Logo The Rebel Assholes Salut, n'en sois pas surpris mais l'interview a été écrite à 4 mains, celles de Gui de Champi et les miennes. Pour commencer, question on ne peut plus banale : est-ce que tu peux nous présenter un petit coup le groupe ? Ses membres, son histoire, pourquoi le nom de Rebel Assholes, ses actifs, ses passifs, tout ça...
Hello ! Nous avons crée le groupe en 2003 dans notre superbe (?) ville natale, à savoir Montbéliard. On se connaît tous depuis pas mal de temps (près de 10 ans) vu qu'on traînait déjà ensemble au lycée. A l'époque, on avait monté un premier groupe pour délirer avec lequel on avait fait une cinquantaine de concerts dans la région. Etant donné que notre ancien batteur avait du bouger loin de chez nous pour ses études, on a décidé en 2003 de remonter un autre groupe qu'on a appelé The Rebel Assholes (en référence au jeu vidéo "The rebel assault" de Star Wars). Après, je ne peux pas vraiment te dire pourquoi on a choisi ce nom là... On voulait juste un nom qui montre, au-delà du jeu de mot, qu'on ne se prend pas vraiment au sérieux. C'est vrai qu'avec du recul, je me dis qu'on a vraiment un nom crétin. Mais bon, on assume et, au moins, les gens retiennent notre nom!
Sinon, depuis nos débuts, on a effectué près de 200 concerts aux 4 coins de la France ainsi qu'en Allemagne, Belgique, Suisse, Pologne, République Tchèque (...). Nous avons également sorti deux albums ainsi qu'un split-cd avec Bad Chickens. On est plutôt content du parcours effectué depuis plus de 5 ans même si on aimerait forcément en faire toujours plus. Après, on a tous des boulots à côté et on doit faire de plus en plus de concessions pour jouer un max et faire parler de nous. Mais bon, étant donné que c'est notre passion, on se démerdera toujours pour consacrer du temps au groupe et continuer à sortir des skeuds, tourner à droite à gauche...

Avant de s'attarder davantage sur votre compte, peux-tu nous briefer un petit coup sur Mighty Worm ainsi que sur l'univers "Impossible" (Les Productions de l'Impossible, Production Impossible Records et Les Nuits de l'Impossible) ? Qui fait quoi, c'est quoi tout ce bazar ?
Bon, ça risque d'être un peu compliqué mais je vais tenter de répondre le plus clairement à ta question.
Mighty Worm, c'est l'asso qu'on a crée avec d'autres potes de lycée au début du groupe. Le fait d'avoir monté cette association nous a vraiment beaucoup servi car, en organisant régulièrement des concerts, on a eu l'opportunité de rencontrer énormément de monde et de se faire un véritable réseau. C'est comme ça qu'on a commencé à sortir nous-mêmes nos propres démos et à tourner hors région. En faisant jouer la plupart des groupes de punk rock en France, on a réussi à faire pas mal d'échanges ce qui nous a permis de tourner de plus en plus et de nous faire connaître au sein de cette scène. Après, les choses ont véritablement évolué lorsqu'on a sorti notre premier album grâce au label Productions Impossible Records (sur lequel je reviendrai après) qui nous a permis d'avoir une bonne distribution en France et d'avoir de nombreux articles, chroniques (etc...) dans la plupart des magazines, fanzines, webzines punk rock. C'est aussi à partir de ce moment là qu'on a commencé à jouer dans plusieurs pays étrangers, qu'on a pu décrocher des chouettes premières parties (Beatsteaks, Mad Caddies, Turbo Ac's, Burning Heads, Uncommonmenfrommars, ...) dans de bonnes salles de concert et qu'on a joué dans de nombreux festivals régionaux.
Sinon, avec Mighty Worm, nous avons développé d'autres types d'activité en marge de l'organisation de concerts tels que l'animation d'une émission de radio, l'organisation de soirées DJ sur Besançon, la sortie de compilations Mighty Worms strike, ou encore la participation financière pour des albums de groupes proches de l'asso (Texas Mongols, Jack And The Bearded Fishermen, ...)
Concernant l'univers "Impossible", c'est encore différent dans la mesure où nous collaborons avec (plus spécifiquement avec le label) sans pour autant en être des activistes au sens propre. En fait, dans tout ce bazar, il y a deux associations liées mais qui sont bien distinctes juridiquement et administrativement parlant. Il y a tout d'abord l'association Les Productions de l'Impossible qui organise depuis plus de 10 ans des concerts dans le pays de Montbéliard et qui faisait à l'époque du management pour quelques groupes (qui seront cités ensuite). Il y a quelques années, ils ont décidé de dissocier l'activité de label et de management de l'organisation de concerts. C'est alors qu'ils ont crée le label Productions Impossible Records comprenant en son sein des groupes tels que Two Tone Club, Hellbats, The Irradiates (ex Hawaï Samuraï / Ronnie Rockets), Taste In Vibes (...) et nous.
Les Nuits de l'Impossible sont, quant à elle, un concept développé depuis quelques année par l'association Les Productions de l'Impossible qui consiste à diffuser des films en rapport avec la culture bis dans un cinéma à Montbéliard avec un groupe local qui se produit au pied de l'écran en début de soirée.
Donc voilà, même si nous sommes très proches de tous les gens qui tournent autour des productions de l'impossible, nous sommes davantage lié au "Chef" (le personnage emblématique du rock à Montbéliard) qui gère le label et qui nous file un sacré coup de main depuis quelques années.

