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Les Pissed Jeans sont nés en 2004 à Allenton en Pennsylvannie. Leur discographie est composé d'un premier album, Shallow, en 2005 via Parts unknown, un second en 2007 via le prestigieux label Sub pop (Hope for men qu'il s'appelle...) et un dernier album en 2009 intitulé King of jeans toujours chez Sub pop.

Pissed Jeans / Chronique LP > King of jeans

Pissed Jeans - King of jeans Pour les rockeurs qui ont vécu les années 90, difficile de se retrouver aujourd'hui dans la ligne éditoriale du prestigieux label Sub pop : beaucoup de musique folk à écouter au coin du feu, très peu de l'électricité qui a fait sa gloire d'antan malgré quelques soubresauts carrément bandants : l'excellent Lucky ones des toujours pas mort Mudhoney, le classieux Avatar de Comets On Fire et les merveilleux Pissed Jeans dont le dernier album, King of jeans, a de nouveau excité les neurones des nostalgiques englués dans leurs gouts musicaux d'adulescents. Car c'est, à priori, plutôt à ces personnes là que se destinent les Pissed Jeans au vu des influences du groupe : tu prends les Black Flag (un groupe de vieux...) et tu les enfermes dans une salle de répètes avec les Jesus Lizard (un autre groupe de vieux...) et tu obtiens un cocktail TNT : hardcore 80's+ noise 90's = apocalyspe sonore de 1er choix.
Sur les 12 titres que contient ce King of jeans, 12 titres sont des brulots incontestables : le riffing est enflammé, ça braille à mort (école David Rollins ou Henry Yow), la cadence est parfois-survoltée, l'ambiance totalement décadente à base de vomi éthylique et d'urine séchée. Le disque est loin d'être immédiat, notamment la voix qui s'apprivoise, et se mérite à la manière des influences citées plus haut. Un titre, un coup de poing dans la tronche, un autre, un coup de pieds dans les "testicouilles". Les Pissed Jeans font passer Danko Jones et cie pour une belle bande de sosie de Claude François, ce qui n'a fondamentalement rien de rock'roll. Le groupe se fait encore plus vénéneux et diabolique lorsqu'il ralentit le rythme comme sur "Pleasure race" où sent poindre un peu de Black Sabbath dans l'envie d'hypnotiser dans les atmosphères poisseuses. L'album atteint son paroxysme de la lenteur et du bonheur avec "Request for masseuse" et "Spent" : les vagues de décibels et le chant très incantatoire font des miracles dans l'oreille de l'auditeur. Le pied total dans King of jeans, c'est que lorsque le groupe ralentit la dynamique de cette manière, c'est toujours pour balancer une énième bombe noise-punk-hardcore'n'roll in your face la piste d'après, en l'occurrence "Human upskirt". La mécanique a été mainte fois utilisée mais elle fait encore des merveilles ici sur la longueur de King of jeans. Comble de l'ironie, avec une telle musique, tu te dis qu'elle vient de loubards-generation X qui en ont vu des vertes et des pas mures dans leurs vies : raté, ils ont tous des têtes de gentils garçons doctorants à la fac. Preuve encore une fois, que l'habit ne fait pas le moine et que beaucoup ferait mieux d'écouter de bons disques avant d'aller acheter un T-shirt Ramones chez H&M. S'il ne devait rester qu'un seul disque de rock'roll en 2009, ce serait celui-ci : King of jeans des Pissed Jeans.