Le Réparateur - Super, merci On ne va pas se mentir, moins on a affaire à son réparateur et mieux on se porte. Sauf qu'avec celui-ci c'est différent, on aime avoir de ses nouvelles, surtout quand elles sont aussi bonnes que ce Super, merci.

Pourtant, je vais être honnête, j'avais quelque peu oublié le duo Lyonnais (nos routes ne s'étant guère croisées) depuis leur 45t Même pas un quart d'heure de sexe il y a une dizaine d'années. Du punk-rock/garage relativement basique pour ce qui est de la musique, avec des titres dépassant rarement la minute et des textes irrévérencieux (« Ferme, ta gueule, Charlotte Gainsbourg ! »), même s'il pouvait y avoir quelques fulgurances par moments ("Amoureux de ta femme"). C'est donc sans aucune attente que j'ai lancé la lecture de ce nouvel album et bim, grosse calotte ! Nan mais c'est quoi ce bordel qu'ils font, rien qu'à deux (guitare/chant et batterie) ?
Premier truc qui me marque : le son. Super, merci Kris Banel du studio Warm Audio. Non seulement il dépote, mais en plus il me rappelle un autre groupe... Bon sang, mais c'est bien sûr ! NOFX ! Vraiment, c'est limite du plagiat sur certains titres, riffs mais on s'en fiche complètement, tellement c'est jouissif et bien mieux que ce qu'ont sorti les Californiens ces vingt dernières années, bientôt en retraite (à même pas 64 ans, quel scandale !).

La deuxième évolution concerne la composition. Clairement, ils ont passé un stade. Ça rentre dedans en mode offensif, question énergie et ça rentre dans la tête aussi, niveau mélodies. L'écriture des textes également est mieux ficelée, avec deux lectures possibles. Un peu comme leurs camarades Poésie Zéro, avec qui ils ont par le passé partagé un split CD, même si faut pas déconner, ils sont plus finauds que ces derniers. Une première lecture donc un peu bas du front, rigolarde et une deuxième avec un sous-texte plus développé, où il est question de société de consommation ("Mon cœur balance"), de violences policières ("Police partout"), d'écologie ("500 Litres")... de vrais gauchistes, quoi, même si les féministes en prennent aussi pour leur grade ("Les femmes sont tellement folles"). Il fallait oser chanter « Les femmes sont si glissantes, on se croirait à la patinoire ». En contrepartie, dans "Politesse", toute ressemblance avec des personnages existants n'est pas du tout fortuite. Sinon, pour celles et ceux que la chose politique rebute, il est aussi question d'échec amoureux amer ("Encore raté") et d'autres sujets plus légers dans l'entraînante "Autoroute".

Au final, sans même toutes ces considérations, c'est avant tout un très bon disque de punk rock, qui n'a certes pas fini dans mon onze majeur de 2022 mais sans pour autant cirer le banc des remplaçants. J'ai souvent fait appel à lui en fin d'année et avec ce qui se profile en 2023, de par son effet cathartique, il ne va pas trop prendre la poussière. Super, merci Le Réparateur. Et Slow Death aussi.