C'est une façon de montrer que les acteurs de la scène rock peuvent être pluridisciplinaires en quelque sorte.
Ouais, on peut dire ça comme ça. On essaye de développer un maximum d'activités pour notre plaisir et également pour faire vivre cette scène dans notre région. De plus en plus, je me dis qu'il ne faut pas trop attendre sur les autres et qu'il faut se bouger le cul si on veut que les choses avancent. C'est trop facile de se plaindre tout le temps et de critiquer tout en restant assis dans son canapé !

Qu'en est-il de la grande rivalité ancestrale entre Montbéliard, gérée d'une main de fer par le Chef et Besak la chaude, dignement représentée par Sylvain Bombled dit "Goodtown" ?
Personnellement, je n'ai jamais vraiment senti de rivalité entre Montbéliard et Besançon. Même si l'ami "Bombled" est certainement l'un des musiciens les plus talentueux de Besak city (rien qu'à voir les groupes dans lesquels il joue ou a joué !), je ne pense pas qu'il soit impliqué, à l'heure actuelle, dans la vie culturelle locale au même titre que le "Chef ".
Au contraire, je parlerais plutôt de solidarité entre les groupes et activistes de la scène (enfin ça dépend laquelle, celles des groupes qui se bougent le fion et qui ne sont pas arrivistes. Je pense à des groupes/amis comme Helbats, Two Tone Club, Irradiates, les groupes de Nasty Samy, Texas Mongols, Generic, Jack And The Bearded Fishermen, ...). En même temps, avec les Rebel, on est à cheval entre Montbéliard et Besançon. Du coup, nous nous sentons aussi proches des groupes issus de ces deux villes.

