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On ne sait pas grand chose de Powell, et pour cause, le groupe n'est même pas formé depuis trois ans. On peut juste réveler que le groupe est composé de quatre musiciens, qu'ils sont fans de Fugazi et autres Karate, et qu'en 2004, les gars du Mans ont sorti leur premier 6 titre intitulé November Landscape avant de nous offrir un an plus tard l'excellent Hundred miles and caffeine...

Powell / Chronique LP > Silent clashes


powell_silent_crashes.jpg Entre Quicksand et Shellac, à l'intersection de Refused, Chokebore et Fugazi, juste au coin de Biffy Clyro, tout près de Favez et un peu moins des Rage Against the Machine, il y a donc Powell, dont le premier album, finement intitulé Silent clashes vient balancer son venin dans les bacs de toutes les bonnes crêmeries, à peine la rentrée digérée... Après une intro assez oubliable et donc rapidement digérée, on est d'entrée sous le feu nourri des riffs assassins, de mélodies rock furieuses et d'accents noise-hardcore à couper au couteaux. "Room 65" fout le feu aux enceintes et il ne faut que quelques minutes pour que l'on cède sous la puissance d'un groupe qui joue avec ses tripes. L'éléctricité est dans l'air, la tension permanente et Powell nous assène uppercut sur uppercut, riff sur riff avec la même rage difficilemment controlable et brute de décoffrage. En témoigne notamment le hit "Bad loser" exécuté le mors aux dents façon Rage Against the Machine de retours après dix ans purgatoire sous l'administration Bush. Résultat : ça gueule, ça gueule et ça gueule... ah si, ça envoie du décibel aussi et ça pulvérise les tympans fragiles. On prend la déflagration en plein dans les gencives et le pire, c'est qu'on en redemanderait... addicts que nous sommes.
Power rock aux fulgurances émo, le son de Powell est d'une limpidité extrème. Prod nickel chrome, instrumentations salvatrices, mélodies vissées aux guitares et section rythmique qui envoie du petit bois, le groupe livre avec Silent clashes, un album qui alterne avec un sens aigû du riff qui fait "mâle", les passages les calmes et apaisés avec ceux plus punk et ravageurs. Après une mise en route solide et sévèrement burnée, place maintenant au single. Ainsi soit-il, ce sera donc "The end of me", cinquième piste de Silent clashes avec sa mélodie ultra accrocheuse et ses guitares tranchantes. Un single : un tube et 4'37 de pur bonheur sauvagement rock. Difficile de s'en remettre ? Pas sûr, surtout quand Powell a encore sous le bras des morceaux de la trempe de "Sideways" et "Foolishness". Le groupe a les dents longues et l'appétit féroce..., en témoigne le noisy et sulfureux "The man who'd never cried" chargé de conclure (tâche dont il s'acquitte fort bien) ce Silent crashes. Alors avec le talent qui est le sien, le groupe a sans doute les moyens de mettre à ses pieds le public rock hexagonal, et même au-delà. C'est bien là tout le mal qu'on souhaite à Powell, parce que pour le reste, c'est déjà fort... très fort.

Powell / Chronique Split > Split Clumsy / Atomic Garden / Powell / Down to Earth

Split Clumsy Atomic Garden Powell Down to Earth Matt showman est un personnage attachant. Capable du meilleur comme du pire. Le pire, c'est par exemple de supporter l'AJA les soirs où ça barde à Bollaert (méga private joke, désolé mon pote !). Le meilleur, c'est certainement son label, Yr Letter Records, qui en guise de deuxième référence, nous balance un très bon split-compil' de quatre groupes, avec dix sept chansons au compteur.

Tous acteurs de la scène indé française, notre lecteur assidu retrouvera les excellents Down to Earth et non moins performants Powell qui n'en finissent pas de séduire votre serviteur. Bonne occasion de découvrir des inédits de ces deux groupes, et de faire connaissance de Clumsy (qui a aujourd'hui splitté, mince) et Atomic Garden. Et c'est avec ces deux groupes que le disque démarre. Quatre chansons pour Clumsy dans un style émo pop rock au chant un peu plaintif. Pas forcément ma tasse de thé à la base, même si je suis agréablement surpris au final. "Wild dog" joue dans un registre punk crassouilleux, "Riot inside" et ses guitares résolument rock 'n' roll font mouche, "Parts of me" et ses riffs Second Rate-iens est bien ficelé, et "We don't need hope" est un titre dit "émo" très agréable à écouter. Au final, quatre titres bien branlés, une prod au niveau assez convaicant et un quatuor énergique bien inspiré. On reste dans le même style avec Atomic Garden, toutefois plus à mon goût. Parlons en du goût. Le chant d'Arno me correspond plus dans le style pratiqué par les Atomic qui jouent un peu plus vite et un peu plus fort que les précédents. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Ainsi, "Dancing on wallstreet" est une bonne entrée en matière, rythmes soutenus, puissance du tout avec une deuxième partie de morceau un peu plus lourd. "Silent Warning" est encore plus dans mes cordes, punk rock rentre dedans entre Flying Donuts et Sexypop. Excusez du peu. Du coté d'Atomic Garden, ça mélodise, ça pulse et ça le fait. Bon, ils ont pas inventé la poudre, mais ce n'est pas ce qu'on leur demande, et tant que c'est bien fait, c'est le principal. "Gemini" empreinte lui aussi ses saveurs bisontines de Second Rate, ce qui me fait plaisir, vous vous en doutez. Comme Clumsy, Atomic Garden est un groupe de qualité qui manie efficacement le sens du rythme, de la mélodie et de l'accord bien fait. "Modern circus" achève le cycle Atomic avec encore un titre rentre dedans vraiment bien fichu. Assurément la bonne surprise du split. Plage neuf à douze, place à Powell. Chouette. A l'instar de Hundred miles and caffeine, on rentre tout de suite dans l'univers des Manceaux, un univers bien à eux, touchant, affectueux et bouleversant. "Amnesia in america" ouvre le bal, prod énorme, morceau énorme même si le chant hurlé n'est pas mon kiff premier. Le calme avant la tempête, la modération avant la déflagration, tout y est présent. "My living space is my memory" emboite la pas. Basse présente, guitares saturées, batt' bien en place, mixez le tout et obtenez encore une perle. Un punk popy bien à eux, où le rock fait des incursions remarquées. "Temper" viendra ensuite vous glacer le sang avant de vous emmener dans la folie. Powell est une machine à faire fonctionner vos émotions. Mon préféré des quatre titres reste tout de même "Angel on earth", que je n'arrive pas à décrire tellement il fait du bien par où sa passe. Confirmation du talent de Powell à travers ces quatre ovni, du très bon, que du très bon.

