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Papier Tigre c'est un trio Nantais formé en 2006 par Eric Pasquereau (également dans The Patriotic Sunday), Pierre-antoine Parois et Arthur De la Grandière. 3 sorties à signaler : un premier album éponyme sorti en 2007, The beginning and end of now disponible en 2009 et le petit dernier, Recreation, dévoilé début 2012. [ [fr] Thepatrioticsunday: MySpace (36 hits)External ]

Review Concert : Papier Tigre, La colonie de vacances à Tourcoing (mars 2012)

Papier Tigre / Chronique LP > Recreation

Papier Tigre - Recreation Troisième album pour les Nantais de Papier Tigre. Et le moins que l'on puisse dire c'est que la formule fonctionne à plein sur ce Recreation, chantre d'une mécanique math, power pop à l'énergie créatrice. On les avait quittés avec "l'infant" noisy The beginning and end of now qui révélait la puissance d'un trio technique, on retrouve ici une œuvre aiguisée, fruit d'une production plus propre et d'un travail mélodique mis en avant.

On attaque par le single "Home Truth", puissant, qui, parfois impatient, semble brûler un peu les étapes, pressé d'en découdre d'une certaine manière. Si le pont laisse présager une ouverture vers un temps, un rythme plus aérien, bien rapidement la ferveur du trio reprend le dessus. "This and that and more of this and that" se construit autour d'un riff semblable à une ritournelle écourtée, empêchée. On retient l'énergie d'un morceau aux couleurs presque exotiques par endroits, en tous cas résolument optimistes. "Demands" et dans une moindre mesure "Parent neighbours" empruntent ces mêmes sentiers, tout juste défrichés, avec finesse.

"The later reply" s'ouvre sur une embardée sourde, très Battles. Proche dans sa construction des productions de 31 Knots, le morceau se compose de trois chapitres bien distincts, comme de longues tirades sous forme d'extasiants. La guitare en son clair laisse échapper des trilles salvatrices. Et ce chant incantatoire : If I'm going somewhere would this be better ?!... qui s'achève dans un brasier sonore abrupte. Cette piste figure comme la forme aboutie de la brouillonne "I'm someone who dies".

Et on en vient au deux sommets de cet album : "Chimera" et "Afternoons".
La première laisse éclater le talent de composition de groupe, sans jamais toutefois abandonner la puissance qui en fait la marque de fabrique. Accords augmentés en son clair, croisés guitares-voix et un thème d'une précision éclatante, comme des notes suspendues, dont au hasard, quelque-unes auraient été passées sous silence. La seconde se dévoile dans une introduction parfaite. La deuxième guitare rentre, d'abord discrète, avant de sonner la charge. Le chant n'est pas forcé, coïncide avec des contre-chants inédits. Le refrain explose dans une saillie enragée très Deftones.

"Wandering cage" clôture l'album avec ses mimiques guitare-voix confondantes "get up and go... " dans une libre improvisation aux teintes finalement plutôt sombres, qui laisse penser à un Blues-calypso des temps modernes. Certainement un des meilleurs albums de 2012 en rock français, exigeant et devrait-on presque s'excuser "créatif", signé d'un groupe qui allie désormais parfaitement le style et la puissance.

Papier Tigre / Chronique LP > The beginning and end of now

Papier Tigre - Beginning and end of now Derrière Papier Tigre se cache un trio nantais qui nous prouve encore une fois que l'héritage Fugazi, Shellac et consorts a encore de beau jour devant lui et que l'on a pas fini d'être épaté par des groupes qui se réapproprient la formule de manière personnelle. Qu'est-ce qui différencie Papier Tigre des influences citées ? La formation batterie/deux-guitares et la conséquence sonore qui découle derrière cette enchevêtrement de six cordes : du tranchant et du mélodique pour encore plus de tranchant mélodique mais pas seulement. "Restless empire", le premier titre de cet album casse déjà la baraque : pas de basse mais un batteur qui tabasse (oui, je songe à une carrière dans le slam...) et on se dit que c'est largement suffisant à l'écoute de cette première salve post-hardcore qui conjugue batterie ample et sèche à la fois, chant hargneux/caustique très McFugazi et canevas de riffs acérés avec pour résultat un morceau vénéneux et remuant qui tappe dans le mille. Une identité, le groupe semble en avoir déjà une bien affirmée, et la qualité du reste de Beginning and end of now ne doit qu'a la maitrise d'un songwriting qui gère à mort : mélodies sangsues, changements d'intensités, va-et-vient rythmique et breaks jouissifs, environnement mi-râpeux mi-accrocheur pour un disque mega-convaincant sur la durée. The beginning and end of now s'éloigne en effet de plus en plus du simple rendu scolaire au fur et mesure des écoutes et cette impression ne s'estompera pas au terme des dix titres qui composent la galette. La mission ardue de clore l'album en revient à "Some statues are easily destroyed" : un petit bijou noise made in Papier Tigre (Make believe!) qui ne fait qu'achever le travail de séduction chez l'auditeur.
Prendre à défaut ce disque de Papier Tigre, ça en revient à chercher un bouton d'acné sur le visage de la dernière greuluche MTV après un passage chez le chirurgien Photoshop : une grosse perte de temps. À ranger à coté de l'excellent Belgian Tango des Fordamage avec qui ils partagent pas mal (à mon humble avis) de points communs : grâce à ces deux groupes, le rock indé' français n'a jamais semblé aussi vivace et insaisissable. En bref et j'imagine que vous l'avez déjà compris, The Beginning of end and now est un excellent disque (achetez-le) que vous devez de vous procurer (achetez-le) pour soutenir la scène (achetez-le) bien de chez nous. Puis cette pochette, c'est simple mais classieux, non?

NdR : aucun message subliminal n'est caché dans cette chronique.