The Rebel Assholes live Revenons-en aux Rebel Assholes. De ce que j'ai aperçu sur scène, vous m'avez l'air d'être, excuse moi l'expression, de joyeux branleurs, mais vos lives et au moins Click and say yeah ! sont très carrés. C'est brut et intense tout en étant décontracté. Vous avez une recette pour ça ? Aurelio, un de nos collègues avait tourné la chose de cette façon : Etre un asshole, ça se passe comment ? Ca se travaille au quotidien, il faut des aptitudes particulières au départ ?
Effectivement, on est une belle bande de branleurs, comme tu dis ! En même temps, on n'est pas là pour enfiler des perles et jouer les poseurs. On est pas un groupe de coiffeurs quoi ! Par contre, j'estime qu'on fait les choses sérieusement sans pour autant se prendre au sérieux. Donc oui, on préfère privilégier la musique, le live et tout ce qui va autour (les répétitions, le travail de communication autour du groupe, le montage de tournées...) plutôt que travailler notre style vestimentaire et notre coupe de cheveux.
Après, outre l'apparence vestimentaire sur laquelle je suis en train de bloquer, il est vrai qu'on ne ressemble pas à grand-chose (surtout notre joueur d'arbalète, Jean Rem ou "Bernard" pour les intimes, avec sa fameuse moustache de papa et ses chemises canadiennes !) et qu'on débite pas mal de conneries. Mais bon, on aime se marrer et faire du second degré. C'est peut être d'ailleurs pour ça qu'on s'est fait autant de potes dans le milieu de la zic. C'est important de déconner un peu, nan ? On essaye de privilégier le fun sans pour autant être ridicule. Enfin, j'en sais rien, je n'peux pas vraiment être objectif en même temps !
Sinon, pour répondre à la question d'Aurelio, je dirais que c'est plutôt cool d'être un "asshole". On le vit plutôt bien pour le moment. Par contre, je me demande bien à quoi on ressemblera plus tard. Etre un "asshole" peut avoir des répercussions sur la santé et la maturité ! Héhé... Nan j'déconne.

Vous avez pu tourner un peu partout en France et à l'Etranger, et notamment une tournée dans les pays de l'Est l'année dernière. Charly Fiasco, PO Box et Flying Donuts ont également organisé des tournées dans ces pays où la K7 est reine. Vous vous refilez des plans ? Minmin vend ses contacts en rouble ? Quelles différences de conditions entre notre beau pays et les pays qui semblent encore empreints au système communiste ?
Effectivement, on est parti une bonne dizaine de jours l'été dernier dans les pays de l'est avec nos potes Toulousains Charly Fiasco (de grands abrutis également, surtout Mr Romain Boule ! C'est peut être pour ça qu'on s'entend aussi bien... héhé). C'était excellent, une grande aventure humaine qu'on ne risque pas d'oublier ! Par contre, pour le coup, ça n'a rien à voir avec MinMin des flying même s'il arrive qu'on se file des coups de mains de temps à autre.
De plus en plus de groupes partent jouer dans ces pays. Visiblement, c'est plus simple de monter des grosses tournées dans ce genre de contrées qu'en France (en même temps, je ne me suis occupé de rien. Merci au passage à Dick des Charly pour les heures de feunage passées sur le net).
Même si t'es inconnu au bataillon chez eux, les gens n'hésitent pas à te faire jouer et sont plutôt accueillant. Enfin, ça dépend. Comme partout, tu peux tomber sur des lieux et des organisateurs à l'arrache ou encore du public un peu chelou (on a joué une fois avec des vilains crusts en Slovaquie... Tu sais, les mecs avec une dread qui pend sur la tête, qui font que tirer la gueule et t'ignorent complètement. En plus, ils ont pissé sur la portière de notre camion ces enfoirés. Je crois que je préfère les peaux de chèvre aux crusts tout compte fait !).
Sinon, on a eu la chance de jouer majoritairement dans des endroits plutôt cool, donc ça va. Après, les gens parlent des "Pays de l'Est" dans leur ensemble mais il y pas mal de différences entre les pays, tant au niveau de l'accueil que du public. Par exemple, les concerts en Pologne comme en Allemagne étaient assez cool comparé à celui en République Tchèque où l'on a débarqué avec notre camion d'américain dans un village complètement paumé, bourré de mecs aux gueules de consanguin. Mais bon, quand tu pars à deux groupes, t'arrives toujours à te marrer même si l'ambiance est bof.
Pour moi, l'avantage est de pouvoir voyager, rencontrer des gens, se confronter à des cultures différentes. Par contre, ça ne fait pas vraiment connaître ton groupe à moins de tourner beaucoup dans ces pays là comme le font les PO Box ou encore Nine Eleven. Ce sont plus des vacances avec des concerts tous les soirs, en gros. Généralement, t'es obligé de mettre un peu des ronds au bout parce que niveau cachet, c'est pas énorme et t'enquilles des bornes à donf. Mais bon, c'est un truc à faire ne serait-ce que pour les souvenirs.

