Pipi Tornado

Pipi Tornado / Chronique LP > Santa Cantina

Pipi Tornado - Santa cantina "Boum ! Paf ! Wizzz ! Waouh ! Grrr ! Hop ! Gniarg ! Kiss !". Comme Taz, le diable de Tasmanie des Looney Tunes, qui avait le don de tout éclater dans une bourrasque virevoltante déjantée, revoilà la version nationale, Pipi Tornado : une diablotine montpelliéraine accompagnée de ses acolytes, qui revient balancer une tornade musicale indéfinissable qui devrait inévitablement te secouer la couenne.

Après un premier EP éponyme sorti en 2022, Pipi Tornado, renvoie l'extra-balle avec Santa Cantina, nouvel EP de 6 titres qui reste dans la continuité du premier. Le quatuor qui aime la fusion, que ce soit dans les genres musicaux (rock, punk et pop) ou avec leur patronyme, Pipi Tornado, l'association entre la Fifi Brindacier en version original (Pippi Långstrump) et le cheval de Zorro. Un combo qui définit bien leur musique : la fougue d'un pur-sang combiné à une super héroïne punkette avant l'heure. Ça joue vite, ça dépote sec, ça déjante à tout va. Comme si Nina Hagen prenait les commandes de The Dickies. Pour apprécier les vocalises virevoltantes de la chanteuse Mélodie, tu pourras écouter "Uncle Myers" (mais elles sont combien dans sa tête ?), ou "Twista" pour l'accompagner sur les chœurs. Tu pourras aussi faire péter les violons vs une guitare metal sur "Whiskey sound". Et tu pourras même trouver un track un peu plus différent du style de Pipi Tornado, avec "Mouni Mouni", qui t'invite dans une ballade faussement calme aux accents lyrico orientalo metalliques (si si !). Une nouvelle facette du quatuor toujours aussi intéressante, qui ouvre peut-être vers de nouveaux univers pour une prochaine production. On espère, mais pour l'instant, savourons la Santa Cantina.

Publié dans le Mag #64

Pipi Tornado / Chronique EP > Pipi Tornado

Pipi Tornado - S/T Comme disait Martin, "I have a dream" : Je rêve de voir Julie Armanet, juchée sur son piano, en train de chanter en boucle pour la énième fois son insupportable "Dernier jour du disco", cette chanson qui me colle aux oreilles depuis six mois comme le masque anti-covid sur ma tronche, insupportable litanie niaise qui coche toutes les cases du gruau musical. Et là débarque Pipi Tornado en fond de scène qui effectue un superbe balayage de jambes et un petit coup de coude bien placé entre les omoplates de Julie Armanet. Chute de celle-ci sur les cordes de son piano, Pipi Tornado rabattant alors violemment le couvercle, sautant sur le piano, massacrant le clavier qui renvoie au centuple les coups de marteaux dans le meuble, tout en lançant "Spider", le premier titre de ce premier EP, une tornade punk et rock, bien imprimée dans ta face. Oh que ce serait bon ! En même temps, je ne pense pas que Pipi Tornado ait la moindre animosité contre Julie Armanet, donc, oublions la fan de Patrick Juvet et intéressons-nous plutôt à cette excellente claque qu'est Pipi Tornado.

Mais qui est Pipi Tornado ? Une égérie punk ? Une super héroïne scatomaniaque ? Une lolita déglinguée ? Un peu tout ça, mais surtout un quatuor montpelliérain emmené par Mélodie au chant, Samuel à la batterie, Eric à la guitare et Lionel à la basse. Les digressions vocales de Mélodie, entre rage punk, lyrisme déjanté et sucrette pop sont au barycentre d'un triangle formé par Nina Hagen, Cindy Lauper et Juliette Lewis. Il y a du gros niveau, ça virevolte, ça s'envole, ça mord. On avait déjà pu l'apprécier avec Vox et notamment l'album Pompidou qui naviguait dans les mêmes eaux musicales. Et pour le trio qui l'accompagne musicalement, c'est du même acabit. Entre groove, guitares rock, et pop, les tracks sont impeccables, denses et inventifs. Mélodie chante en anglais, et Pipi Tornado traite de sujets aussi variés que l'est sa musique : d'arachnophobie à un ami imaginaire incarné par Rod Stewart en passant par un problème de briquet avec un hippie.

Bref, à l'image de l'artwork, c'est un sympathique kick ass qui t'attend, et vu la pointure et la version pilotis de la paire de chaussures, c'est sûr qu'elle va te faire un petit effet remuant sympathique.

Publié dans le Mag #50