powell_silent_crashes.jpg Entre Quicksand et Shellac, à l'intersection de Refused, Chokebore et Fugazi, juste au coin de Biffy Clyro, tout près de Favez et un peu moins des Rage Against the Machine, il y a donc Powell, dont le premier album, finement intitulé Silent clashes vient balancer son venin dans les bacs de toutes les bonnes crêmeries, à peine la rentrée digérée... Après une intro assez oubliable et donc rapidement digérée, on est d'entrée sous le feu nourri des riffs assassins, de mélodies rock furieuses et d'accents noise-hardcore à couper au couteaux. "Room 65" fout le feu aux enceintes et il ne faut que quelques minutes pour que l'on cède sous la puissance d'un groupe qui joue avec ses tripes. L'éléctricité est dans l'air, la tension permanente et Powell nous assène uppercut sur uppercut, riff sur riff avec la même rage difficilemment controlable et brute de décoffrage. En témoigne notamment le hit "Bad loser" exécuté le mors aux dents façon Rage Against the Machine de retours après dix ans purgatoire sous l'administration Bush. Résultat : ça gueule, ça gueule et ça gueule... ah si, ça envoie du décibel aussi et ça pulvérise les tympans fragiles. On prend la déflagration en plein dans les gencives et le pire, c'est qu'on en redemanderait... addicts que nous sommes.
Power rock aux fulgurances émo, le son de Powell est d'une limpidité extrème. Prod nickel chrome, instrumentations salvatrices, mélodies vissées aux guitares et section rythmique qui envoie du petit bois, le groupe livre avec Silent clashes, un album qui alterne avec un sens aigû du riff qui fait "mâle", les passages les calmes et apaisés avec ceux plus punk et ravageurs. Après une mise en route solide et sévèrement burnée, place maintenant au single. Ainsi soit-il, ce sera donc "The end of me", cinquième piste de Silent clashes avec sa mélodie ultra accrocheuse et ses guitares tranchantes. Un single : un tube et 4'37 de pur bonheur sauvagement rock. Difficile de s'en remettre ? Pas sûr, surtout quand Powell a encore sous le bras des morceaux de la trempe de "Sideways" et "Foolishness". Le groupe a les dents longues et l'appétit féroce..., en témoigne le noisy et sulfureux "The man who'd never cried" chargé de conclure (tâche dont il s'acquitte fort bien) ce Silent crashes. Alors avec le talent qui est le sien, le groupe a sans doute les moyens de mettre à ses pieds le public rock hexagonal, et même au-delà. C'est bien là tout le mal qu'on souhaite à Powell, parce que pour le reste, c'est déjà fort... très fort.