En ce qui concerne les dates en France, vous avez pu jouer dans tout l'hexagone... Quel bilan tirer de la structure française dans son ensemble ? Pensez-vous que les groupes du Grand Est (axe Nancy - Strasbourg - Belfort - Besançon - Epinal - Mulhouse, tu prends un crayon, tu relies les points et t'as un beau pentagramme) sont biens mieux lotis que les groupes du Sud, de l'Ouest... aussi bien au niveau des salles (Noumatrouff, Laiterie, L'Autre Canal, Poudrière) que des studios (Cube, Kaiser Stud', la Suisse, ...) ?
Vaste question. Concernant la France dans son ensemble, je pense que le territoire est plutôt bien fourni et qu'il y a des structures réparties un peu partout dans l'hexagone. Le problème est que l'on crée de plus en plus d'usines à gaz (type grosse SMAC avec des moyens énormes) et qu'il y a de moins en moins de lieux atypiques (comme en Allemagne par exemple), de caf conc', de salles avec des petites jauges. Du coup, ça devient de plus en plus difficile pour un groupe qui débute de faire ses armes sur des scènes adaptées et de sortir de sa région. Après, faut pas non plus dramatiser. Il y a quand même de quoi faire pour un groupe qui se bouge le cul, qui se crée son propre réseau et qui a envie d'enquiller des bornes. Mais bon, je ne suis pas vraiment optimiste quant à l'avenir (je parle des caf' conc plus particulièrement). En tout cas, c'est mal parti !
Sinon, je ne sais pas si l'on est mieux loti dans l'Est que dans le reste de la France. Il est vrai que nous n'avons pas trop à nous plaindre comparé à certains territoires assez pauvres en structures (comme le sud est). Mais bon, je ne pense pas que notre région soit comparable à la région Nord pas de Calais qui, elle, dispose d'un nombre incalculable de caf conc'et de structures Musiques Actuelles. Si toutes les régions pouvaient accorder 2% de leur budget culturel à ce type de musiques (ce qui énorme comparé aux autres régions), ça serait la fête !
Bref, je pourrais en parler des heures donc je vais m'arrêter là !

Sur votre myspace, la photo de Jean Rem semble rappeler les tenues vestimentaires d'un certain Steph - Seven Hate sur scène. Hommage ou coïncidence ?
Même si nous sommes tous très fan de Seven Hate, il s'agit d'une pure coïncidence. Aucun lien, fils unique !
Maintenant, il joue même avec un maillot de Maradona sur scène. Ne me demande pas pourquoi, je n'ai aucune explication... En tout cas, ça lui va très bien et ça fait marrer les gens !
Ca doit certainement faire partie de notre fameux côté "crétin" même si on ne cherche absolument pas à cultiver ce style.
Ca doit être inné chez nous...

The Rebel Assholes live Comment qualifierais-tu votre musique ? Punk-rock ? Punk'n'roll ? Fun'n'punk ?
Euh... Pour faire simple, je dirais du Punk rock même s'il est vrai qu'on a un peu ralenti la cadence au fil du temps pour faire place à des passages plus pop. A l'époque, on avait des morceaux plus rock'n'roll mais on s'est rendu compte que ça nous correspondait pas vraiment finalement. Je pense qu'aujourd'hui on a trouvé notre style. On fait peut être des morceaux plus simples au niveau des constructions, moins speed (...) mais, au moins, on les joue mieux tout en se faisant vraiment plaisir.

