Polar For The Masses - Silence Un delay de guitare incoercible à la Tom Morello en fond, la basse prend le dessus, la batterie se pose sereinement, le nouveau Polar For The Masses démarre avec la sobre et timide "Consequences". Ainsi est lancé le troisième album des italiens qui, avec l'agréable Blended, ont su se faire un petit nom dans l'abondante liste des formations à suivre de la scène rock européenne. De nouveau enregistré au Red House Recording Studio avec l'expérimenté David Lenci, Silence surprend, de prime abord, par sa capacité à jouer sur différents tableaux. Là où son prédécesseur cherchait très souvent la voie du riffing rock nerveux, ce petit nouveau vient relativement calmer les ardeurs et du coup équilibrer la balance. En laissant respirer et en imposant ses morceaux d'obédience post-punk ("Ignorance") et rock plus traditionnel ("Sailing away"), mâtiné d'un esprit garage par moment ("The last man" aurait pu être une chanson composée par Jack White (The Whites Stripes et autres The Raconteurs)), Polar For The Masses gravit une nouvelle étape dans son parcours artistique. Les italiens prouvent une nouvelle fois qu'ils ne se sont pas reposés sur leurs lauriers, toujours avec cette rigueur indiscutable. A défaut de nous mettre une baffe, le trio préfère assurer l'essentiel en variant chansons dynamiques prédisposées au dandinement ("Rust", "U.T.W.") et morceaux plus étirés où peuvent s'exprimer les différents éléments instrumentaux et un exercice de double-voix qui ajoute une couleur non négligeable à ce Silence. Seule "Guilty" et sa power-pop émo de choix vient contrecarrer l'ensemble pour finir ce disque qui, il faut bien l'avouer, subit un démarrage assez poussif. Là où certains auraient déjà lâché l'affaire, ces 8 titres se doivent d'être complètement digérés par un nombre d'écoutes suffisant pour pouvoir être appréciés à leur juste valeur. Bon mais pas top, donc.