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Biographie > Gandhi's revenge

Propagandhi Formé à Portage la Prairie (drôle de nom...) dans la région du Manitoba (au Canada), Propagandhi est depuis 1986 un groupe de (skate)punk/rock métallisé remarqué par son activisme politique marqué à gauche (logique) et son discours prônant la lutte contre les inégalités (racisme, sexisme, homophobie), l'impérialisme et le capitalisme ou la préservation des droits de l'Homme. Pilier du label Fat Wreck Chords, poids-lourd de la scène punk nord-américaine (Against Me!, Strike Anywhere, Rise Against, Strung Out, Teenage Bottlerocket) chez qui sont sortis l'EP How to clean a couple o' things et pas moins de quatre albums studio (How to clean everything, Less talk, more rock, Today's empires, tomorrow's ashes et Potemkin City limits), le quartet dont le line-up n'a finalement pas énormément bougé au fil des années est devenu en l'espace d'un quart de siècle une véritable référence du genre.

Trois démos sorties en K7 à ses débuts, entre 1990 et 1992, conduisent Propagandhi a rejoindre les rangs de Fat Wreck Chords chez qui le groupe passera donc une douzaine d'années, donnant ses lettres de noblesse à une discographie qui, outre les démos et les albums cités précédemment, recèle également 3 EPs, une poignée de splits, deux enregistrements Live (l'un paru en K7, l'autre en DVD) ainsi qu'une belle flopée d'apparitions sur des compils diverses et variées.

En 2008, double bouleversement dans l'histoire du groupe, Propagandhi, alors trio depuis plus de deux décennies, accueille un quatrième membre alors même que la collaboration avec son label historique se termine. Les canadiens sortent un an plus tard l'album Supporting caste via une association de plusieurs petits labels indé et rééditent l'expérience en 2010 à l'occasion de l'EP Recovered, avant de signer chez un autre poids lourd mais plus (quasi exclusivement punk) cette fois puisqu'il s'agit d'Epitaph, autrefois haut-lieu du hardcore punk depuis ouvert à d'autres subdivisions musicales afin d'assurer son avenur. En 2012, le groupe sort Failed states chez sa nouvelle maison de disque.

Propagandhi / Chronique LP > Victory lap

Propagandhi - Victory lap Si tu ne connais pas Propagandhi, la simple énonciation des 2 labels qui les ont accompagnés depuis leurs débuts en 1986, vont te permettre de lever toute interrogation. Signés à leurs débuts sur Fat Wreck Chords et désormais Epitaph pour le sixième et ce septième album Victory lap, tout porte à croire qu'ils sévissent dans le punk rock. Eh bien en fait, c'est plus complexe que ça. Si à leurs débuts, ils étaient dans la lignée des groupes comme Pennywise, Millecollin ou autres The Offspring, à envoyer 15 titres de 2 minutes 30 à 150 BPM, ils ont amorcé un virage vers un registre plus complexe, mêlant punk-rock et métal voire hardcore mélodique, depuis le LP Failed states (confère la chronique sur le W-Fenec), sorti en 2012. Et pour cette nouvelle galette, ils continuent de proposer ce crossover sympathique et assez novateur (pour un groupe estampillé Epitaph). Côté line-up, on peut noter qu'être fan du groupe peut rapporter gros, car la nouvelle guitariste, Sulynn Hago, a été auditionnée parmi plus de 400 candidatures et embauchée pour remplacer David Guillas, parti poursuivre sa carrière d'enseignant. Elle rejoint donc le batteur Jord Samolesky, le chanteur Chris Hannah et le bassiste Todd Kowalski.

