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Biographie > Post-rock normand à l'éclat de porcelaine

Originaire de Normandie, les quatre membres de Porcelain ont roulé leur bosse dans différentes formations locales telles que Bakéa ou Mayflower pendant plusieurs années avant de former le groupe qui nous intéresse aujourd'hui. L'entité Porcelain est, quant à elle, née dans le courant de l'année 1999. Au départ, duo composé de François et Nicolas, Porcelain enregistre l'année suivante une première démo quatre titres, avant d'être renforcé par l'arrivée d'un bassiste (Yvan) puis celle d'un batteur (Jérémie).
Dans le cadre d'une collaboration avec le photographe David Barriet, le quartet enregistre alors un morceau intitulé "Cymbeline", avant de retourner en studio pour mettre en boîte les dix titres de ce qui sera son premier album, un disque intitulé I've got a really important thing to do right now but I can't do it cause I'm asleep (oui, quand c'est trop court, c'est pas marrant.). En 2005, Porcelain assure notamment une première partie pour Tom McRae et sort son deuxième opus au titre bien trop court (sic) Me and my famous lover via le jeune label Drunk Dog Records (HitchcockGoHome!, SZ).

Porcelain / Chronique LP > Adios Betty

Porcelain - Adios Betty Depuis l'automne 2005, date de sortie de son deuxième album, Me and my famous lover, Porcelain s'est fait assez discret. On avait vaguement évoqué une séparation avec le label Drunk Dog Records (Cvantez, HitchcockGoHome!, My Broken Frame, SZ...) mais finalement, après trois ans et demi de silence discographique, c'est toujours sur la même structure que les Normands sortent leur troisième opus, un disque qui marche un un virage artistique dans leur trajectoire discographique. Son titre : Adios Betty.
Là où Me and my famous lover dévoilait un artwork élégant et mystérieux, ce nouveau disque déçoit de ce point de vue. Mais ce sera bien là l'une des seules fautes de goûts de le nouvelle cuvée made in Porcelain. Dès "Tambourine" et ce, jusqu'à "What lovers might say", le son pop-rock aérien et synthétique du quartet semble naviguer à vue entre ballade enfiévrée et pop-song électrique, le tout avec un naturel confondant et une écriture savamment ciselée ("The modern age"). Des compositions toute en retenue ou plus aventureuses ("Walk me back", "Spectacular"), le groupe délaisse les touches post-rock entrevues sur Me and my famous lover pour délivrer un rock aux textures pop endiablées et très anglo-saxon dans l'esprit.
Plus chanté, tout aussi enchanteur ("Something beautiful"), le nouvel album des quatre Normands laisse parler le naturel d'un groupe qui ne se pose aucune question, qui a décidé d'évoluer et de faire murir sa musique quoiqu'il en coûte. Quitte à perdre quelques admiratrices énamourées pour en gagner de nouvelles. Peut-être qu'elle est là d'ailleurs la Betty du titre de cet album dont on se demande parfois s'il n'a pas été écrit de l'autre côté du Channel. D'ailleurs vous la connaissez vous la différence entre un groupe de rock anglais et Porcelain ? La Manche...

Porcelain / Chronique LP > Me and my famous lover

Porcelain - Me and my famouse lover Deuxième effort du groupe après un premier album sorti en 2002, Me and my famous lover marque le retour des quatre normands de Porcelain sur le devant de la scène. Un album divisé en deux parties, respectivement de six et quatre titres tantôt atmosphériques, très ambient, tantôt plus rock, la musique du groupe demeurant tout au long des dix titres de cet album empreinte d'une poésie apaisante et de touches éléctro originales.
Malgré les qualités intrinsèques du groupe pour composer des morceaux mélodiques à souhait et riffs puissants et inspirés, Me and my famous lover reste un album un peu inégal. La faute sans doute à un début poussif plombé par les samples vocaux lassant à la longue des deux premiers titres de cet album "Encore" et "Adélaïde". Rageant, d'autant que les parties instrumentales du premier morceau sont particulièrement réussies.
Porcelain se rattrape avec "Fifteen minute glory", un titre aux influences rock et post-rock inspiré par le chant des sirènes et les envolées de guitares massive à la manière d'un Explosions in the Sky. Enchaînant sur "Marion is rock is marion", le quartet normand laisse un peu l'auditeur sur le bord de la route avec un titre un peu abscons qui contraste avec les précédents.
Atmosphère irréelle, c'est un sentiment latent de plénitude qui nous envahit tout au long de "Found", un morceau contemplatif et hypnotique inscrit dans une recherche d'absolu. Une quête initiatique qui se poursuit avec l'aérien "Elegy", un titre qui termine la première partie de Me and my famous lover en faisant écho au travail de groupes tels que Emery ree ou Lemko hall.
La puissance destructrice de "Good morning rock star" qui ouvre la seconde partie de l'album marque le retour du post-rock massif dans la musique de Porcelain, notamment avec le final du morceau, un crescendo interminable, apocalyptique et saturé d'anthologie et de près de deux minutes. Exit les envolées de guitares, les petites merveilles de retenue que sont "My shame" puis l'éponyme "Me and my famous lover" versent dans une post-pop céleste et fascinante qui nous emmènent doucement jusqu'au titre final de l'album : "Erase me".
Un dernier morceau à l'intro post-punk efficace et qui se poursuit dans sa seconde partie sur une plage mélodique de près de quatre minutes, un rêve éveillé qui conclue à merveille un album hétérogène, imparfait mais en même temps très riche et fouillé. Au milieu de titres difficiles à cerner, quelques petite perles post-rock qui en appèlent sans doute d'autres.