rock Rock > One Second Riot

Biographie > Massive noise hysteria

On sait peu de choses concernant One Second Riot, sinon que le groupe se compose de deux uniques membres : Arnaud R.(batterie, machines) et Pierre Georges D. (basse, voix, clavier, samples). On sait également que le duo vient de la région lyonnaise et leur très brève biographie nous apprend que leur musique est sensée osciller entre des atmoshpères ambiancées et des passages plus à même de déclencher l'hystérie collective, soit un rock noise exigeant et ultra-indépendant dans la veine d'un Shellac ou Portobello Bones. Courant 2006, après deux démos autoproduites sorties dans leur coin pour se rôder, le groupe propose au label Distile Records de sortir un split vinyle avec la formation expérimentale bostonienne Neptune. Pour 2007, One Second Riot prépare un nouvel enregistrement studio et prévoit d'ouvrir pour Overmars et notamment Unsane.

Chronique Compil : One Second Riot, Dark 80's

One Second Riot / Chronique Split > One Second Riot - Sofy Major

Split - One Second Riot - Sofy Major A l'automne 2007, lorsque les écorchés vifs de Sofy Major partagent une galette (juste avant d'en faire de même en compagnie de Her Breath On Glass) avec One Second Riot, duo non moins corrosif, il en résulte un split livré sur vinyl confirmant l'excellence des deux protagonistes.
Pour détailler le contenu de l'objet, du coté de One Second Riot, "Die elektrish leben machine" et "Into a stranger" seront intégrés à l'album éponyme du groupe sorti quelques mois plus tard, les lyonnais fournissant l'effort de délivrer un titre inédit ("Dead like you") tandis que Sofy Major profite de l'occasion pour présenter trois nouvelles compos. Binôme d'un coté (One Second Riot), quintet de l'autre (Sofy Major), respectivement dix et huit minutes de réjouissances mais des intentions parallèles pour les deux groupes. Et une fois ces considérations purement factuelles effectuées, il serait temps de passer aux choses sérieuses.
Sofy Major, aidé par ses guitares incandescentes et son chant rageur, écorche et malmène nos sens. Sans pitié, le groupe nous embarque dans une spirale où la décadence se taille une place de choix, le tout en déclinaisons plus ou moins salubres : "Mange tes morts" opte pour une lourdeur effroyable, la descente aux enfers est proche lors de "It burns away" et "Désastre" prend un tour que les Portobello Bones auraient bien pu nous servir en leur temps.
Pour sa part, One Second Riot la joue plus en rondeur, quitte à s'introduire en territoire "indus" (de façon très proéminente lors de "Dead like you"), mais cette salvatrice noirceur est belle est bien présente. "Die elektrish leben machine", trépidant de bout en bout et "Into a stranger", savamment élaboré jusqu'à son chaos final présentent des One Second Riot marqués par des influences 80's et aussi intriguant que leurs contemporains de Microfilm ou Doppler.