Venons-en à ce deuxième album. Son visuel et son intro font allusions à l'univers des séries B. Ce sont des éléments qui comptent pour vous ?
Oui en nan. Pour ma part, je dois dire que je ne me suis jamais vraiment intéressé à cet univers. Par contre, Jean Loose (le chanteur/guitariste) est assez fan des films d'horreur à l'ancienne tandis que Jean Rem (et oui encore lui !) s'intéresse plus aux comics et séries genre Futurama... Mais bon, on ne peut pas dire que l'on soit des gros gros fan de cet univers des séries B comme peut l'être ce vieux loup de Nasty Samy !
Concernant la pochette dans l'esprit comics, l'explication est simple : Comme je l'ai déjà dit, notre nom est dérivé du jeu vidéo Star Wars, "The rebel assault", et on s'est dit que ça serait cool de faire une pochette dans ce délire agrémentée de petits clins d'œil en référence à chacun d'entre nous et notamment à Jean Rem (moustache, télé, hamburgers, gugus futurama... tu vois le délire ? Du grand art !)

Ce titre, Click and say yeah !, c'est un clin d'œil à l'ère informatique et du téléchargement ? Ou je me trompe ?
C'est ça sauf qu'on ne vise pas forcément le téléchargement (c'est autre débat et ça peut prendre des heures !). Même si on utilise des trucs comme Myspace ou Facebook pour le groupe (voire à titre perso pour certains), j'ai un avis plutôt partagé quant à leur utilisation.
D'un côté, j'ai un peu de mal avec le voyeurisme et cette espèce de fausse "amitié virtuelle". Des gens te demandent en ami, te tapent la causette (comme sur myspace) en faisant style "on est potes" et, une fois que tu les vois en vrai, ils n'ont plus rien à te dire. Idem pour Facebook, je tripe sur les gens qui déballent leur vie à la vue de tout le monde, racontent tous leurs états d'âme genre "j'en ai marre du taf, je veux dormir, j'ai faim, je vais chier, j'ai fait ci, je vais faire ça..."
D'un autre côté, je me dis que ce sont de bons outils de communication pour un groupe et que ça peut être sympa, à titre perso, de retrouver des gens que tu ne vois pas souvent, de prendre des nouvelles et de discuter de temps en temps.
Tout dépend de l'utilisation qu'on en fait et de l'importance qu'on y accorde. Je ne mets bien évidemment pas tout le monde dans le même sac (beaucoup de gens, comme moi, ont une page Myspace ou Facebook sans pour autant passer leur journée dessus) mais j'ai quand même l'impression que la plupart des jeunes sont complètement abrutis par ces sites. Et puis, il faut dire que beaucoup de gens s'emmerdent au taf et occupent une partie de leur temps à traîner sur ces sites. Après tout, chacun fait bien ce qu'il veut.
Bref, c'est un long débat.

A l'écoute de Click and say yeah !, on a l'impression que des groupes comme Second Rate, Burning Heads ou UMFM ont été aussi important que des groupes outre-Atlantique au niveau de vos influences. Il est plus facile d'assumer des influences frenchies en 2009 qu'il y a dix ou quinze piges ?
Plus facile, je ne sais pas. Même s'il est vrai que nous avons été très influencé par la scène outre-Atlantique à nos débuts, nous nous sommes toujours intéressés à la scène française. Nous nous sentons effectivement très proche, tant au niveau des influences que de l'esprit, de groupes tels que les regrettés Second Rate, Burning Heads (nos grands héros depuis des années), Seven Hate, Flying Donuts, UMFM (...)
Il y a toujours eu d'excellents groupes en France et ça n'est pas prêt de s'arrêter. Le seul problème est que la France n'est de loin pas le pays le plus Rock 'N' Roll et que la plupart des gens ont des goûts de chiotte (je parle du grand public bien sur.Je ne dénigre absolument pas les autre styles musicaux qui, pour certains, sont également très intéressants excepté le reggae de peaux de chèvre, le mauvais Hip Hop de ouèche et le R'n'B...Enfin, ça ne reste que mon avis) !!!
Du coup, ça n'est vraiment pas évident pour un groupe de Punk Rock d'être reconnu à sa juste valeur en France. C'est une scène qui tourne un peu en rond mais qui est composé de véritables passionnés et c'est ce qui compte au final ! Ca n'est finalement pas plus mal que ce style ne soit pas ultra médiatisé mais je déplore le fait que les "professionnels" de la musique (programmateurs, tourneurs, presse nationale...) ne s'y intéressent que très peu ! Beaucoup de super groupes, après avoir tourné pendant des années dans des caf'conc, ont du mal à décoller et à passer un véritable cap. Du coup, ça peut devenir démotivant. Il faut être sacrément passionné à l'heure actuelle pour continuer à jouer ce type de musique en France lorsque ton groupe existe depuis près de 10 ans !

