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Biographie > Grande super rock

Ecumant depuis 1997 la scène rock italienne, OJM est ce qu'on appelle un vieux routier du rock. Chantre d'une musique dominé par un riffing tempétueux, quelques plans psychédéliques et une bonne rasade de stoner hi-energy, le groupe revendique des influences qui vont de MC5 à Led Zeppelin en passant par Black Sabbath, Blue Cheer et Fu Manchu. 2001, OJM sort son premier enregistrement studio, Extended playing, édité à quelques 1000 copies et rapidement épuisé. L'année suivante, les italiens remettent ça avec un second effort sobrement mais efficacement baptisé Heavy avant de sortir un split partagé avec le groupe Gorilla. Le groupe signe avec Go Down Records (El Thule, Electric 69, Small Jackets) participe à la compil Idbox.it compilation Vol I avant de sortir The light album en 2004.
Juillet 2005, le groupe jamme en studio avec Brant Bjork (Kyuss, Fu Manchu, Fatso Jetson, Mondo Generator) avant d'entamer quelques mois plus tard l'enregistrement de son quatrième opus. Mars 2006, Under the thunder est mis en boîte sous la houlette de Michael Davis (bassiste de MC5) et débarque dans les bacs courant 2007 toujours via Go Down. La même année, le groupe tourne un peu partout hors de ses frontières et notamment en France, d'où OJM ramènera Live in France, paru en vinyle limité au printemps 2008.

OJM / Chronique LP > Volcano

OJM - Volcano Il y a quand même des fois où le job de chroniqueur est des plus aisés (déjà qu'on n'est le reste du temps pas des forçats...). On reçoit un disque de stoner-rock produit par un mec dont on sait qu'il fait forcément du bon boulot et surtout signé par un groupe dont on connait le talent, en clair, c'est du tout cuit. Ici les OJM qui démontrent qu'avec les Black Rainbows, la scène stoner/desert/rock psychédélique italienne a quelques atouts à faire valoir, surtout quand un certain Dave Catching est aux commandes.
On va la faire courte, fondateur du fameux Rancho de la Luna, le gazier, qui a notamment participé à plusieurs albums des Queens of the Stone Age, Earthlings?, Mondo Generator et autres Eagles of Death Metal est une référence incontestable du genre aux USA et ailleurs. Forcément, avec un tel patronage, le nouvel album d'OJM s'annonçait sous les meilleures auspices. "Welcome (Volcano)", "Venus God" ou "Ocean hearts" se chargeant de convaincre définitivement, on assiste ici à une petite démonstration de desert-rock tantôt planant et aventureux ("Rainbow"), tantôt plus burné et frondeur ("Cocksucker"), sans pour autant oublier de s'essayer à quelque chose de plus pop avec "I'll be long". Classe.
Le reste, c'est le groupe qui assure en se chargeant de l'affinage, entre douceur groovy, efficacité punky et puissance des guitares, la petite dose de cool en plus, parce qu'il faut aussi emballer le tout avec classe (zéro problème ici...) et servir tout frais, un zeste d'atmosphère old-school en plus, un album efficace au potentiel de sympathie incontestable ("Disorder"). Avec en prime un ou deux petites pépites du genre qui ne gâche rien au plaisir d'ensemble ("Wolf", "Escord"). Merci Go Down Records (Electric 69, Small Jackets, Veracrash...).

OJM / Chronique LP > Under the thunder

ojm_under_the_thunder.jpg Intro toute en douceur, le groupe prend son temps, pose une ambiance à la température écrasante et aux instruments qu'il débride tranquillement avant de faire parler les guitares. Après une minute trente de "réglages", les outils crachent les décibels, mais on sent encore le groupe en rodage sur ce "Everything can be magic", trop court pour savoir ce que le groupe a réellement dans le ventre mais déjà suffisamment électrique pour que l'on suppose que la suite va envoyer du petit bois. "Sixties" vient mettre les pendules à l'heure : amateurs de stoner burné et de heavy hi-energy rock'n roll dopé aux hormones de croissance, OJM en a dans le ventre. Au croisement d'un Fu Manchu qui aurait eu une liaison illégitime avec The Hellacopters et alors que Nebula serait venu se joindre à la petite sauterie, les italiens livrent un pur single rock'n roll avec un petit bonus, le producteur Michael Davis (bassiste de MC5) qui lâche un temps les consoles pour assurer les backing vocaux. Ce qu'on appelle avoir la classe. "I'm not an american" déboule alors sur la platine et un constat s'impose : les OJM revendiquent leur appartenance à une nation du vieux continent, mais leur rock turgescent et aux vapeurs éthyliques assumées renvoie à bon nombres de formations originaires du nouveau monde.
Peut importe au final ces considérations géographiques, l'important est ailleurs et notamment dans un "Stoned love" aux allures de grosse mandale stoner. Une bombe. On sent ci et là l'influence d'un Brant Bjork, avec lequel le groupe a passé quelques temps en studio avant d'enregistrer cet Under the thunder présentement chroniqué. Un groove psychédélique et imparable, des effluves alcoolisés, un chant éraillé, le combo italien en met plein les mirettes et n'est pas prêt de s'arrêter en si bon chemin. Du coup, il enchaîne bruyamment avec "Dirty nights" puis "Lonelyness", petites balances punky pour le premier, gros déballage de riffs pour le second, OJM donne dans le gros rock viril copieusement arrosé de whisky qui décape la tuyauterie et le fait très bien. Jusqu'à "Strasshine", climax d'un album de facture sommes toutes assez classiques mais terriblement efficace dans son concept : faire simple, mais furieusement rock'n roll. Avant d'accélérer la cadence sur "Give me your money", "M.C.I" et "Brant B." (en référence à qui on sait) injectant une bonne dose de coolitude dans un album qui n'en demandait pas tant. Rocks on.