rock Rock > The One Armed Man

The One Armed Man / Chronique EP > #1

The One Armed Man - #1 Pour cette année, The One Armed Man a prévu de sortir deux EPs d'où le nom de celui-ci, #1. Une nouvelle aventure en deux parties qui sonne un peu comme un nouveau départ car les Strasbourgeois abattent désormais à fond la carte du rock, délaissant leurs amours pour le blues, l'americana ou le folk, influences évidentes sur leurs précédents travaux. Les guitares sont électriques et reliées à des distorsions bien branchées, les mesures sont nerveuses et même quand le tempo se ralentit, sur un "What if" pas forcément très inspiré, la tonalité reste rock. Les cinq titres qui précèdent cette incartade mielleuse sont bien dans le rythme, mettent en avant une basse agréablement grave et un chant porteur de mélodies bagarreuses. Notre manchot se la joue bandit charmeur, le ténébreux de service qui rafle la mise en fin de soirée sans sembler avoir rien fait pour... Pourtant tout était minutieusement préparé, les petits breaks, les relances discrètes, les profondes respirations avant de livrer ses sentiments sans détour, un truc vrai avec une pointe de nostalgie pour montrer que les expériences ont construit le bonhomme ("We were kings"). A ce petit jeu, The One Armed Man se forge une identité différente et y gagne assurément.

The One Armed Man / Chronique LP > Paper bird

the one armed man - paper bird Si l'oiseau de papier qui sert de figure de proue à ce nouvel opus de The One Armed Man fait référence à l'art ancestral de l'origami cher aux Nippons, c'est encore et toujours à l'Ouest qu'on cherche du nouveau, dans ces territoires où l'americana tire le meilleur des racines historiques pour faire du neuf. Ici, davantage que la country, c'est le blues qui sert de vivier pour puiser une inspiration faite de complaintes, d'accords chaleureux et de petit solo déchirant mais qui muscle son jeu pour devenir un bon rock à l'attitude "old school" mais au son très moderne. Même avec une petite balade acoustique ("In the warm sunlight"), Paper bird est plus homogène que Black hills, il semble également moins torturé, sans pour autant lâcher des sourires juqu'aux oreilles du fait de thèmes peu guillerets ("Whispers in the dark", "The paper bird killer", "Love is a lonely road"). Mais dans The One Armed Man, il y a un coeur qui bat et qui insuffle une dynamique et qui va de l'avant ("Sweet anger", "Ecstasy") et qui correspond assez bien à l'idée directrice proposée ici par le quatuor : un homme frappé d'amnésie qui redécouvre peu à peu son histoire.

The One Armed Man / Chronique LP > Black hills

The One Armed Man - Black hills Deuxième enregistrement studio signé The One Armed Man après le divin opus éponyme livré par le groupe au printemps 2013, Black hills est aussi le premier album d'un projet rock/folk/bluegrass indépendant strasbourgeois qui dès les premières mesures de "Night train", le morceau inaugural dudit disque, déchire la nuit avec une mélodie ténue qui s'instille en nous par tous les pores de notre peau jusqu'à nous habiter pour ne plus nous lâcher. On reprochera peut-être au groupe de la jouer un peu trop ténébreux sur ce coup mais l'effet est réussi et met clairement en appétit avant la suite.

Qui se dévoile, plus rock et électrique, purement typée américaine au sens le plus noble du terme sur un "Mad season" aussi enlevé que fougueusement efficace. Un petit hit en puissance et une mise en orbite définitive pour un groupe qui a encore pas mal de cartes maîtresses dans sa manche alors que l'on n'est encore qu'au deuxième titre. On pense notamment à "Where the river flows", envoûtant sans pour autant forcer ses effets, à "Black swan", sorte d'hommage appuyé à la musique américaine en forme d'hymne aux immensités désertiques du continent d'outre-Atlantique, à "Summer knows" enfin. Et à chaque fois, les bonnes idées mises au service d'une inspiration de tous les instants, entre ballade pop-folk crépusculaire et titre plus électrique où le rock au sens pur reprend ses droits, The One Armed Man fait de petites merveilles sans jamais forcer sa nature.

L'ensemble est, de fait, d'une légèreté assez remarquable ("Back home", "Cold rain", "My own gold"...) et le groupe, quelque part entre Black Rebel Motorcycle Club, The Dead Weather, les White Stripes et The Black Keys, parvient à livrer un album complet sans jamais donner l'impression de se répéter. Un joli tour de force de la part de The One Armed Man qui, s'il livre également 2 ou 3 titres un peu moins indispensables ("White tulip", "The world is on fire"), compense largement par les pépites que sont au choix "Even say hello" ou "July". Des compositions plutôt racées, toujours aussi joliment interprétées pour un bien bel album et une jolie révélation sur le front de la scène rock/folk hexagonale. Laquelle démontre qu'elle n'a toujours pas toujours à rougir de la comparaison avec sa glorieuse aînée venue d'outre-Atlantique.