One Second Riot / Chronique LP > One second riot

One Second Riot - One second riot On avait découvert One Second Riot par le biais d'un split, plutôt réussi avec les américains de Neptune - publié par le toujours excellent label Distile Records - puis d'un deuxième essai, cette fois partagé avec leurs compatriotes de Sofy Major. Après ces expériences collaboratives, revoici le groupe en solo (ou plutôt duo...) et le temps d'un album complet. Eponyme, la première offrande long format des petits frères lyonnais de Doppler, s'offre un premier tour de piste en laissant s'écouler sa noise urbaine dans un titre inaugural ravageur et compact qui nous plonge dans un univers musical à part ("Cut"). Section rythmique chirurgicale, production clinique, mélodies lancinantes, ambiance de fin des temps, la machinerie musicale made in OSR est d'une précision rare. Sampling efficace, arrangements synthétiques, nappes glaciales, occlusion bruitiste, noise mid-tempo distillée à froid, cold-wave dopée aux ambiances industrielles, "Die elektrish leben machine" se laisse porter par des courants émotionnels à la fois rageurs et désenchantés.
Samples de voix qui viennent hanter ces esquisses de mélodies furtivement crayonnées par le groupe, un spleen lucide et nostalgique profondément ancré dans une urbanité post-moderne, le duo basse-batterie sait où il va et conduit son album avec la maturité et la dynamique nécessaire pour faire passer son propos. "True to my heart" et ses ambiances hypnotiques, "The Sea" et son chant en permanence sur la corde raide pendant que la basse voltige autours des fûts, One Second Riot livre un album de funambules, toujours sur le fil du rasoir math-noise-rock aussi racé que fulgurant. Noir, limite dépressif par instants ("Brautigan") ou plus électrique et bouillonnant ("Into a stranger"), le duo se veut toujours inventif et adepte d'une musique tantôt sombre, tantôt diaphane, ("Balcony"), qui ne laisse rien au hasard. Surtout quand elle se révèle aussi chirurgicale que sur "South west trains". Véritable bijou de technicité mise au service d'une écriture empreinte de tristesse et désespoir. Une beauté noire servie par des riffs de basse ronds et accrocheurs autant que par des rythmiques métronomiques doublées du chant si caractéristique que l'on retrouve tout au long de One second riot ("Clay mud and dust"). Brillant...

One Second Riot / Chronique Split > One Second Riot w / Neptune

one_second_riot_split_neptune.jpg Entre les Bostoniens de Neptune et les Lyonnais de One Second Riot, ce split concilie musique bruitiste et expérimentale à l'esprit punk, et noise rock glaciale à la Shellac avec classe et maîtrise technique qui déboîte une épaule. Une expérience à tenter d'ailleurs : écouter ça au réveil... Pour l'avoir fait, on peut certifier que ça nous arrache des bras de Morphée avec l'impression de sortir tout droit de l'univers de Requiem for a dream... Effet est garanti. On lance dans la machine en débutant les hostilités avec Neptune et le même titre décliné sur deux parties, un "Tell my people go home", qui peut évoquer le Sonic Youth période Confusion in sex et impose des ambiances radicales proches de l'indus de par leur répétitivité. Deux plages musicales, donc ; hypnotiques, nombrilistes et un peu absconses. En un mot comme en cent : exigeantes. On enchaîne avec un titre baptisé "Clocks" et qui n'a rien avoir avec celui de Coldplay [note d'autosatisfaction de l'auteur, balancer Neptune et la bande à Chris Martin dans la même chonique, si ce n'est pas du grand écart rédactionnel...]. Un peu sur le même canevas que ce qui l'a précédé, ce nouveau titre, c'est de l'expérimentation à tout va, des arrangements éléctro sortis de nulle part, presque industriels, bruitistes à souhait, comme le sera du reste "#27", quatrième et dernier morceau, encore une fois complètement barré. A réserver aux tympans avertis tant la musique des américains flirtent avec l'expérimental arty, assez technique et un peu bancal.
De l'autre côté des l'Atlantique, c'est maintenant au tour de One Second Riot d'entrer en scène. Dans des ambiances torturées, tout en retenue et déviances à la Doppler, le duo lyonnais navigue à vue dans les méandres organiques d'une noise malade, lancinante et oppressante. Nappées de quelques textures industrielles, les trois compos des petits français se drape d'un spleen plaintif, toujours sur le fil du rasoir, entre musique de funambule et expérience viscérale. Baignant dans des ambiances de salles obscures (dialogues et samples de films), One Second Riot fait évoluer sans musique en jouant également sur sa répétitivité, prenant au passage le risque (calculé) d'égarer son auditeur las de toutes ces circonvolutions éléctriques. Dans leur démarche jusque-boutiste poussée à l'extrème, les deux groupes associés le temps de ce split livrent plus qu'une simple série de compositions noise-rock post-indus : une véritable performance expérimentalo-bruitiste... Avis aux amateurs.