Oui Mais Non - Mille Lires Oui Mais Non est bien connu de nos services puisqu'ils tournent depuis un paquet de temps dans la métropole lilloise et font presque figure de petite institution dans la capitale nordiste. En 2012, le groupe se décide enfin à figer sa musique via un bien beau vinyle sorti sur le label Tandori Records (Maria Goretti Quartet, Louis Minus XVI, Vitas Guerulaïtis...), label du batteur de... Oui Mais Non, mais aussi d'une tripotée d'autres groupes.

Histoire de bien cerner l'état d'esprit de Oui Mais Non, il est utile de préciser que l'on a là un quatuor de musiciens en perpétuelle évolution, ce que tu entendras sur ce disque n'est donc déjà partiellement plus valable. De plus, le groupe est avide de collaboration avec d'autres musiciens, souvent de passage, rendant ce sentiment de groupe qui avance et recule (comment veux-tu, comment veux-tu... oui, okay, elle est facile...) encore plus palpable. Alors finalement, le nom du groupe reflète parfaitement sa démarche que l'on peut qualifier soit d'hésitante, soit de perfectionnisme exacerbé. Je penche pour la seconde.

Musicalement, il est à la fois facile et difficile (oui, moi aussi j'hésite...) de qualifier la musique des Lillois : post-rock et noise, oui, probablement, quelque-part entre Tortoise et Shellac mais en laissant la porte ouverte vers d'autres voies qui aboutissent toujours vers quelque-chose de pertinent et classieux. Dès le premier titre, "Ethiopic", le plaisir est immédiat, on se laisse vite embarquer par la rythmique qui s'affole pour devenir percutante et par cette trompette qui confère une coloration épique d'un autre hémisphère. La suite n'est pas en reste avec par exemple "Die nacht" ou la bande-son idéal pour une ballade à 4h du matin, un titre apaisé, contemplatif, avec une mue qui emmène la musique vers une sphère plus rythmée et mordante.

Verdict pour Mille lires : oui mais oui.