The Rebel Assholes Salut les gars ! Content de vous retrouver dans notre magazine. Je vous repose la même question que dans l'interview précédente (et ouais !) : que s'est-il passé pour vous depuis la sortie de Reactivated ?
Vava : Yo le Gui ! Vaste question. Héhé. Et bien, il s'est passé pas mal de choses depuis ! Nous avons beaucoup tourné pour ce disque courant 2012 et 2013, dont une bonne flopée de dates à travers l'Europe avec Burning Heads, et nous sommes allés pour la première fois au Japon et en Chine. Durant toute cette période, on a vraiment concentré les efforts sur la promo du disque et sur les concerts. On a dû effectuer quelque chose comme 120 dates en tout. Ces 2 années correspondent clairement à la période dans toute la vie du band où l'on a dû faire le plus de concessions dans nos vies perso pour pouvoir se rendre un maximum disponible pour le groupe et ça en valait carrément la peine car on a vécu de superbes expériences comme cette tournée marathon avec les Burning ou encore le remplacement au pied levé de Trash Talk aux Eurockéennes en 2013, pour ne citer que ces exemples. De très bons souvenirs ! Mais bon, il a fallu qu'on calme un peu le rythme à un moment donné pour pas mal de raisons comme les enfants ou le boulot...
On a quand même continué à donner une dizaine de concerts en France, répartis sur des week-ends entre janvier et juillet 2014, en compagnie de groupes amis (Flying Donuts, The Decline!, Dirty Fonzy, Guerilla Poubelle, Not Scientists...) et on a clôturé la saison concerts en beauté lors de l'Xtrem Fest à Albi en août dernier.
Après ça, on ne savait pas trop comment on allait rebondir, si on allait ressortir du nouveau prochainement ou pas... On savait juste qu'on calmerait les concerts pendant quelques temps. Bref, ça sentait un peu la pause quoi ! Ca fait quand même 12 ans maintenant qu'on enchaîne sans réel temps mort et la fatigue se faisait un peu ressentir, enfin pour ma part tout du moins. Et puis, on s'est dit que ça serait quand même cool de programmer quelques répètes pour ressortir du placard des riffs qu'on avait rapidement fait tourner auparavant et se remettre vraiment à bosser de nouveaux morceaux, chose que l'on n'avait pas fait depuis un bon petit moment. C'est ce qu'on a fait à l'automne 2014 durant quelques week-ends de répète. Puis, tout est allé très vite. Enregistrement, préparation d'une sortie pour 2015, nouveau projet de tournée. L'idée à la base était de prendre un peu plus notre temps et de moins faire les choses dans le speed. Mais bon, comme d'hab, tout s'est enchaîné assez rapidement !

On ne va pas tourner autour du pot, l'actualité du groupe, c'est la sortie chez Kicking Records d'un nouvel EP accompagné d'un documentaire sur votre tournée en Asie (Chine/Japon). On va faire dans l'ordre : pourquoi un EP et pas un album complet ?
Vava : Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, on ne se sentait pas d'enchaîner direct sur un album. Et en même temps, on commençait à traîner notre set depuis un bon petit moment et on ressentait le besoin de faire du nouveau, d'une part pour se faire plaisir et d'autre part pour créer de l'actu et relancer de nouveaux projets à moyen terme sans s'enflammer non plus. On s'était dit qu'un EP pourrait être cool et serait un bon compromis. On avait aussi ce documentaire sur notre tournée de l'extrême au Japon et en Chine en septembre-octobre 2013, réalisé par notre ami Romain Bouchu aka « Butch » de Scopa Films, qu'on avait juste diffusé courant mai 2014 dans un ciné à Audincourt et dans un FJT à Besançon. On trouvait que ça serait dommage de le balancer juste sur le net sans lui donner une réelle second vie, vu l'investissement que ça a demandé. On a donc choisi, après discussion avec M. Cu de Kicking Records, de réunir dans un même objet, en l'occurrence un joli boitier DV-Digipak, le docu et l'EP.

Le documentaire retrace votre épopée dans deux pays dont, personnellement, je ne connais pas grand chose en terme de rock : tout d'abord, comment avez-vous eu l'opportunité de vous rendre au pays du soleil levant ? Comment avez-vous booké la tournée, sachant que je ne suis pas persuadé que Vava parle le langage local ?
Vava : Il se trouve que Jean Rem, notre guitariste, connaissait un mec qui bosse depuis quelques années à Hong Kong et qui fait tourner de temps à autres des groupes au Japon et en Chine. Par contre, il évolue plus dans la scène métal. Comme nous n'avions aucune connexion à l'époque pour jouer dans ces pays, que ça nous branchait bien d'y aller un jour et que le mec en question qui est quand même un très bon pote d'un des meilleurs potes de Jean Rem. Tu me suis jusque là ? Bref il était chaud pour nous filer un coup de main, on a sauté sur l'occase et décidé d'y aller un peu à l'inconnu... A l'ancienne quoi ! Il a booké les dates à Tokyo, 4 en tout, et a trouvé un mec, cette fois-ci plus spécialisé dans la scène punk et hardcore, pour monter la suite de la tournée en Chine. Après, ça a demandé beaucoup de suivi et ce fut quand même un peu compliqué à organiser, d'autant plus qu'ils confirment les dates vachement tard dans ces pays, du moins pour les petits groupes.

