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Pord voit le jour en 2002 depuis le fin fond de sa Lozère natale (oui vous avez bien lu... la Lozère). Là bas, comme on s'ennuie quand même pas mal, pour éviter la déprime, rien de mieux que composer un petit trio basse/batterie/guitare et d'envoyer du gros son. De toutes les façons, la Lozère, c'est le quart-monde (ça va on plaisante) donc à part deux vaches laitières, on ne dérange pas grand monde. Dès janvier 2003 le combo entre en studio pour accoucher d'un premier album, N'importe où (référence à leur région natale ?) puis perd son bassiste, rapidement remplacé par Max. Alors que les premières répétitions sont avalées à un rythme effréné c'est au tour de Matthieu, le gratteux, de disparaître dans la nature (la Lozère toujours...). Seb, batteur-fondateur et seul rescapé du naufrage, auditionne et conclue l'affaire rapidement en recrutant Mike et Djé, respectivement guitariste et... guitariste. Deux ans s'écoulent avec une vingtaine de concerts, principalement régionaux, reprenant le répertoire de l'album.
En avril 2006, nouveau changement de line-up avec le départ de Djé. Pord redevient un trio. Retour à la case départ. Au départ metal rock progressif, le groupe change alors de registre, trouvant désormais son exutoire dans une musique, plus lourde, plus noise, plus brute de décoffrage. Une démo voit le jour en 2008 suivie de toute une série de concerts. En 2010, le groupe prévoit de sortir un split vinyle avec Xnoybis et a un projet d'album dans les cartons.

Pord / Chronique LP > Wild

Pord - Wild Première réaction à l'écoute de Wild de Pord : "putain de bordel de merde" (oui, quand je suis content, je peux être d'une trivialité débordante...). Car si on savait déjà que Pord avait mis la main sur un baril de poudre avec l'excellent Valparaiso, on ne les imaginait pas revenir à un tel niveau avec Wild. Cette fois-ci, c'est sur, le trio est détenteur des clés de la Sainte-Barbe et revient avec 7 titres totalement ravageurs. 7 pistes, ça paraît court comme ça mais ce n'est absolument pas révélateur de la densité de l'album qui mettra à genoux même l'auditeur le plus réticent au genre. Et le genre, bah c'est foncièrement noise. Mais pas seulement, sinon ce serait trop simple.

Dès le premier titre, "Staring into space", c'est la boucherie noise sous influences Amphetamine Reptile : la basse entame les "noise-stilités" puis la batterie et la guitare viennent se tailler la part du cake pour incontestablement asseoir la domination sonore. Une entame d'album carnassière et jouissive qui place d'emblée le niveau très haut. Sauf que la seconde piste, "I'm swimming home", surpasse encore la précédente : une intro' quasi classic-rock (j'ai presque envie de citer Led Zep'...) et un morceau qui joue avec les nerfs, multipliant les cassures rythmiques jusqu'à ce break cinglant et ce final explosif. Mortel de chez mortel. Le reste, c'est aussi de la balle : Pord étire son propos, multiplie les coups de butoir sans pour autant faiblir ni laisser entrevoir ne serait-ce que l'ombre d'un ventre-mou. A ce titre, "On the couch", le dernier morceau, fait figure d'expérience paroxystique avec ses 11 minutes qui commencent le couteau entre les dents puis après une subite coupure, change nettement de tonalité et t'emmène très loin, très très loin avec une digression quasi post-noise-rock : ou comment pervertir sa propre formule pour mieux la sublimer. La classe encore une fois.

Histoire d'être complétiste et me la raconter un peu, les derniers disques noise-rock qui m'ont refilé cette exaltation auditive, c'est le Songs to defy de Doppler et le At the corner of the world de Conger ! Conger !, c'est dire s'il y a du level sur Wild. Vivement le live où le groupe a une réputation pas piquée des vers : les spectateurs présents à la dernière sauterie du label Rejuvenation Records à Paris ont encore les oreilles qui bourdonnent. Wild est disponible via le sémillant label Solar Flare Records (Pigs, Sofy Major, The Great Sabatini...) qui a totalement fait sienne l'expression "avoir le nez creux" en ce qui concerne ses multiples sorties.

