dour 2008 : oxbow dour 2008 : oxbow Mais avant d'aller applaudir les deux groupes, Minor Place Records offrait la possibilité de rencontrer Eugene Robinson durant une petite heure : présence assez exceptionnelle au vu du planning chargé et contraignant inhérent à une tournée d'un groupe de ce calibre. Le bonhomme y apparaît très accessible, d'un calme troublant en comparaison de la furie qu'il peut dégager en live. Les questions fusent et comme le frontman est ce que l'on appelle, dans le milieu du journalisme, un bon client, les réponses seront complètes et satisferont les plus exigeants : seront abordés ses projets littéraires, la sortie de Thin black Duke dans un format un peu atypique, son projet de pièce de théâtre, la crise du disque et d'autres sujets extra-musicaux. Bref, les prochains mois vont être studieux pour lui, cette session rencontre offrira un complément intéressant pour les fans et l'occasion de se frotter à la simplicité d'un grand Monsieur.
Ca faisait un paquet de temps que je n'avais pas croisé les The Lumberjack Feedback en live et c'est d'autant plus facile d'appréhender leurs progrès qui sont assez éloquents : la musique s'est affinée et a toujours le cul entre plusieurs chaises (sludge, drone, post-rock, tout ça...) les idées fourmillent et sont plutôt bien amenées, le groupe arrive à nous faire décoller sans trop de peine au travers d'un set impeccable et pénétrant. Le public, qui se laisse enivrer par la lourdeur des riffs et les vagues sonores, semble tout autant apprécier ce moment passé en compagnie des bûcherons lillois. Surtout que leur set finira en petite apothéose jouissive, le batteur s'illustrant au travers de phases tribales et de cri d'agonie qui en feront frissoner plus d'un. Belle trouvaille. Un groupe à suivre, évidemment.
Au grand étonnement d'une partie du public et de votre serviteur, des instruments feront leur apparition au milieu du bar du petit Aéronef juste après la baffe The Lumberjack Feedback. Une première partie cachée ? En fait non, ce sont les Oxbow qui commenceront leur show par un set acoustique assez incroyable. Musicalement, c'est souvent très proche de Tom Waits période Rain dogs & Real gone, du très lourd donc, et ça permet à Eugene Robinson de s'illustrer : voix parfaite, charisme au taquet, gestuelle marquante, il interpelle le public de très près, provoquant un sentiment entre le malaise et l'admiration. Après quelques morceaux et quelques vêtements en moins pour Eugene, forcément, Oxbow gagne la scène pour entamer un set électrique as fuck. Et là, c'est la guerre. Mais pas la version fleur au fusil hein, Oxbow, c'est plutôt les tripes dans la main gauche et les testicules, façon MJ, dans l'autre. Eugene confirme sa réputation de chanteur sur-sexué, fait ce que l'on attend de lui, du moins la gente féminine ce soir-là : il se désape progressivement, chevauche les retours façons sex-tape, embrasse une hystérique qui l'interpelle devant la scène. Niveau set-list, c'est du lourd. Tournée pour célébrer les rééditions via Hydrahead oblige, on aura le droit à beaucoup de vieux morceaux (du Serenade in red, du Fuckfest avec le terrible "Yoke") et un seul de The narcotic story ("The geometry of business", totalement cinglant d'ailleurs). Quoiqu'il en soit, on est comblé et envouté par la puissance émotionnelle de ce groupe. Deux rappels sauvages et langoureux, oui chez Oxbow, il y a quand même pas mal de "ballades", et c'est une soirée parfaite - faisons abstraction des 5-6 imbéciles bourrés - qui se termine.