One Second Riot - One second riot On avait découvert One Second Riot par le biais d'un split, plutôt réussi avec les américains de Neptune - publié par le toujours excellent label Distile Records - puis d'un deuxième essai, cette fois partagé avec leurs compatriotes de Sofy Major. Après ces expériences collaboratives, revoici le groupe en solo (ou plutôt duo...) et le temps d'un album complet. Eponyme, la première offrande long format des petits frères lyonnais de Doppler, s'offre un premier tour de piste en laissant s'écouler sa noise urbaine dans un titre inaugural ravageur et compact qui nous plonge dans un univers musical à part ("Cut"). Section rythmique chirurgicale, production clinique, mélodies lancinantes, ambiance de fin des temps, la machinerie musicale made in OSR est d'une précision rare. Sampling efficace, arrangements synthétiques, nappes glaciales, occlusion bruitiste, noise mid-tempo distillée à froid, cold-wave dopée aux ambiances industrielles, "Die elektrish leben machine" se laisse porter par des courants émotionnels à la fois rageurs et désenchantés.
Samples de voix qui viennent hanter ces esquisses de mélodies furtivement crayonnées par le groupe, un spleen lucide et nostalgique profondément ancré dans une urbanité post-moderne, le duo basse-batterie sait où il va et conduit son album avec la maturité et la dynamique nécessaire pour faire passer son propos. "True to my heart" et ses ambiances hypnotiques, "The Sea" et son chant en permanence sur la corde raide pendant que la basse voltige autours des fûts, One Second Riot livre un album de funambules, toujours sur le fil du rasoir math-noise-rock aussi racé que fulgurant. Noir, limite dépressif par instants ("Brautigan") ou plus électrique et bouillonnant ("Into a stranger"), le duo se veut toujours inventif et adepte d'une musique tantôt sombre, tantôt diaphane, ("Balcony"), qui ne laisse rien au hasard. Surtout quand elle se révèle aussi chirurgicale que sur "South west trains". Véritable bijou de technicité mise au service d'une écriture empreinte de tristesse et désespoir. Une beauté noire servie par des riffs de basse ronds et accrocheurs autant que par des rythmiques métronomiques doublées du chant si caractéristique que l'on retrouve tout au long de One second riot ("Clay mud and dust"). Brillant...