The Rebel Assholes - Click and say yeah ! Click and say yeah ! nous prends tout de suite pris à la gorge. Les morceaux s'enchaînent aussi vite que les Ramones enquillaient sur scène, les couplets tabassent et les refrains déboîtent. On a pas le temps de dire "ouf" que l'auditeur subi les assauts de votre bande de trous duc ! Finalement, votre punk rock'n'roll n'est-il pas un hommage à tous ceux qui ont dépoussiéré à leur époque le rock'n'roll en y ajoutant du fun, de la puissance et du caractère tout en privilégiant les refrains ancrés dans les esprits ?
Merci tout d'abord pour le compliment, ça fait plaisir !
Nous n'avons jamais vraiment cherché à rendre hommage à des groupes en particulier. Mais, au fond, j'imagine que notre musique et l'esprit qu'il y a autour découlent implicitement des groupes qui nous ont influencé. Comme je te l'ai dit avant, on essaye de faire les choses du mieux qu'on peut tout en étant un minimum exigeant avec ce que l'on fait. Il est vrai que l'on privilégie les mélodies et les refrains accrocheurs au détriment, peut être, de l'aspect technique. Mais bon, je n'ai jamais été fan des groupes qui font de la démonstration ou qui cherchent à jouer telle type de musique parce que ça marche en ce moment. Au contraire, j'aime les groupes sincères, ceux qui jouent avec leurs tripes et qui croient en ce qu'ils font même si ça demande un énorme investissement.

Comment êtes-vous entré en contact avec Pierre des Burning Heads pour qu'il enregistre un titre en votre compagnie ?
En fait, on le connaît depuis pas mal de temps étant donné qu'on a déjà partagé plusieurs fois l'affiche avec eux et qu'on les a fait jouer deux fois avec Mighty Worm.
Pour la petite histoire, en composant le morceau "What you do is good", on s'est amusé à chanter un passage de "Swindle" des Burning sur un riff qu'on venait de trouver. On s'est dit que ça collait bien avec et on a demandé à Pierre si ça ne le dérangeait pas qu'on reprenne le passage sur l'album. Visiblement, ça ne lui posait aucun problème et, au final, il chante même dessus ce qui est vraiment cool.
Pour info, nous avons également fait une résidence à la Poudrière de Belfort (juste avant la release party du nouvel album) avec Pierre en tant qu'intervenant extérieur et ça s'est super bien passé !
Pour nous, c'est vraiment un groupe important. C'était un peu nos héros au lycée au même titre que des groupes ricains et maintenant on se connaît bien. On espère pouvoir rejouer avec eux bientôt.

Vous avez organisé une release-party où pour chaque entrée, un exemplaire de l'album est offert. C'est plutôt sympathique comme démarche...
Ben ouais. D'ailleurs, je conseille aux gens de faire de même pour la sortie d'un disque. Ca permet de bien marquer le coup au niveau local. Tu fais genre 200 entrées et t'écoules 200 skeuds dans la soirée. Parfait, nan ?
Pour être franc, l'idée ne vient pas de nous. Le "Chef" fait ça depuis un certain temps avec la plupart des groupes du label (Two Tone Club, Hellbats, Hawaï Samurai). Je trouve personnellement que c'est une super idée. D'ailleurs, je n'ai jamais vraiment vu ça ailleurs que chez nous. En même temps, je n'en sais rien... Peut être que d'autres gens font aussi ça !

