Pamplemousse Le trio originel de Pamplemousse est passé en duo, pouvez-vous nous donner la raison ?
Il y a eu pas mal de mouvements du côté des batteurs et quand on s'est séparé du troisième, on a vraiment eu besoin de se recentrer sur la musique plutôt qu'à la recherche d'un autre musicien, et de retrouver une atmosphère plus propice à une liberté d'écriture et une spontanéité qui nous caractérisait à nos débuts. Finalement, on se rend compte que la formule duo nous convient très bien.

Comment s'est passée l'écriture de ce troisième album ?
Pour ce troisième album, Sarah, initialement à la basse, est passée derrière les fûts sans savoir jouer. On s'est donc enfermé en répète et on a composé les morceaux en même temps qu'elle apprenait à jouer de la batterie. Au bout de 7 mois et une quinzaine de morceaux, on a enregistré une démo, et après écoute, on en a sélectionné neuf pour l'album. On est reparti en répète pour peaufiner les chansons et continuer à les jouer avant d'entrer en studio.

Pour ce nouvel album, vous avez renouvelé votre collaboration avec Peter Deimel avec qui vous aviez déjà travaillé sur High strung. Vous pouvez nous raconter ?
Je connais bien le studio Black Box, depuis les années 2000, avec d'anciens projets. On est donc allé faire High strung là-bas et tout le monde s'est parfaitement entendu avec Peter. L'ambiance est très paisible, c'est quelqu'un de calme qui sait te mettre à l'aise pour enregistrer. Peter a la culture du son des années 90 et son studio est une vraie caverne d'Ali Baba, avec des vieux micros à lampes, des vieux amplis, une magnifique vieille console Flickinger. Le fait qu'on puisse enregistrer sur bande est aussi très important pour nous. Il a aussi une expérience énorme, il suffit de regarder la liste des groupes avec lesquels il a travaillé pour s'en rendre compte. Je pense qu'on a beaucoup de chance d'avoir le studio Black Box et un producteur comme lui en France. Pour Think of it, on a fait l'enregistrement au Black Box mais, faute de budget, on a mixé l'album nous-même dans notre petit studio à la Réunion.

Et toujours chez A Tant Rêver du Roi. C'est le label français noise punk de référence ?
Oui, c'est le troisième album qu'on sort chez ATRDR et on très touché que Stéphane nous fasse confiance depuis le premier album. C'est clairement devenu un label incontournable en France... autant que devraient l'être ses gâteaux au chocolat !

Sur Think of it, on trouve quelques titres plus posés, moins nerveux. Notamment "One million doors" ou l'étonnant "La ballade de Steve". Il s'agit de digressions ponctuelles ou d'une possible évolution de Pamplemousse ?
Quand on écoute nos trois disques, on entend clairement qu'ils sont très différents. Ils correspondent exactement à nos états d'âmes du moment, à ce qu'on avait besoin d'exprimer à ces périodes de nos vies. Les digressions ponctuelles sont donc bel et bien une possibilité pour la suite, car on n'a aucune ligne directrice quand on compose, mais on ne peut pas encore savoir quelle saveur elles auront !

Mais on retrouve aussi le style Pamplemousse avec "Mexican boy" ou le single "I'm not Dietsch". Quels groupes, quelles influences, quelles rencontres vous ont permis de créer votre identité musicale ?
Notre identité musicale vient du fait que nos références musicales sont très variées. On écoute toutes sortes de groupes allant de Barkmarket à John Frusciante en passant par Buck 65. S'il faut citer un groupe qui nous unit tant par sa philosophie que sa musicalité, ça serait Fugazi. Pour ma part, la rencontre avec Iain Burgess a été primordiale quant à mon approche du son et de l'enregistrement.

Pamplemousse On vous a aussi suivi via les compilations Maudit Tangue qui font le lien entre les groupes de l'océan Indien. Malgré les distances, il y a de réels liens avec les groupes australiens ou africains ?
C'est vrai que pas mal de groupes de la zone (Afrique du Sud, Madagascar, Australie) sont venus jouer à la Réunion, souvent dans le cadre du festival Rock à la Buse, mais il est plus compliqué pour les groupes réunionnais d'aller jouer dans ces pays. Depuis cette année, on observe que l'île Maurice accueille pas mal de groupes de chez nous pour jouer dans des petits festivals rock. Avec Pamplemousse on a souvent croisé les Make-Overs d'Afrique du Sud, on aime beaucoup ce qu'ils font, ils sont d'ailleurs très appréciés à La Réunion, et sont revenus jouer plusieurs fois. On est aussi resté en contact avec les Sud-Africains de Blacklung, avec qui on avait joué en 2018 au StudioTic lors de leur venue sur l'île. Leur sensibilité artistique est vraiment sauvage et fun, on est super contents qu'ils aient accepté de réaliser le clip de "Vicious mind".

Vous êtes présents sur les réseaux sociaux. C'est une obligation, une nécessité, ou un moyen facile pour communiquer ?
On ne s'y sent pas forcément toujours à l'aise, mais en effet, on a bien l'impression que c'est devenu une nécessité !

Concernant la pochette de Think of it, c'est votre amour de la tong ou du basket qui prévaut ? Ou vous avez inventé un nouveau sport ?
Celui de la savate, c'est culturel chez nous ! Et en plus, on est plus football que basket !

Et pour finir, on a la chance de vous voir quand dans l'hémisphère nord ?
On arrive mi-mars 2023 pour une première tournée d'une dizaine de dates en métropole dont la première partie de Fuzz au Trabendo le 14 mars. Toutes les dates et lieux sur notre page Facebook.