Rakel Traxx - Bitches palace Quand je feuillette les biographies des groupes que j'écoute, quand je reluque les livrets intérieurs des skeuds dans lesquels lesdits groupes posent (ou se pavanent), je reste toujours dans l'expectative s'agissant d'un disque de glam sleazy rock. Vous voyez où je veux en venir ? Non ? Ah.
Non pas que je juge un groupe sur son apparence mais je me demande toujours si ces gars fagotés et maquillés comme des filles sont « sérieux ». Vous voyez toujours pas où je veux en venir ? Toujours pas ? Nom d'une pompe à vélo, mince alors.
Je veux dire, le contenu du disque sera-t-il aussi ridicule que ces poses, ces attitudes, ces accoutrements qui faisaient fureur au débuts des 80's quand Mötley Crüe et consorts arpentaient les scènes du monde entier pour propager la bonne parole, mais qui ont mal vieillis ? Ok, Steel Panther a changé la donne ces dernières années, permettant à ce grand bordel de revenir à la mode. En tout cas, ce n'est pas pour me déplaire, car j'adore ça. Et Rakel Traxx va faire bonne figure dans ma modeste rockothèque, tant le groupe marseillais (si si !!) assure.

Avec Bitches palace, Rakel Traxx use et abuse (dans le bon sens du terme) des codes et autres ficelles du genre : grosses guitares, riffs entraînants, voix parfois haut perchées, refrains inoubliables, solis démoniaques, textes lorgnant de l'amour et de ses dérivés (« Give me your love », « Girlz », « S.E.X. »,.). Avec ce disque à 13 titres (il en manque 56 les gars !) à la production énergique et au son dans la lignée des premiers Mötley Crüe, Rakel Traxx ne fait pas les choses à moitié et propose tout bonnement une excellente carte de visite. Pas de temps mort, high energy du début à la fin (même si « Try again » offre une petite respiration en fin de disque), le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne s'ennuie pas, même si, au final, l'ensemble formant une cohésion a tendance à se répéter sur la longueur. N'empêche que ça fait mouche à chaque coup de médiator, et on sent que le groupe n'est pas né de la dernière pluie.

Après un peu moins d'une heure d'écoute de Bitches palace, me voilà convaincu : Marseille n'est pas qu'une ville de rap et de foot (l'est-elle encore pour le foot ?) : c'est aussi la capitale française du glam. Et même si je m'interroge encore sur le fait que ce groupe est une funeste blague ou un engagement sérieux à faire honneur aux légendes déchues que sont Ratt, Poison et Mötley Crüe, je me dis que c'est certainement les deux et que je passe trop de temps à réfléchir : seule la musique compte.