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Entre pop intense et rock des plus déluré, entre instant de pur rock'n'roll et introspection mélancolique, PJ Harvey balance son blues sans détours. Les sentiments avant tout, c'est le cœur qui parle et la guitare qui chante. PJ Harvey ne se présente plus, PJ Harvey et son blues de campagnarde qui pris une guitare dans les mains à 18 ans. Une voix extraordinaire, d'une sincérité touchante, des paroles très intérieures, une violence dans le calme et une libération dans le bruit, contraste et contradiction pourtant si naturelle. PJ Harvey qui a influencé nombres d'artistes comme Skirt, ou Dolly. Entre amour, guitare saturée, piano synthétique, textes organiques, voix étincellante, PJ Harvey bouleverse les âmes et comble les esprits.

PJ Harvey / Chronique LP > Stories from the city, stories from the sea

PJ Harvey : Stories From The City, Stories From The Sea Après une longue période d'absence, PJ Harvey revient enfin avec son blues organique entre pop émo et rock épuré, Stories from the city, stories from the sea déboule avec sa touche caractéristique. "This world's crazy, give me the gun", "Big exit" commence bizarrement, un peu vieux synthé bancal, mais vite le groove l'emporte, grain de sable de guitare, roulement lointain de grosse caisse, rouleaux nuageux saturés, et PJ Harvey entre en scène, une voix toujours aussi étincellante qui sait se faire violence comme se faire rassurante. "Good fortune" et sa basse vibrante, ses arpèges de guitares, sa voix vacillante et sa rotation sur les ondes radiophoniques... A chaque écoute, l'angle n'est pas le même, les découvertes encore d'actualités, ici un synthé, ici une note cachée, une pêche de guitare, un overdub sur la voix. Le très pop "A place called home", se profile à l'horizon, une voix très aérienne, "There's no-one to blame", le soleil monte haut dans le ciel, rayonne sur un paysage esquissé par une guitare infatiguable, aidé par une basse grondante et un tambourin imperturbable.
On quitte les terres hautes, pour des contrées moins mainstream, descente intérieure, introspection sentimentale "Do you remenber the first kiss ?", souvenirs romantique et d'autres, plus douloureux, "One line" et ses chœurs légérs, magnifiques, douce augmentation de la densité du son, intensité en constant crescendo, l'espace devient plus organique, "And I draw a line, to your heart today", mise à distance lente et calme, douce lumière opaque, liquide amniotique, goût de larmes sur les lèvres, douce berceuse qui s'achève "You never left my mind". Etrange mix pour "Beautiful feeling", guitare très grave, chœurs très œcuménique, c'est Thom Yorke qui s'en charge encore, la pression devient plus présente et oppréssente,mais toujours contenue, comme un orage qui ne vient pas, qui garde en lui tout son potentiel dual, entre voyages et sentiments, "it's the best things, such a beautiful feeling".
Le très déjanté "The whores hustle and the hustlers whore" commence sur ce groove made in PJ Harvey, puis embraille plus serein avec voix + batterie, grand moment, reprise, basse saturée, violente, efficace, "little people at the amusement park", le refrain s'envole dans toute sa splendeur et la basse continue dans son registre saturée. Pause, longue, à la Silverchair, reprise a-capella, "Speak to me of heroin and speed", PJ Harvey monte en sentiments, la voix déraille une fois, deux, puis s'envole loin là-haut, pour le plus grand plaisir des sens. Guitare à la Radiohead, voix à la corde, Thom Yorke prend la direction des évènements, toujours aussi introspectif et introverti, soutenu par une PJ Harvey qui se prend à rêver la complémentarité d'un Radiohead féminin, Yin et Yang, le synthé ajoute aux mystères, "The city sunset over me", entre pêché et fusion, "The mess we're in". On a quelque peu reproché à cet album de PJ Harvey de manquer de profondeur, d'être moins intense que les précédents, cependant force est de constater qu'il est travaillé, même sur le très lent "You said something", les mélodies de guitares s'entrechevètrent, une cloche sonne doucement, montrant la richesse de l'ensemble. Très constraté "Kamikaze", "How could that happen ?", une guitare monstrueuse, un blues destructeur, "Beyond all my hopes", une guitare qui flingue, vibre et une voix qui s'en joue, entre aérien mélodique et violence aigüe, "Kamikaze", "You can't touch me", intensité maitrisée. Pop et réellement bon, "This is love" se chante sans limite, une voix granuleuse, qui avance sans relache, mène la danse, sème la trance, les arpèges se baladent nonchalamment, "I can't believe life's so complex", reprise feutrée, sublime, douce, chaleureuse, suave, claire, "You're my dirty little secret", montée très lente, crescendo intense, touchant, "This is love", une voix qui transporte insidieusement.
Maturité affolante pour "Horses in my dreams", construction simple et posée, lent mouvement interne, insertion méthodique des instruments, voix contrôlée "I have pulled myself clear", très reposant, très onirique. L'opus touche à sa fin, beat electronique interrogateur, un piano bien mieux, mélodie à 4 notes, une voix décalée, finalement un vraie batterie entre en jeu et la voix se dédouble, "You carried all my hopes, Until something broke inside", et un refrain très doux, "We float", qui prend la vie comme elle vient, le beat électronique devient partie intégrante de l'atmosphère qui se dégage lentement, lent dégazage de sentiments, libération de volonté, esprit zen et pensée positive cachée derrière. Même moins intérieur et profond, Stories from the city, stories from the sea se rélève néanmoins très riche et composés de nombreuses mélodies parfois très brèves, toujours entre ce blues sentimental et un rock bien senti., qui font de PJ Harvey, la grande PJ.