Pord / Chronique LP > Valparaiso

Pord - Valparaiso Ils s'y sont mis à cinq au total pour sortir ce Valparaiso : Rejuvenation Records (Kimmo, Revok, Silent Front), Contreplaqué (Shub), Gabu Asso (Monsieur Brenson), Ocinatas Industries (Think Kastendeuch) et Prototype Records (Chère Catastrophe, Stuntman, Xnoybis). Rien que ça oui, mais à la vue de la bestiole, ça en valait quand même foutrement la peine. Car, Pord, souvenez-vous, on avait parlé de leur toute première démo, [depuis ils ont publié un split avec Xnoybis qui nous a honteusement été snobé mais c'est une autre histoire] et bien devinez quoi ? Ils reviennent. Oui en même temps, sinon cette chronique ne servirait à rien (ce ne serait pas la seule, OK... vous pouvez envoyer les vannes).

Noise(core) à tendance hardcore power-burné qui nous arrive dans les tuyaux par pack de douze, les guitares qui tronçonnent, les amplis qui bourdonnent, Pord tranche dans le gras d'entrée de service et ne sert que le meilleur de ce qu'il en stock (les excellentes mises en bouche "Brenda's sheets", "Cookies & well wishes"). Au rayon boucherie "j'en ai un peu plus je vous le mets quand même", le trio aligne les morceaux de choix sur la platine et nous derrière, on passe à la caisse. Les guitares sont aiguisées comme jamais, l'envie de charcuter les tympans est omniprésente et petit plaisir supplémentaire, on l'a déjà entre-aperçu précédemment mais les titres de morceaux sont assez "savoureux" ("Last night I dreamed I gave Audrey Hepburn a foot massage", "1 litre 1 jour", "Jouvence de l'Abbé Moreau"...). C'est donc fun, électrique, rentre-dedans et carrément jouissif.

Un mélange de noise, de hardcore rock et de punk qui prend aux tripes, des ralentissements bienvenus qui calment de temps en temps le jeu entre deux montées en première ligne, histoire de digérer un peu, Pord livre l'album que l'on attendait de lui, intense, ravageur et immédiat. Une volée de tubes noise-hardcore carnassiers qui mettent les guitares dans le rouge et conclue les ébats en laissant l'auditeur hagard, les enceintes encore fumantes...

[fr] Ecoute Valparaiso: Bandcamp (26 hits)External ]

Pord / Chronique EP > Pord

Pord Noise rutilante et HxC venimeux, avec Pord, on n'a pas le temps de se demander si c'est du lard ou du cochon (facile...) que déjà les guitares viennent nous découenner les tuyaux à coups de riffs abrasifs et de déflagrations sonores du genre frontales. Chez eux ça ne traine pas et le disque est aussitôt entamé que nos écoutilles passent déjà à la rôtissoire (rôti... porc... voilà...). A peine à table et déjà la "Bave" aux lèvres se transforme en acide et laisse présager un menu qui s'annonce plutôt âpre. Un premier titre frondeur aux effluves punk hardcore qui tranchent dans le lard (désolé mais on écoule le stock là...) et 4'40'' de démonstration plus tard, Pord enfume l'assistance (lard fumé... tout ça...) histoire de mettre tout le monde d'accord. Une pugnacité de tous les instants, les Lozérois envoie du gras dans les enceintes et ne font toujours pas dans la douceur. Assez symptomatique de l'envie du groupe d'en découdre, la paire de titres "Staying..." (alive ? [note de l'auteur : promis j'arrête après ça]) / "... here" ne fait qu'accroître ce sentiment d'urgence exhalé tout au long de l'EP.
Batterie opiniâtre dans le martèlement forcené des fûts, des cris, des cris et encore des cris, mais surtout cette noise, mouvante et lysergique qui s'insinue en nous, pour s'emparer de notre esprit... et ne plus jamais relâcher son emprise : la recette est implacable. Power-trio au format sommes toutes très classique : guitare/chant + basse + batterie, Pord met énormément d'énergie dans ses morceaux, ce qui a pour incidence directe que l'on oublie complètement qu'ils ne sont que trois. Et pourtant. Bruyant et corrosif, le groupe secoue violemment l'auditeur, on se dit quand même que ces mecs-là doivent valoir le détour en live ; et pour mieux nous conforter dans cette idée, ceux-ci rallongent alors les formats de leurs morceaux et nous envoient dans les tympans deux titres d'un pur condensé de noise stridente, de silence absolu (si si) et de post-HxC sous sédatifs dépassant chacun la barre des dix minutes. Deux friandises supernoïsiques ("Klone" et "A wednesday in the dark") à travers (de porc... souriez par pitié...) lesquels, les gaziers démontrent encore une fois toute la verve électrique et incandescente de leur musique... qui fonce droit dans le tas, les nerfs à vif, toujours sur le fil du rasoir.