Erased Tapes Collection I En marge de ses sorties régulières (une dizaine en deux ans), l'excellent label anglais Erased Tapes, insatiable dénicheur de talents (ils ont sorti les deux premiers disques d'Olafur Arnalds...), livre ici une compilation digitale présentant les différents artistes et projets de son roster. Onze titres et autant de voyages dans des contrées musicales oniriques évoluant entre ambient stratosphérique, rock évanescent, pop léthargique et post-classique enfiévré. Le tout pour un panorama artistique élégant au raffinement intemporel.
Kyte, constellation anglaise se distinguant par sa pop lumineuse et sensible, marque la première étape de notre périple musical. Intimiste et ingénu, navigant dans des eaux voisines d'un Sigur Ros, le groupe ne parvient pas pour autant à s'élever au niveau des maîtres de la discipline et livre de fait un "Boundaries", certes agréable mais qui ne marquera sans doute pas les esprits. Un léger manque de saveur entachant un peu ce premier morceau. Après un petit détour par la valeur sûre qu'est Olafur Arnalds et le titre "Fok", extrait de l'EP Variations of static, Erased Tapes collection I nous emmène à la rencontre de Ghostworker. Entité musicale londonienne pratiquant l'hybridation des genres, ce one-man band mélange assidument ambient, electronica et post-pop habilement sculptée le temps d'un "Autark" aussi élégant que passionné. Classe.
Place au "The engine" signé The British Expeditionary Force, étonnant duo indie elctro pop qui parvient littéralement à nous hypnotiser avec son fascinant nectar musical aux étonnantes propriétés narcotiques. Arrangements sortis d'on ne sait trop où, mélodie raffinée et chorus obsédant, ces natifs de Newcastle arrêtent le temps et nous plongent par là-même dans une torpeur voluptueuse aux arômes enivrants... Un peu plus loin sur le tracklisting de cete Erased Tapes collection I, le duo réitèrera l'expérience avec "A long way from home", plus électro car remixé par Rival Consoles, projet hors-normes qui figure également en bonne place sur cette compilation avec "Kitsch". Rarement un morceau aura aussi mal porté son nom tant ce projet étiqueté comme "électro-acoustique/classique" transcende ses propres frontières musicales pour parvenir à un original cocktail d'influences et de sensations qui en font LA découverte de ce disque. Un Rival Consoles que l'on retrouvera également plus loin sur "Odds & ends", relecture électro d'un morceau signé Canon Blue, projet solo d'un songwriter américain venu de Nashville.
Dans la même veine, Aparatec signe un "Vemeer" complètement électro/breakbeat mais pas franchement inoubliable surtout quand il s'agit de passer après Olafur Arnalds (lequel signe également un élégant "3055" extrait d'Eulogy for evolution) et Rival Consoles dont on ne pense désormais que du bien. En attendant la suite... Celle-ci pour le moment vient avec Codes in the Clouds et "Distant street lights". Titre vaporeux aux effluves minimalistes, une mélodie claire-obscure qui vient se poser en filigrane sur des ambiances cotonneuses, on se laisse guider et transporter pas le final de ce morceau et son crescendo post-rock exhalté. Un dernier détour par l'acoustique et disrcret "The morning" signé Ghostworker et on referme cette compilation avec le sentiment d'avoir erré sans fin à travers le temps, naviguer le long de rivages musicaux propices à l'évasion sensorielle.