Rescue Rangers - Divisive Stoner puis noise et assez agressif par moments, les Rescue Rangers nous reviennent avec davantage de liant dans la musique et de miel dans la bouche pour ce Divisive. Sans renier leur passé, c'est encore Page Hamilton (Helmet) qui assure la production, les Provençaux accentuent avec cet album (le quatrième d'où la graphie particulière du titre qui met en avant un IV) leur goût (déjà décelable auparavant) pour un rock grunge qui oscille entre la rage des premiers balbutiements de Nirvana et la classe mélodique de Foo Fighters (sur "Divisive", on peut faire croire que Dave Grohl est venu en featuring).

L'opus pourra semer la discorde parmi les fans des années 90' pour savoir quel combo a bien pu influencer tel ou tel morceau, dans le désordre, on peut évoquer (en plus de ceux déjà cités) Therapy?, The Smashing Pumpkins, Rollins Band, The Presidents of the United States of America (comment ne pas penser aux auteurs de "Peaches" avec "Peachy boy" ?), Jane's Addiction, Quicksand... Et je peux allonger la liste à l'envi tant ce rock alternatif métallisé a bercé mon adolescence. Une fois de plus, les Rescue Rangers réussissent le grand écart entre harmonies électriques savoureuses et éléments vindicatifs percutants en prouvant que ces opposés peuvent se côtoyer sur le même morceau ("Delicious & refreshing", "Easy on the eyes (Ice cream)"). Reste à savoir s'il faut choisir l'ambiance qu'on préfère, personnellement, j'irais plutôt vers les parties mélodiques mais je n'ai rien contre un petit brûlot punk de la trempe d'"Authority" de temps en temps. C'est bien la preuve que le dosage est bon, ne perdons pas de temps à se poser trop de questions et profitons juste de la galette telle qu'elle est faite.

La double paire d'yeux (de chats ?) filtrée au violet qui sert d'artwork met mal à l'aise et si tout n'est pas rose dans les thèmes abordés ("Loving your servitude", "Tradittore", "Refined barbarians"...), on sort revigoré de Divisive qui permet de recharger les batteries en puisant de l'énergie du côté de la fontaine de jouvence. On vise même l'immortalité avec ce style de riffs, de rythmes, de sons puisque les années ne les affectent pas.