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Biographie > punkrock since 1988

USA, Californie, Hermosa Beach, surfeurs, skateurs : bienvenue. C'en est devenu un stéréotype mais c'est tellement souvent vrai que voilà, le cadre idéal pour le surf ou le skate, celui des cartes postales de la Californie, est aussi celui de la formation des plus grands groupes "punk" de la "nouvelle génération". Jim (chant), Fletcher (guitare), Byron (batterie) et Jason (basse) forment le leur en 1988, c'est Pennywise. Dés 89, leur première plaque paraît sur Theologian Records, un label du cru, ce World from the wise les amène à signer sur LE label de référence, Epitaph. Pour bien ancrer leur nom dans les trucks, Pennywise sort Pennywise en 91. Le "néo punk" est encore très "underground", les Green Day et autres The Offspring n'ont pas encore faits leurs high score, ce ne sont encore que les slappy hours du mouvement. Le groupe poursuit sa route (avec No-FX notamment), sort Unknown road en 93 qui via des titres comme "It's up to me" définit tout à fait leur style. Aprés About time (95), les choses changent, la vague skatecore est passée par là, "Same old story" aussi, les groupes sont nombreux et seuls quelques uns sortent leur planche du skate-park, Pennywise est de ceux-là. Mais les choses changent brutalement, à l'été 96, Jason se suicide. On pense alors que c'est également la mort du groupe. Mais non, ses amis veulent lui rendre hommage, Randy devient leur bassiste et Full circle sort en 1997. Le public fait honneur à la mémoire de Jason et à cet album, Pennywise ne doit pas mourir. Les productions métronomiques du groupe continuent donc en 1999 avec Straight ahead. Devenu une institution, le groupe conserve ses valeurs et son activisme ne se relâche pas, ils se servent de leur notoriété pour défendre les causes qui leur semblent juste... Groupe de scène, ils sortent un Live at the key club pour l'an 2000, on y retrouve tous leurs hits et beaucoup d'énergie, même si le son n'est pas forcément excellent, mais on est punk ou on ne l'est pas... Le groupe continue encore et encore et alors que les pétro-dollars mettent George Bush Jr sur le toit du monde, les Californiens s'interrogent sur leur pays, est-il vraiment Land of the free ?

Pennywise / Chronique LP > Never gonna die

Pennywise - Never gonna die 1993, Unknown road, je découvre Pennywise, je dessine des petits logos PW dans la marge de mes feuilles de cours... 25 ans plus tard, je retrouve ledit logo en grand sur leur nouvel album Never gonna die et presque rien n'a changé... Pourtant la vie du groupe n'a pas été simple (décès de Jason Thirsk, départ de Jim Lindberg en 2009, son retour en 2012) et le skatecore est devenu un style très grand public (les ritournelles de Green Day, les merdouilles de The Offspring...) alors que le skate en lui-même disparaissait peu à peu, remplacé par les écrans et autres hoverboards...

Le logo, des bombes, le capitole dans l'orage, des dollars, la vérité enterrée, un Banksy, une poubelle, un bidon de pétrole ouvert, un porc manipulateur et un peu d'espoir, ces détails de la pochette expliquent pourquoi Pennywise est immortel, leurs combats de toujours contre un capitalisme inhumain, l'ingérence politique, la pollution ou les armes ne sont pas terminés et ne le seront jamais. Il y a donc de quoi écrire encore un paquet de chansons. Elles ne sont pas toutes engagées mais quand Jim Lindberg y va, il ne fait pas semblant ("American lies", "We set fire", "Won't give up the fight", "Something new"), les patrons qui s'enrichissent, les politiques qui mentent, l'histoire qui se répète, les religions qui s'affrontent, toujours les mêmes rengaines diront certains mais aux Etats-Unis, ce genre de discours n'est pas forcément entendu ou alors discrédité (fake news !). Certains textes sont plus personnels ("She said") ou encouragent ceux qui sont mal à reprendre leur vie en main ("Keep moving on", " Goodbye bad times") parce qu'il faut garder espoir. C'est là aussi une des caractéristiques de Pennywise, garder le sourire et dégager des ondes positives malgré le merdier environnant. Le groupe fait preuve d'une énergie contagieuse, conserve un tempo suffisamment élevé et ne tolère aucun relâchement (quelques passages permettent de souffler un peu quand même comme sur "Can't be ignored"). Les 14 titres passent en moins de 40 minutes, preuve qu'à cinquante ans passés, on peut envoyer des lignes basse/batt comme à 20 ("Listen" !), s'éclater avec des mélodies (les guitares de Fletcher Dragge sur "Won't give up the fight") et n'avoir rien perdu de sa verve. Et si on peut penser qu'en terme vocal, c'est un peu toujours la même chose, quand ça change avec par exemple ces effets sur le chant de "Goodbye bad times", on regrette vite ce à quoi on est habitué ! Mieux, on kiffe quand les gaillards salissent un peu leur son pour lui donner une couleur old school ("Can't save you now"), un truc que maîtrise parfaitement leur producteur Cameron Webb (Motörhead, NOFX, Zebrahead...) et qui apporte un peu de variété dans un disque assez compact...

Pennywise n'est pas mort et ne mourra jamais, pratiquer le punk à roulettes peut sembler aisé mais le faire aussi bien qu'eux durant autant de temps, ce n'est pas donné à tout le monde. Droits dans leurs Converse, regardant l'Amérique en face, cherchant à répandre une joie éclairée autour d'eux, les Californiens ont (encore) sorti un album de patrons.

Pennywise / Chronique LP > Land of the free ?

Pennywise - Land La moindre des choses qu'on puisse dire, c'est que Pennywise ne nous étonne guère sur cet album, ils ne changent rien à ce qui a fait leur réputation. Tempos infernaux, refrains chantants, breaks millimétrés pour chacun des zicos, petits solos de grattes et surtout un tas de riffs qui font avancer le schmilblick. Sur les 14 titres de l'album, trés peu de surprises donc, mais des mini surprises quand même, car Pennywise, et c'est ce qui fait d'eux un grand groupe, sait sortir un peu des sentiers battus dont je viens de faire un mini-résumé, si tu ne suis pas, écoute les "F**uck authority" ou "Something wrong with me" (au hasard) pour voir de quoi il retourne (double flip). Donc, c'est par exemple sur "Set me free" que le groupe se permet un trés long passage calme basse/batterie/chant avant de se relancer sur un "Divine intention" où Jim entâme le chant comme Jimi Pop de Bloodhound Gang ! Une intonation plus lourde et moins marquée par la mélodie que l'on peut trouver par moment sur d'autres titres comme "Who's on your side". Le dernier morceau, "Anyone listening" nous ramène au commencement, à Bad Religion, un des groupes dépositaires du style, cette façon d'attaquer les refrains ne nous rajeunit pas... Mais Pennywise vieillit avec nous, peut-être moins que nous mêmes... Ils ont toujours une sacrée pêche et détiennent l'art de la transmettre tout en n'oubliant pas leur discours punk qui ne déplairait pas à José Bové "United nations of hypocrisy profit's our goal... big companies controlling us all..."