Je n'ai pas eu encore l'occasion de mater le docu, mais j'ai ouï dire que tout ne s'est pas passé comme prévu sur place : sans dévoiler tous les secrets du DVD, va-t-on retrouver des scènes identiques au docu This is anvil où ça loose de temps à autre ?
Vava : Effectivement, tout ne s'est pas vraiment passé comme prévu, notamment en Chine. Je dirais même que rien ne s'est passé comme prévu ! Héhé. Mais bon, je ne veux pas trop en dire plus. Tout ça apparaît dans le docu et je ne voudrais pas gâcher la surprise. Mais oui, il y a des scènes où ça loose pas mal !
On aurait pu faire un mix des meilleurs moments en faisant croire que tout s'était super bien passé. Avec des images, on fait un peu ce qu'on veut tu sais. Mais bon, ça aurait été ridicule et ça ne nous ressemble pas ! L'idée de base était que notre pote vidéaste qui nous a accompagné sur la tournée suive notre quotidien au jour le jour dans cette épopée un peu folle, sans que ça s'apparente à de la télé-réalité non plus, hein ?! (rires) Comme on voulait que le rendu colle à la réalité de ce qu'on a vécu sur place et que l'ensemble soit cohérent, on a forcément laissé au montage les plans loose. Pour le coup, il n'y a pas de tricherie ! Au final, je pense qu'on ressent une certaine forme de sincérité dans ce docu même si je ne suis pas très objectif pour le commenter. On verra bien les retours qu'on aura ma foi... En tout cas, nous avons eu pas mal de retours positifs suite à la diffusion au ciné l'année dernière, ce qui est plutôt bon signe.
J'en profite pour remercier au passage notre ami Butch pour tout le boulot qu'il a effectué ... tournage, montage.... car ça n'était pas une mince affaire !

Pour terminer sur la partie docu, comment analysez-vous, à froid, cette expérience qui a dû être enrichissante ? Prêts à y retourner ? Le public chinois/japonais est-il calé en punk rock ? Faites nous rêver !
Vava : Allez, à froid, comme ça. Je dirais déjà que cette tournée est clairement à part dans tout le parcours du groupe. Comme je le disais précédemment, on est parti un peu à l'inconnu en faisant confiance à un pote qui nous a ouvert une porte là-bas. On va dire que c'était un premier pas dans ces pays qui nous a permis de voir de nos propres yeux comment ça se passe là-bas et d'être un maximum dépaysé. Au final, on aura connu pas mal de galères mais on aura aussi vécu des moments incroyables et fait de superbes rencontres !
On aimerait bien pouvoir retourner au Japon, tourner à travers le pays et ne pas jouer seulement à Tokyo. On verra si l'occase se représentera mais j'ai maintenant quelques connexions de mecs bien plus spécialisés dans la scène punk rock donc ça pourrait éventuellement se faire. Faut juste qu'on dégage du temps pour ça. Bref, ça n'est pas prévu pour l'instant mais ouais. Je kifferais vraiment pouvoir y retourner car on a adoré Tokyo. Cette ville est complètement folle !
Concernant la Chine, euh. On va attendre un peu hein. (rires) On verra bien si une bonne opportunité se présente... Mais bon, je ne pense pas qu'on se déchirera pour y retourner. Y'a tellement d'autres pays qu'on aimerait faire !

The Rebel Assholes - Follow the line Follow the line contient 8 titres, dont une cover. Quel est le fil conducteur de cet EP ? Ça raconte quoi en termes de textes ?
Jean Loose : Il n'y a pas vraiment de fil conducteur. Les lyrics parlent de la route... pas des BTP, de la route avec l'orchestre hein ! Mais aussi la téloche, l'ère des internets, du voyeurisme et de la démonstration, du fait que la vie c'est quand même mieux quand on reste tel qu'on est sans retourner sa veste tous les 4 ans... Je ne dis pas qu'il ne faut pas évoluer, mais il y a des limites ! Des gens qui tombent dans les excès : cames, tise, cul... sans savoir où ils vont et n'arrivent pas à s'en sortir, et de certaines personnes dont la vie est une pâle copie de quelqu'un qu'ils auraient pu avoir comme « modèle » à un moment donné... On en revient à cette histoire d'intégrité. Bref, la vie, un peu, surtout, la mienne et ce qui m'entoure, un point de vue.

