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Biographie > Mais qui a tué Pamela Hute ?

Pamela Hute est une femme qui a de la poigne mais c'est aussi un trio, c'est un vrai groupe derrière une frontwoman qui se construit seule avant de s'entourer d'Igor et d'Ernest pour donner davantage de relief et de couleurs à sa musique. En 2006, ils sortent un premier EP intitulé V.1.1, les choses avancent doucement jusque la sortie d'un nouvel EP (03) en 2008, celui-là fait connaître un peu plus Pamela Hute qui se voit invitée au Printemps de Bourges (2009). Ensuite direction la Dordogne et une maison pour enregistrer un premier album qui sort autoproduit, confidentiel mais qui tape dans l'oreille de pas mal de monde dont le jury du Prix de la découverte 2009 des Music Awards et le jeune label Guess What (Shaka Ponk) qui réédite Turtle tales from overseas avec 3 nouveaux titres en 2010.

Pamela Hute / Chronique LP > Turtle tales from overseas

Pamela Hute - Turtle tales from overseas Comtes ultramarins sur des tortues, ça fait peur comme nom, c'est sûr qu'en anglais ça sonne mieux... Du coup Pamela Hute chante en anglais et se présente sur la (nouvelle) pochette de façon plus personnelle (avec son look travaillé aux faux airs de la petite anticonformiste Daria) et annonce clairement la couleur : tel le silex, Pamela Hute s'est façonnée en biface. Pour ceux à qui ça ne parlerait pas, on peut trouver une autre analogie avec "la force" : un côté obscur et un côté clair. Le groupe joue enfin aussi bien sur le registre pop limpide que rock granuleux.
Ainsi s'agitent dans la lumière les très bons "Parachute", "Tell me more", "Friend" ou le sublime "Pink safari", des pépites qui scintillent face au soleil de l'hiver. C'est frais, sec mais quand on est touché par le rayonnement, on se sent bien. Cette pop est douce, lumineuse, portée par des rythmes caressants, des sons cristallins et des arrangements raffinés.
Se tortillent et rampent dans l'ombre d'autres tubes tout aussi exaltants comme "My dear", "Chocolate soup", "Umbrella" (j'adore) ou "Taste it", bienvenue à la distorsion, au son grungy, aux attaques et à l'attitude rock que ne renieraient pas Patti Smith, Courtney Love (période Hole) et autre Scout Niblett (celle du début du millénaire) alors que Pamela Hute ne ressemble directement à aucune de ces trois-là, elle a simplement cet esprit, cette sincérité, toutes ces émotions qui font mouche.
Jouant sur le clair/obscur net et sans bavure, le trio marie également les atmosphères avec talent, ajoutant une nouvelle corde à son arc, une corde sensible où se côtoient petites mélodies et rythmiques trépidantes ("Hysterical" "Don't help me"), jeu à l'étouffée et prise d'envol (Palm Mute rime plutôt bien avec Pamela Hute sur "You made me lady"). On atteint alors des sommets d'excitation que ces quelques mots sont loin de pouvoir décrire à leur juste valeur. Finalement, ils sont vraiment bien ces comtes ultramarins sur des tortues.