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Biographie > The Pirate Bay ?

Originaire de Bristol, The Pirate Ship Quintet est à l'origine, soit en 2004 à l'époque de sa naissance, un... quintet (logique) devenu au fil des années et des agendas de chacun... septet (moins logique). Une formation qui emprunte autant à la mouvance post-rock qu'au screamo en passage par un socle classique très affirmé. En 2007, le groupe sort son premier effort, un EP éponyme qui voit le jour en CD et LP par l'intermédiaire du label Sound Devastation Records (Fall of Efrafa, Kongh, Nadja...). Un succès d'estime dans les sphères indépendante mais qui ne presse pas pour autant le groupe à enchaîner tout de suite sur un album. Si bien que malgré des dates régulières, il faudra attendre cinq années et une signature chez Denovali Records (Her Name is Calla, Heaven In Her Arms...) pour voir le groupe livrer son premier album long-format : Rope for no-hopers alors même que son EP inaugural (mais épuisé depuis) a droit à une réédition, également via Denovali.

The Pirate Ship Quintet / Chronique LP > Rope for no-hopers

The Pirate Ship Quintet Après un EP inaugural très remarqué par sa maîtrise formelle affolante et la relative originalité de son concept, The Pirate Ship Quintet aura mis cinq années pour donner naissance à son premier véritable album. Un disque au titre cinglant et lapidaire (Rope for no-hopers) qui n'est pas sans pourtant dissimuler quelques habiles paradoxes émotionnels. Car tout au long des cinq pièces, pour quelques quarante-huit minutes de musique, qui compose cet opus, le "quintet" anglo-saxons qui n'en est plus un (l'a-t-il un jour réellement été d'ailleurs....) puisque comptant en son sein pas moins de sept membres, manie le post-rock et la musique classique comme tant d'autres, mais avec une approche assez contemporaine et des éléments screamo qui confèrent à l'ensemble une aspérité troublante et une intensité habilement drapée sous un océan de minimalisme. Mais pas que...

De l'exclusivement instrumental et feutré "You're next" au très ténu "Doldrums" final, The Pirate Ship Quintet développe une musique à la sensibilité à fleur de peau, souvent d'une délicatesse infinie, mais parfois aussi parsemée de discrets mais bien présents éclairs screamo venant lacérer un ensemble jusqu'alors porté par une douce quiétude de façade ("Horse manifesto"). Les arrangements à cordes conduisent la mélodie, les harmonies s'enchevêtrent autour d'elle et ses fulgurances écorchées vives brisent cette fausse tranquillité apparente pour donner plus de corps et d'âpreté à un ensemble musical qui ne manque alors pas de personnalité. De petites touches jazzy qui viennent perler sur de longues intro, languissantes à souhait, une quasi monotonie qui vole de nouveau en éclats quand lentement mais sûrement, la musique abandonne la sérénité panoramique des débuts pour s'abandonner à une fièvre rock/screamo qui vient balayer les fausses certitudes un peu trop promptement assénées sur le cas TPSQ ("Dennis may time").

Une rage qui s'empare par instants de la partition, des larmes de chagrin qui coulent sur les archets, une rythmique qui s'efface, une guitare qui en fait de même ou à défaut reprend la direction de l'ensemble pour l'emmener dans des sphères post-rock littéralement extatiques. Malgré tout, Rope for no-hopers n'est pas toujours un album aisé à appréhender puisque derrière le mélange Blueneck meets Godspeed You! Black Emperor meets Envy ou Heaven In Her Arms, le groupe ne se laisse pas toujours approcher sans avoir au préalable pris son temps pour nous aiguiller dans différentes directions. Pour finalement laisser s'exprimer ses contradictions intérieures autant par la violence abrupte que la douceur ciselée de ses créations sonores ("That girl I used to live in"). Classe.