rock Rock > Red Jetson

Biographie > Un rouge bien vert

Sextet composé de trois guitaristes, ce qui laisse supposer l'intensité des performances live du groupe, Red Jetson nous vient de la banlieue de Londres pour débarquer en force en plein coeur d'une scène post-rock qui ne manque décidément pas de talent (on pense entre autres aux très doués 65Daysofstatic). Repéré au coeur de l'été 2004 suite à un split CD sorti avec le groupe Oxford Youth Movie Soundtrack, Red Jetson est un an plus tard invité par le frontman (Kele Okereke) des incontournables Bloc Party sur leur tournée.
Un choix étrange étant donné les divergences musicales des deux formations, mais dans le même temps une opportunité sans doute unique pour le sextet de faire ses premières armes en accumulant un maximum d'expérience. Expérience que Red Jetson met alors à profit pour peaufiner son premier véritable album : New general catalogue, qui sort dans les bacs le 6 mars 2006 via Talitres Records.

Red Jetson / Chronique LP > New general catalogue

red_jetson_new_general_catalogue.jpg En plus de partager la moitié de leur nom ainsi qu'un goût prononcé pour les artworks aux dominantes vertes et noires et ambiances nocturnes, Red Jetson et les Red Sparowes oeuvrent dans le même style musical : le post-rock. Heureusement, là s'arrêtent les similitudes, les deux groupes ayant chacun leur propre approche musicale : les premiers usant de vocaux pour illustrer leur post-rock classieux et intemporel, quand les seconds s'appliquent à développer un rock instrumental et ambient à l'inventivité constante.
Dès l'entame de New general catalogue et le titre "Divorce", on se retrouve en terrain connu, des nappes de guitares intenses, des rythmiques fuyantes et des mélodies d'une rare densité, les anglais délivre un post-rock ténébreux et puissant que ne renierait pas Mogwai ou Explosions in the Sky, références évidentes du sextet londonien. La différence étant qu'ici, le groupe ajoute des lignes de chant à ses compositions... pour un résultat plus qu'excitant tant les vocaux parviennent à se fondre délicatement dans le magma sonore délivré par Red Jetson ("Stay comfortable", "This city moans"). Assez classique dans ses structures post-rock, le groupe fait ainsi parler sa puissance instrumentale dans des crescendo majestueux et sa finesse dans des mélodies à la beauté sombre et mélancolique ("...The sky is breaking").
S'il est clair que Red Jetson n'arrive pas encore à la hauteur, stratosphérique des ses références, la formation anglo-saxonne est déjà parvenue, au travers de ce New general catalogue, à offrir aux amateurs du genre, des morceaux à la fois calmes (le fragile "New Europe") et tumultueux, des mélodies simples et des arrangements fouillés, tout en nuances et harmonie. Eclairé par les néons de son artwork, ce premier effort du sextet manie l'art du songwriting indie efficace et des lignes de guitares stratosphérique ("Perseverance works") comme on n'en voit que trop peu. Et si l'on pourra suggérer au groupe d'ajouter un peu plus de saturation à sa prod, histoire de gommer son aspect parfois un peu lisse, Red Jetson réalise avec cet album un début de parcours quasi parfait. C'est déjà pas mal du tout, en attendant la suite... qui s'annonce forcément prometteuse.