Ramon Zarate - Oyster Alors eux, on ne pourra pas dire qu'ils font les choses à moitié. Un digipak au design soigné, artwork très esthétique histoire de la jouer cool mais classe, les guitares qui démarrent pied au plancher : Ramon Zarate donne dans le stoner/southern/rock/garage/punk qui défouraille, le gros son qui tambourine dans les conduits auditifs et enduit les amplis d'essence avant de les carboniser à coups de "Monkey" ou de "Burning Bog" aux mélodies incendiaires. Faut aussi que quand il appuie sur l'accélérateur et décide de flinguer à tout va, Ramon ne zarate jamais (ça c'est fait). Riffing taille patron, la basse qui bourdonne, c'est gras, c'est lourd, ça sent le sable donc c'est bien. Voilà pour la punchline d'accroche. Merci Ramon.

Bien lancé par ces deux premiers titres qui font bien mâle, les belges enclenchent alors la cinquième et livrent dans la sueur et le cambouis un "Oyster" qui enfonce le clou dans un registre stoner bien couillu et heavy blues de crâmés puis un "Eightball" qui fait bourdonner les tympans comme pas deux. Il y a chez les premiers stoner boys ostréiculteurs de l'histoire du plat-pays un paquet d'influences pas dégueu. Une bonne dose de rock sudiste à la Black Label Society, ce groove caniculaire inventé par Kyuss et un gros côté Motörhead qui fait sérieusement turbiner la mécanique, RZ envoie la sauce et au détour d'un "Losing grace" au groove atomique (désolé...) met les tripes et les cojones sur la table de mixage pour donner tout ce qu'il a.

Résultat : huit titres qui taillent dans le gras, des riffs de plomb, cette basse qui ramone la tuyauterie (humour > rires...) et des gaziers chauds comme la braise qui délivrent un rock éléphantesque (Scott Kelly sort de ces corps) notamment sur "Cryptic invaders", exclusivement instrumental et terriblement doomy. Là est l'autre qualité de cet Oyster, à savoir ne pas se contenter de rester dans les clous et livrer aussi autre chose que du stoner rock power-burné pur-jus (copyright W-Fenec). Et comme en plus ils y prennent goût, les belges remettent ça le coup d'après avec "Shiteaters". Doom un jour, doom toujours. Mais pas que. Cet avant-dernier titre joue la carte d'un stoner psychédélique complètement halluciné, psychotrope et vénéneux, l'archétype du brûlot desert-rock sous acide dont on ne sait trop exactement jusqu'où il va nous emmener. Mais là encore, les RZ ont la réponse et offrent en guise de final un "Sun" groovyssime et sa petit outro western country qui fait bien. Tout bleu et presque déjà cult... Merci Ramon.