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Il y a quelques années, les plus fidèles lecteurs du W-Fenec ont découvert un groupe brillantissime : Shun, malheureusement trop tôt disparu. Depuis, certains ont suivi les pérégrinations musicales de Sans Seraph, la suite de Shun, mais qui se sont terminées l'an dernier après un unique mais magnifique After the rain. Depuis on a retrouvé furtivement des membres de ces groupes au sein de The Midnight Radio Sessions, Sleep is better et Pilots Wish. Ce-dernier groupe compte pas moins de six membres : 4 garçons, deux filles et un éventail de possibilités artistiques à peine illimité. Deux ans sans naissance, Pilot Wish, premier essai éponyme des américains voit le jour. Shun n'est plus depuis bien longtemps, Sans Seraph non plus depuis un peu moins, mais quelque part, le rêve musical continue...

Pilots Wish / Chronique EP > Pilots wish

pilots_wish_ep.jpg De Shun à Pilots Wish, en passant par Sans Seraph, il y a comme un fil conducteur, une même manière d'aborder la musique, même si les intervenants comme les styles ont pu évoluer... "Far from home" puis "Idle hands", en sont les parfaits exemples. Le sextet PilotsWish n'a pas cherché à forcer le trait, n'essaie même pas d'impressionner, juste à livrer la musique la plus élégante possible. Evidemment, ça paraît simple dit comme ça et en effet, à peine a-t-on posé l'EP dans la platine que cela semble couler de source. D'une étonnante fluidité, la musique des six américains naviguent à vue dans des eaux emo-pop graciles mâtinées de post-rock dépouillé. Comme si, quelque part entre Dredg ou Sans Seraph, Day One Symphony, on avait laissé le sommet d'une vague aux natifs de Nashville pour venir déposer leur offrande musicale.
Enveloppées d'instrumentations toutes en nuances et subtilités, les mélodies serties d'harmonies douces dévoilent leurs charmes, n'hésitant pas à jouer la carte de la suggestion. Sensuelles sur "Dying tree", précieuse "Embers", elles aiment tantôt se bercer d'illusions douces ou au contraire s'enflammer dans des élans passionnés, personnifiés par des guitares qui s'embrasent soudainement. Les instruments et le chant s'entremêlent, Pilots Wish délivre une musique suave et onirique, dont les effluves électriques ne peuvent s'empêcher de venir parcourir notre épiderme. A fleur de peau, tantôt éruptive, tantôt plus apaisée, elle gagne en intensité au fil des morceaux ("Embers", "Sailing" et ses arrangements à cordes envoûtants), là où tant d'autres groupes ont du mal à tenir la durée, les natifs de Nashville se bonifient pièce après pièce, comme s'il nous fallait parvenir jusqu'à la fin de ce mini-album afin d'en saisir toute la portée. Une boîte à rythme, un clavier qui vient cajoler une mélodie pop fragile, "Alight" semble touché par la grâce, mais, alors que l'on n'imagine pas le groupe aller plus loin, Pilots Wish sort l'excellent "New morning" de sa manche, avant de nous achever définitivement avec "Half a letter". Ambiances ouatées crépusculaires, chant haut-perché, un chorus aux vertus apaisantes hors du commun... En l'espace de huit titres, le sextet américain nous a fait succomber à ses charmes.