Pour l'instant, trois bons groupes sur ce split, aucune erreur de casting, et on doute fort que ça se termine en queue de poisson. Down to Earth va aligner cinq titres privilégiant la puissance et la mélodie. Certainement le groupe appliquant un style punk rock bien énergique qui me correspond bien en ce moment. Pas de détail avec "Blossom", titre ultra dynamique et mélodique à souhait. "Emerger" joue lui aussi dans le registre 'guitare tranchante', un empruntant toutefois un peu plus de rythmes lourds. s'ensuivent "End all" et "Story of my boss" qui ne dérogent pas à la réputation du groupe. Seul "Sea sill", clôturant ce disque, se démarquera en nous balançant des rythmes ultra lourds, pesants et malsains, une autre facette de Down to Earth qui n'est pas habituelle. Belle surprise en tout cas. Au final, quatre groupes de qualité, avec comme point commun l'amour du rock. A supporter au sens noble du terme. Et bravo à Matt. On peut avoir des gouts de chiotte footballistiquement parlant, et avoir de beaux projets musicaux !!!

Powell / Chronique EP > Hundred Miles and Caffeine

Powell : Hundred Miles and Caffeine Tout chroniqueur vous le dira, il y a parfois l'angoisse de la page (web) blanche. Non pas que le disque qu'on a à ce moment là dans les oreilles ne mérite pas quelques lignes écrites par un musicien refoulé contraint d'exprimer sa passion par la construction de phrases parfois sans interêt. Pas du tout. Dans mon cas, c'est exactement le contraire. Vous parler du six titres de Powell n'est pas chose aisée car j'ai "peur" que mes mots ne décrivent intensément et comme ils se doivent ce joyau qu'est Hundred Miles and Caffeine. J'ai beau écouter, réécouter et réréécouter de disque, je ne lui trouve aucun défaut. Aucun. Tout est mesuré, chaque mélodie est explorée jusqu'à l'extrème, chaque riff punk pop est exécuté avec talent, bref, chaque morceau est une ôde à la finesse, à l'énergie, à la puissance et à la délicatesse. Et je pèse mes mots. "Tension", premier morceau, porte bien son nom, avec une basse hypnotique bien rendue par la batterie, les guitares sont tranchantes et la voix est à la limite de la folie. Inquiétant. Puis ce refrain qui déboite tout, du punk pop génial, le tout matiné de noise et de rock tendu. Puis, comme si de rien était, "Pylon" débarque. Morceau mélancolique sans tomber dans le grotesque, voix grave, une minute trente secondes dans la pure tradition Sexypop, puis tout s'enchaine, les accords en tierce défilent, c'est du grand art. Mais tout celà ne représente plus rien pour moi quand s'annonce "20 seasons. 1 day". Cette chanson mérite d'être entendue par tous, et je donnerai tout pour voir vos réaction alors que les arpèges de guitares démarrent et que les voix à vous glacer le sang font leur apparition. Moi, à chaque fois, j'en suis tout retourné. Soyez en sur, ça vaut le détour. Alors qu'on s'achemine vers un morceau pop(re), la folie fait son grand retour sur fond de grosses distortions et d'émotions non contrôlables. Magnifique, tout simplement. Difficile de s'en remettre totalement, même si "New Day", single parfait accessible à tous avec ses mélodies accrocheuses et son rythme rock encore une fois à classer dans la même catégorie de Sexypop est génial. (la voice est très proche de Pier, et en connaissant l'organe du gugus, c'est plus qu'un compliment !). Cinquième chanson, la fin est proche, raison de plus pour apprécier une fois de plus la prodigieuse efficacité des compos où rien n'est à jeter. Bon, on est loin du festif mais paradoxalement, ce mini album me donne une pulse énorme, tellement il éveille tous mes sens. "Rachel" achève le skeud, mix parfait entre la noise, le punk speed et les accords rock, et toujours ces voix envoutantes.
Finalement, j'aurai réussi à tenter d'accoucher sur papier numérique mes sensations accumulées tout au long de ce 6 titres (qui en comporte finalement 7 quand on laisse défiler la dernière piste). J'espère que Powell m'excusera de ne pas pu avoir su aussi bien jongler avec des mots qu'eux ont pu le faire avec leurs partitions. Peut être qu'un "merci" suffira à me dévoiler totalement. Alors, merci...