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The Quill / Chronique LP > Voodoo caravan

the quill - voodoo caravan Le stoner incandescent étant toujours bien présent dans les bacs, Metalville, le nouveau label de The Quill a décidé de rééditer deux de ses vieux albums, en l'occurrence le deuxième Voodoo caravan qui date de 2002 et son petit frère Hooray ! It's a deathtrip (2003, lui aussi paru via Steamhammer). Deux opus qui étaient synonymes du sommet de la carrière du groupe alors que celui-ci s'était disloqué. Avec la reformation (et certainement des ventes au-delà des espérances) et quelques nouveaux très bons brûlots (au moins Born from fire), rééditer ce que les Suédois avaient fait de mieux n'est pas une mauvaise idée...

Voodoo caravan en lui-même vaut déjà son pesant de cacahuètes tant le combo joue alors sur tous les registres, du stoner le plus classique au rock le plus langoureux, alternant mélodies claires et parties plus vindicatives avec cette touche très Chris Cornell (celui des débuts de Soundgarden) que Magnus Arnar maîtrise à la perfection. Les onze titres de la galette proposaient donc déjà une large palette de sensations mais ce sont quatorze qui avaient été gravés sur les bandes du studio Berno de Malmö (studio où ils ont enregistré leurs précédentes productions et qui a vu passer The Haunted, Amon Amarth, In Flames, Satanic Surfers...), des trois chutes, deux ont eu le droit d'apparaître sur la version japonaise, la troisième "Spiral" était restée dans les cartons jusqu'à maintenant. C'est un morceau très lourd avec un gimmick accrocheur, pas le plus exceptionnel des morceaux mais du bon The Quill quand même grâce à un joli solo dans la partie instrumentale centrale. Des deux autres raretés, "Gather round the sun" est de loin le plus intéressant, ne pas le voir dans la tracklist d'origine suffit à comprendre le niveau de cet opus devenu un must have (et pas que pour la participation de Michael Amott de Spiritual Beggars/Arch Enemy sur "Shapes of afterlife" qui bénéficie aussi d'une ligne de basse très sympathique).

The Quill / Chronique LP > Hooray! It's a deathtrip

the quill - Hooray! It's a deathtrip Bien qu'enregistré dans la foulée de Voodoo caravan, Hooray ! It's a deathtrip n'est pas tout à fait dans la même veine. Alors certes, ça reste du stoner bien punchy et catchy mais le groupe ayant décidé de changer de studio et de production, le son d'ensemble est plus "pur", plus direct, et si les chauds effets sont toujours présents, la saturation emplit moins les enceintes qu'auparavant. C'est donc à Halmstad au Slaughterhouse de Rickard Bengtsson (Spiritual Beggars, Arch Enemy, Shining...) que les chevelus posent leurs valises le temps de capter une dizaine de titres, à noter que le mixage sera confié à Daniel Bergstrand (In Flames, Shovel, AqME...). Outre le lieu et le personnel, c'est la façon de faire qui fait progresser le groupe qui n'enregistre plus "live" mais chaque instru séparément, au final, avec des compositions propres à leur style, le rendu est plus massif, a plus d'impact et sonne résolument moins "seventies". Perso, je préfère Voodoo caravan même si Hooray ! It's a deathtrip compte quelques très agréables moments comme "Handful of flies" et ses sonorités orientales (le sitar, ça donne du style !), la complainte "Control" ou le survolté "Spinnin around". Ici, seul "Been here once before" est offert en bonus sans trop d'info, il s'agit certainement d'une chute de studio.

The Quill / Chronique LP > Born from fire

the quill Si c'est une institution en Suède, The Quill est assez méconnu par chez nous, les amateurs de stoner feraient pourtant bien de se procurer ce huitième opus de la bande de Magnus Ekwall, le chanteur responsable de la création du groupe est d'ailleurs de retour avec ses potes après un break de 10 ans, certainement que Roger Nilsson (également passé à la basse chez Spiritual Beggars ou Arch Enemy) l'a convaincu de revêtir le bleu de chauffe pour nous abreuver de complaintes déchirantes qui s'acoquinent parfaitement avec les lacérations de la guitare. Avec une telle carrière, les gars n'ont plus rien à prouver et font simplement le stoner qui leur plaît, un rock lourd et bien envoyé, pas aussi fouillé que l'artwork et aux intentions assez pures et lisibles. Lesquelles ? "Electrical son" Born from fire, avec ces titres et paroles (piste 8), tu comprends, la chaude énergie du feu, la puissance de l'électricité, des riffs qui lézardent l'atmosphère, des rythmes plus précis que massifs et un chant caméléon qui se fond dans le décor, que celui-ci se fasse plus pop, plus psychédélique ou plus lourd. The Quill enquille les bons titres avec facilité et assure, sans surprise, à la suédoise.