A ce propos, peux-tu nous évoquer les Texas Mongols, le groupe qui a ouvert pour vous lors de la release party ?
Encore de beaux cas sociaux ! Ce groupe, c'est "l'agence tout risque". Y'en a pas un pour rattraper l'autre ! Ils sont tous différents mais se complètent à merveille et c'est ce qui les rend unique.
On les connaît depuis super longtemps, bien avant qu'on ait monté nos groupes respectifs (on a commencé plus ou moins en même temps). Ils font parti de nos meilleurs amis.
Nous avons fait nos premiers concerts ensemble et nous continuons à le faire dès que les occasions se présentent.
Ce qui est cool chez eux, c'est qu'ils ne cherchent absolument pas à rentrer dans des "codes". D'ailleurs, en y réfléchissant bien, je ne vois pas avec quel groupe on pourrait les comparer. Ils sont uniques dans leur genre et n'appartiennent pas vraiment à une scène en particulier. Malgré ça, ils se bougent vraiment le cul (surtout Max, le bassiste, qui gère presque tout pour le groupe) et jouent beaucoup, surtout à l'étranger (Angleterre, Allemagne, Suisse, Pologne), où les programmateurs sont peut être plus ouverts à ce genre de style.
Sur scène, c'est du grand n'importe quoi (ce qui ne veut pas dire qu'ils jouent mal, bien au contraire !), à base de grandes canettes, de chapeaux de cowboy et d'espadrilles. Tu vois le genre ? Après, conseil aux programmateurs : Evitez de les faire jouer après 00H00, ils risquent d'être vraiment trop bourrés !!!!!

Vous avez déjà des dates de prévues pour défendre Click and say yeah ! ?
Etant donné que je réponds avec pas mal de retard à cette interview, la question n'est plus vraiment d'actualité.
Mais oui, nous avons défendu l'album sur la route peu de temps après sa sortie. Nous avons effectué une tournée de 12 dates en 12 jours en France et en Belgique fin février/début mars (dont une semaine avec nos amis de Nedgeva, excellent groupe qui mérite qu'on s'y intéresse vraiment. Sur scène, c'est la grosse claque !). Après ça, nous avons effectué plusieurs dates isolées à droite à gauche.
Quelques dates sont également prévus en juin ainsi qu'en Juillet (dont le Festival La Guerre du Son le 17 juillet avec des groupes comme Trust, Punish Yourself, ...) et nous sommes actuellement en train de booker plusieurs séries de dates pour Septembre/Octobre (Lyon, Bordeaux, Toulouse, Rodez, Paris, La Rochelle, Poitiers, ...) Avis aux amateurs ...

On va conclure de la même façon que l'entame de cet entretien : par des questions-bateaux. Quels ont été vos derniers coups de cœur en matière musicale (en live ou sur CD) ?
Pour ma part, mon coup de cœur 2009 est le nouvel album de Kylesa, Static tensions. J'ai déjà hâte de les voir aux Eurocks cet été. Ca risque d'être la grosse claque ...

Quel est le rêve caché (ou non) des Rebel Assholes ?
Notre rêve ?
Euh... Continuer à jouer le plus longtemps possible et visiter de nouveaux pays (Japon, Canada, ...).

Quelle est la question à laquelle vous auriez aimé répondre ?
Je ne sais pas. Une blague plutôt ??

Et enfin, le si bien nommé mot de la fin ?
Merci à vous pour cette interview et pour l'intérêt porté au groupe. Longue Vie à W-Fenec !!!!
Merci également à tous ceux qui nous soutiennent et nous apportent leur aide (Chef du label Productions Impossible Records et le crew de l'asso Productions de l'Impossible, tout le Mighty Worm crew, Cab et Marie France de Découvert Autorisé, Thom Visual Addiction pour la pochette, toutes les assos qui nous ont fait jouer...)