le gras, "Repetition", "Vibe hotel" et "Broken faces" logeront dans le mille, idem pour "Tiger" qui se permet même de venir bousculer Houston Swing Engine sur son propre terrain !

C'est un sans faute pour les Marseillais qui enquillent en moins d'une demi-heure (2 grosses minutes par titres pas plus !) un album aux réminiscences très 90's où le punk-rock côtoie le post-hardcore, on songe un peu au Beaster de Sugar voire au Troublegum de Therapy?, un disque à ranger à côté du Travelling in travel de Dysfunctional By Choice... top !