The One Armed Man - Black hills Deuxième enregistrement studio signé The One Armed Man après le divin opus éponyme livré par le groupe au printemps 2013, Black hills est aussi le premier album d'un projet rock/folk/bluegrass indépendant strasbourgeois qui dès les premières mesures de "Night train", le morceau inaugural dudit disque, déchire la nuit avec une mélodie ténue qui s'instille en nous par tous les pores de notre peau jusqu'à nous habiter pour ne plus nous lâcher. On reprochera peut-être au groupe de la jouer un peu trop ténébreux sur ce coup mais l'effet est réussi et met clairement en appétit avant la suite.

Qui se dévoile, plus rock et électrique, purement typée américaine au sens le plus noble du terme sur un "Mad season" aussi enlevé que fougueusement efficace. Un petit hit en puissance et une mise en orbite définitive pour un groupe qui a encore pas mal de cartes maîtresses dans sa manche alors que l'on n'est encore qu'au deuxième titre. On pense notamment à "Where the river flows", envoûtant sans pour autant forcer ses effets, à "Black swan", sorte d'hommage appuyé à la musique américaine en forme d'hymne aux immensités désertiques du continent d'outre-Atlantique, à "Summer knows" enfin. Et à chaque fois, les bonnes idées mises au service d'une inspiration de tous les instants, entre ballade pop-folk crépusculaire et titre plus électrique où le rock au sens pur reprend ses droits, The One Armed Man fait de petites merveilles sans jamais forcer sa nature.

L'ensemble est, de fait, d'une légèreté assez remarquable ("Back home", "Cold rain", "My own gold"...) et le groupe, quelque part entre Black Rebel Motorcycle Club, The Dead Weather, les White Stripes et The Black Keys, parvient à livrer un album complet sans jamais donner l'impression de se répéter. Un joli tour de force de la part de The One Armed Man qui, s'il livre également 2 ou 3 titres un peu moins indispensables ("White tulip", "The world is on fire"), compense largement par les pépites que sont au choix "Even say hello" ou "July". Des compositions plutôt racées, toujours aussi joliment interprétées pour un bien bel album et une jolie révélation sur le front de la scène rock/folk hexagonale. Laquelle démontre qu'elle n'a toujours pas toujours à rougir de la comparaison avec sa glorieuse aînée venue d'outre-Atlantique.