Comment s'est passé le processus de création (composition, enregistrement...) ? Il y a certains morceaux que vous jouez depuis quelques temps en live, n'est-ce pas (genre « TV news » et « Road sweet road ») ? Pas compliqué pour Jean Loose de gérer enregistrement et prises guitare et chant et d'avoir le recul nécessaire ?
Jean Loose : Le processus de création a été assez rapide, on avait maquetté quelques titres fin 2012 et il était temps de les mettre en boîte. Quelques autres ont suivi en septembre 2014 lorsque l'on a décidé de s'enfermer pour mettre tout ça en place. En tout 7 nouveaux titres donc, dont 2 que l'on jouait effectivement depuis presque plus d'1 an en live et qu'il était temps d'immortaliser, 3 maquettés depuis 2 ans et qu'il fallait ressortir du placard et 2 morceaux tout neuf amenés par Jean Rem que l'on a arrangé et répété juste avant d'entrer en studio. Et cette cover de Burning Heads que l'on avait aussi enregistré en août 2012 pour ce fameux tribute qui vient de voir le jour !
Pour l'histoire de la prod, j'ai 2 collègues au studio, Pierre & Mitch, qui connaissent bien le band et qui ont une oreille objective sur le truc. Je me suis vachement basé sur leurs points de vue pour avancer dans le bon sens lorsque l'on pouvait avoir un « doute » sur quelque chose. Notre ami sonologue « boule de feu » m'a aussi filé un bon coup de patte en écoutant les différentes étapes du mix. Pour le reste, je n'appuie heureusement pas sur le bouton « rec » lorsque je joue ou chante et j'ai l'avis de mes compères du band et du studio pour valider ou non les choses... Mais oui, je ne te cache pas que je ne supporte plus m'entendre après 2 jours de mixage et des écoutes interminables des différentes étapes de mix. Mais bon, avec le temps, je m'habitue et arrive à prendre du recul et à faire la part des choses.

Le disque sort en version vinyle chez Productions Impossible records, et la version CD chez Kicking Records : vous en avez mis du temps à rejoindre l'écurie de Mr Cu ! Est-ce que cette collaboration était inévitable et devait un jour avoir lieu ?
Vava : Oui, on a également une version vinyle de l'EP qui sort chez Productions Impossible records et Kicking Records. Concernant Kicking Records, on est effectivement bien content de collaborer avec sur cette nouvelle sortie. On connait M. Cu depuis un bail, on est pote de longue date avec un paquet de groupes du label et on se retrouve complètement dans l'esprit et l'image qu'il véhicule. On l'avait déjà branché pour le précédent disque mais ça n'avait pas pu se faire, notamment pour une histoire de timing. Donc, ouais, on est bien content de cette collaboration !

La sortie de Follow the line coïncide avec la tournée qui se profile avec Not Scientists et les Burning Heads : ça devait vous démanger de reprendre la route avec les copains ?
Vava : Carrément ! C'est toujours un plaisir de tourner avec les potes. C'est d'ailleurs ce qu'on fait depuis pas mal de temps. Ça doit bien faire 4/5 ans maintenant qu'on joue quasi toujours avec des groupes d'amis. C'est d'ailleurs ce que j'aime vraiment dans cette scène... L'échange de bons procédés, les tournées en plateau...
Pour en revenir à cette tournée en mai avec Burning Heads et Not Scientists, on risque d'être une belle équipe sur la route et j'ai bien l'impression que tout le monde est super chaud !

The Rebel Assholes Sur le disque figure une cover très réussie des Burning qui figurera également sur un tribute à paraître prochainement chez Kicking Records, Buzz Off Records et Blackout Prod. Toujours amoureux de ce groupe ?
Vava : Bien sûr ! Ils font clairement partie des groupes qu'on vénérait au lycée... c'est-à-dire il y a plus de 15 ans... et qui nous ont donné envie de monter un groupe de punk rock. Ils nous ont beaucoup influencés au fil des années que ce soit au niveau de la musique, de l'esprit ou de la démarche. Quand tu vois que les mecs tournent depuis 25 ans sans relâche, qu'ils s'autogèrent depuis bientôt 10 ans après tout ce qu'ils ont vécu et qu'ils sont encore là à sortir des disques et à tout donner sur scène pendant 1h30, ça force vraiment le respect. Sans parler du fait que ce sont des gens adorables et qu'on s'entend hyper bien avec eux !
Jean Loose : Love !

Je vous libère mais avant, il conviendrait de m'en dire un peu plus sûr ce qu'il va se passer pour les Rebel dans un avenir plus ou moins proche. Ça bosse déjà sur un album ? Ça va enquiller les dates ? Car c'est pas ça, mais comme je vous aime bien, je voudrais rien louper sur les prochaines étapes du groupe. Et vous en profiterez pour dire un dernier mot qui vous ferait plaisir.
Vava : Oula, chaque chose en son temps... On va déjà défendre cette nouvelle sortie et assurer les dates de prévues ainsi que celles qui sont en train de se monter à l'automne 2015. Après, vu qu'on risque de tourner un peu moins qu'auparavant à l'avenir, faute de temps disponible, on va essayer de se remettre à composer au fur et à mesure et de consacrer un peu plus de temps aux répètes. On verra bien si on sortira un album ou un split avec un autre groupe plus tard.... On en reparlera dans quelques temps. Sinon, merci à toi et à l'équipe de W-Fenec qui nous suit depuis pas mal d'années maintenant. Longue vie au mag !
Jean Loose : On t'aime aussi mon Gui, et oui, vivement la suite ! Avant nos 35 balais j'espère !