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Progstone nous vient des Alpes suisses, de Martigny pour être précis, mais les montagnes n'ont pas empêché la déferlante grunge dans les années 90 ou l'envoi de bandes outre-Atlantique en 2013. Après une démo éponyme en 2011, le quatuor a enregistré un EP (In the wild en 2012) pour se faire davantage connaître et appréhender au mieux le studio qu'il a réinvesti (celui de Sion) avant de laisser le soin à Howie Weinberg (Nirvana, MetallicA, RHCP...) de masteriser cet album mixé à Seattle (dans un endroit cher à Pearl Jam, Alice in Chains, Soundgarden...). Julien (chant, guitare), Alban (guitare), Eric (basse) et Yohan (batterie) ne cachent pas leurs influences et les expriment totalement sur Out from there qui est sorti chez Chamosound Records.

Progstone / Chronique LP > Out from there

Progstone - Out from there Les Progstone sont de grands admirateurs des maîtres du grunge mais nous sommes en 2014 et sortir un disque "crasseux" n'est pas dans la mentalité suisse, la production et les sons sont donc aussi impeccables que les rues helvètes, pas question de laisser traîner quelques saletés, c'est donc plus naturellement vers Pearl Jam ("Inner fire", "Bark of time") ou Creed ("Alone together") qu'il faut se tourner pour pointer une référence plus précise. Les amateurs du genre pourront les ajouter dans ce tiroir avec les plus récents Alter Bridge voire carrément Stonedrive ou Evenline. Avec un son "moderne" et une voix qui ne cherche pas à en copier une autre, Progstone évite pour autant les comparaisons trop prononcées et sort son épingle du jeu avec un album très agréable à écouter.

Variant les rythmes entre la balade chaleureuse et la rock song de bucherons aux relances métalliques, les suisses alternent les tempos et par la même occasion les ambiances, passant allégrement du mode grand frère réconfortant à celui de grand frère vénèr. Dans ce dernier cas, l'intonation générale oscille parfois davantage entre le stoner (pas prog du tout) et un bon vieux hard rock ("The thin red line" par exemple) s'éloignant du modèle de tranchant qu'est Alice in Chains. Progstone peut être lourd et rapide mais ne semble pas agressif, les titres ont du poids mais pas spécialement de mordants, c'est peut-être là-dessus qu'ils peuvent d'ailleurs progresser, si le chant élargissait un peu son spectre pour être plus proche des envies d'en découdre des guitares ("Turning down the light"), le groupe gagnerait certainement en accroche et perdrait ce côté lisse amplifié par la prod.

Il n'en reste pas moins que les Octoduriens réalisent une belle sortie de leurs alpages avec Out from there, un album très facile d'accès et au fort pouvoir accrocheur malgré son manque d'aspérité.