PoiL - Sus PoiL a fait son retour en avril dernier avec un quatrième album nommé Sus (jeux de mots interdits, merci) qui rend hommage en musique à l'Occitanie et à quelques-uns de ses poètes que sont Max Rouquette et Théodore Aubanel. Je préviens tout de suite, il ne s'agit pas de musique occitane. PoiL est toujours ce trio qu'on pourrait qualifier, de manière paresseuse, de "math-rock". Loin d'être des manches, Antoine, Boris et Guilhem sont plus proches de l'école de jazz que du punk-rock, bien que par moments, la frontière soit très mince ("Sus la peira"). Il est toujours très difficile de parler de leur art tant ses géniteurs ne balisent pas leur style rempli de polyphonies vocales, de contrepoints et de ces bizarreries mélodiques inquiétantes. Sus est un patchwork bien organisé de mouvements autant brutaux que décalés, tout en accueillant des moments plus paisibles ("Lo potz") qui, sans vous le cacher, font un bien fou en nous permettant de respirer avant que la tempête reprenne ses droits. Composé de deux pièces de vingt minutes réparties en cinq chapitres/plages, Sus, c'est cette petite gratification, ce trésor caché qu'on n'ose pas trop présenter à ses amis non-initiés, de peur d'être traité de taré et de devoir se justifier, mais pour lequel on prend un malin plaisir à écouter (souvent seul, car cette musique est prédisposée à un plaisir solitaire), même si on n'est pas sûr de tout comprendre.