one_second_riot_split_neptune.jpg Entre les Bostoniens de Neptune et les Lyonnais de One Second Riot, ce split concilie musique bruitiste et expérimentale à l'esprit punk, et noise rock glaciale à la Shellac avec classe et maîtrise technique qui déboîte une épaule. Une expérience à tenter d'ailleurs : écouter ça au réveil... Pour l'avoir fait, on peut certifier que ça nous arrache des bras de Morphée avec l'impression de sortir tout droit de l'univers de Requiem for a dream... Effet est garanti. On lance dans la machine en débutant les hostilités avec Neptune et le même titre décliné sur deux parties, un "Tell my people go home", qui peut évoquer le Sonic Youth période Confusion in sex et impose des ambiances radicales proches de l'indus de par leur répétitivité. Deux plages musicales, donc ; hypnotiques, nombrilistes et un peu absconses. En un mot comme en cent : exigeantes. On enchaîne avec un titre baptisé "Clocks" et qui n'a rien avoir avec celui de Coldplay [note d'autosatisfaction de l'auteur, balancer Neptune et la bande à Chris Martin dans la même chonique, si ce n'est pas du grand écart rédactionnel...]. Un peu sur le même canevas que ce qui l'a précédé, ce nouveau titre, c'est de l'expérimentation à tout va, des arrangements éléctro sortis de nulle part, presque industriels, bruitistes à souhait, comme le sera du reste "#27", quatrième et dernier morceau, encore une fois complètement barré. A réserver aux tympans avertis tant la musique des américains flirtent avec l'expérimental arty, assez technique et un peu bancal.
De l'autre côté des l'Atlantique, c'est maintenant au tour de One Second Riot d'entrer en scène. Dans des ambiances torturées, tout en retenue et déviances à la Doppler, le duo lyonnais navigue à vue dans les méandres organiques d'une noise malade, lancinante et oppressante. Nappées de quelques textures industrielles, les trois compos des petits français se drape d'un spleen plaintif, toujours sur le fil du rasoir, entre musique de funambule et expérience viscérale. Baignant dans des ambiances de salles obscures (dialogues et samples de films), One Second Riot fait évoluer sans musique en jouant également sur sa répétitivité, prenant au passage le risque (calculé) d'égarer son auditeur las de toutes ces circonvolutions éléctriques. Dans leur démarche jusque-boutiste poussée à l'extrème, les deux groupes associés le temps de ce split livrent plus qu'une simple série de compositions noise-rock post-indus : une véritable performance expérimentalo-bruitiste... Avis aux amateurs.