Pour ce septième LP, avec des montagnes russes en guise d'artwork on n'est pas loin d'avoir un résumé des sensations procurées par ce tour (de manège) victorieux. On enchaîne des bonnes descentes punk-rock old school à s'en décoiffer la crête comme "Failed imagineer" ou "Letter to a young anus" ; puis on se prend en alternance riffs métal et power rock sur "When all your fear collide" ; on passe sur des instants de répit (pas de repos) sur "Adventures in Zoochosis" ou "Nigredo" et même des passages quasi pop rock sur "Lower order (a good laugh)". Mais contrairement à l'illustration de l'album, on ne prend jamais l'eau. Pas de débordement guimauve, de love song ou de ballades miaulantes qui collent aux oreilles. Propagandhi sait sortir de son pré carré sans partir en vrille dans des digressions hasardeuses. Côté lyrics, Propagandhi est un groupe de punk-rock, donc pas d'amour, de ruptures sentimentales déprimantes ou de problèmes relationnels juvéniles. Le discours est politisé : féministes, antispécistes, antifascistes, végan, anticapitalistes. Il y a même une track anti-Trump avec les meilleurs discours de Donald ("Grab by the pussy", "We have to build the wall"). En bref, Propagandhi a un message à faire passer.

Pour ceux qui cherchent du punk-rock 2.0, Propagandhi peut donc se charger de la mise à jour de votre application auditive.

Propagandhi / Chronique LP > Failed states

Propagandhi - Failed states Actifs depuis près de vingt-six années, les canadiens de Propagandhi, longtemps piliers de l'écurie punk Fat Wreck Chords (Against Me!, Strike Anywhere, Rise Against, Strung Out, Teenage Bottlerocket...) reviennent sous les feux de la rampe trois ans après leur dernier album (resté un peu confidentiel), avec un sixième opus pour lequel ils sont entre-temps passés sous la bannière d'Epitaph, le label fondé par Brett Gurewitz, le guitariste de Bad Religion, qui varie depuis quelques années les plaisirs, des plus hardcore et métalliques (Converge, Every Time I Die, Parkway Drive, The Ghost Inside), aux plus power-pop, rock et non-violents (Hot Water Music, Motion City Soundtrack, Weezer...).

L'expérience aidant, l'écriture a changé (l'époque aussi), et les natifs de Winnipeg savent mieux que jamais distiller leur énergie de manière à obtenir l'album qu'ils recherchent, à savoir un cocktail assez incendiaire d'ex-street punk métallisé et de power-rock mélodique gorgée de fougue assez juvénile, preuve qu'ils n'ont rien perdu (ou si peu) de la sève punk qui coulait dans leurs veines au début de leur histoire commune. Les puristes diront que tout cela a bien (trop) changé, mais en même temps, faire et refaire six fois le même album, quel intérêt ? Surtout quand on sait balancer des titres du calibre de l'excellent "Note to self" ou du survolté "Devil's creek" en passant par le très (très) énervé "Rattan cane" (en live, ça doit gentiment dégoupiller dans les premiers rangs). On se surprend parfois à voir les Propagandhi œuvrer sur un registre aussi viril, pour mieux replonger quelques instants plus tard dans leurs jeunes années avec du pur punk-rock des familles lestés par quelques bordées de heavy metal qui tronçonne ("Hadron collision", "Cognitive suicide", "Dark matters").

Punk (rock) dans l'âme, Propagandhi ne change pas réellement dans les intentions, expédiant les torpilles ("Status update", "Things I like") pour mieux museler la concurrence comme la critique dès lors qu'il s'agit pour eux de varier un peu les plaisirs sonores, avec au choix un "Unscripted moment" excellemment bien troussé. Et tant pis ça ne plait pas ou plus au pseudo-vrais (Die-Hard)core Punk de la préhistoire, ceux-là même qui suçaient encore leur pouce quand les Propagandhi envoient déjà la sauce. En attendant, "Lotus gait" expédie bruyamment son quota de décibels syndical sans ciller et les gaziers finissent le travail sur l'excellent climax de ce Failed states ("Duplicate Keys Icaro (An Interim Report) "), en s'offrant un dernier tour de piste plutôt bien ficelé. Une belle conclusion pour un album presque meilleur qu'attendu. Parce que non, ces mecs-là ne sont pas (encore) trop vieux pour ces conneries.