Rescue Rangers + The H.O.S.T Six mois sans voir les Rescue Rangers tartiner du riff incendiaire sur scène, c'est la limite légale. Conclusion : en ce début de week-end de Pentecôte, direction Salon de Provence et le Portail Coucou (oui le nom est ridicule...), très sympathique café-concert soit-dit en passant, pour une soirée en compagnie des RR donc... et de The H.O.S.T. Alors on va de suite évacuer le sujet polémique comme ça ce sera fait : ces-derniers sont assez malheureusement quelconque sur CD, un nouveau détour par leur MySpace avant le concert confirme que c'est toujours aussi... quelconque (bis) et donc fatalement, leur set sera.... bref vous avez compris. Il ne s'agit évidemment pas de démonter un groupe pour lequel on n'est de toutes les façons pas spécialement venu, mais sur scène le trio n'invente rien artistiquement, pratique un rock, certes pas mauvais mais extrêmement convenu, pour un résultat, qui malgré un son plus que correct, se révèle assez peu enthousiasmant. D'autant que niveau jeu de scène, tout ceci reste bien trop statique pour nous faire sauter au plafond. Enfin, sauf la cohorte de jeunes filles en fleur placée tout pile devant la scène (15 ans de moyenne d'âge à tout casser... Roman Polanski était évidemment interdit de séjour à Salon de Provence ce week-end). Voilà, donc The H.O.S.T, c'est fait. Pour les curieux, leur MySpace est en bas de page.

Place donc à un second trio, toujours aussi burné sur le papier, mais avec un line-up modifié puisque le groupe a changé de bassiste il y a peu, et doit donc relever le défi de retrouver l'homogénéité live qui faisait jusqu'alors sa (grande) force. Et sur le premier titre du set, les Rescue Rangers déçoivent. Peu percutant, encore en rodage, le groupe semble chercher la bonne carburation... et la trouve déjà un peu plus sur le titre suivant avant de faire tourner la mécanique à plein volume à l'aube du troisième morceau, tranchant dans le gras bien comme il faut. Les amplis crachent alors leurs décibels de toutes parts, le batteur commence à en mettre plein partout (il finira le set comme à son habitude complètement rincé), le chanteur/guitariste assure le coup et le bassiste, bien qu'un peu trop appliqué, fait le job et s'en sort plus qu'honorablement. Musicalement, pas grand chose à redire sur le fond, ça reste bien bien béton. Deux bémols néanmoins : une setlist légèrement déséquilibrée sans doute à cause de la durée un peu inhabituelle du set (une très grosse heure) et un jeu de scène un peu défaillant par moments. Car si ça bouge énormément dans les tympans, on aimerait parfois qu'il en soit autant (ou en tous cas un peu plus) sur scène. Pour le reste, les nouveaux titres (à part un, un poil long), annoncent un deuxième album sauvage et électrique à souhait, les "classiques" du groupe ("Hassan Sabbah" et le toujours excellent "Sound of the Katana" en tête) passent évidemment très bien et last but not least, quand Pascal (le chanteur/guitariste) annonce "l'heure de la guerre", il ne ment pas. Grosse claque sludge stoner metal en perspective... qui du reste écrèmera les rangs d'un public ayant pourtant répondu présent. Le gros son qui brûle les tympans et le Sud-Est de la France, ça fait douze. Tant pis pour lui, celui-là, c'était carrément du lourd. Et puis, Rescue Rangers est un groupe taillé pour le live, pas question donc de jouer avec le frein à main. Mission accomplie.