Oiseaux Tempête - Tlamess (Sortilège) Quelques mois après la sortie de From somewhere invisible, Oiseaux-Tempête signe la B.O du film Tlamess (Sortilège). Un drame réalisé par Ala Eddine Slim qui narre la désertion d'un soldat et l'échappée d'une femme enceinte vers une forêt sauvage et magique. Un paysage idéal pour la formation qui se donne encore une occasion de nous transporter dans un lieu inconnu de notre imagination. Exclusivement instrumental, l'album comprend outre ses fondateurs - Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul respectivement guitariste et bassiste - la participation habituelle de Mondkopf aux synthés et de Jean-Michel Pirès aux percussions.

La B.O commence avec "Canyons (Marimba)". Sans préambule, le morceau se suspend dans les airs. Percussions discrètes et synthés se complètent idéalement pour créer une ambiance rêveuse. Dans "Cité nocturne", l'intention devient plus sombre avec toujours cette approche electro hypnotique propre à Oiseaux-Tempête. En moins d'une minute sur "Deserter", Frédéric D. Oberland fait hurler les sons saturés de sa guitare. L'exercice continue sur "Drone alpha". Les sonorités se mêlent et se juxtaposent entre elles. Le synthé de Mondkoft fait croire à des alarmes venant de tout part. L'intensité est élevée voire sur le point de craquer. Un instant plus calme, "Cimetière" commence tout de même sur une boucle grinçante du guitariste. Jean-Michel Pirès pose un rythme lent et régulier sans aucune variation. Le morceau monte crescendo vers une transe cultivée avec brio. Sorti de cette folie, Oiseaux-Tempête s'offre une transition pesante avec "Speaking eyes". Sans montrer de faiblesse dans l'intensité, le voyage continue avec "Une étrange forêt I" sur une matière musicale plus lumineuse. Le paysage est éphémère. En effet, l'instant d'après, "Jettura" semble illustrer une marche orageuse. "Snake design" s'impose en parfait contraste. Outre quelques notes aiguës hallucinantes, des bruits semblables à des hélicoptères, le morceau coule ses deux minutes dans la respiration. "Overtime" reprend le thème de "Canyons (Marimba)". Pourtant, Oiseaux-Tempête ne fermera pas l'œuvre sur ce seul rappel. "Une étrange forêt II" revient aussi sur sa première partie. Laissant désirer le dernier instant, Oiseaux-Tempête se lance dans le marathon de "Tlamess (Closing titles)". Avec ses 9'02", le titre possède en lui tous les effluves de "Cimetière". La version en est simplement complexifiée ou plutôt sublimée.

Avec la B.O du film Tlamess (Sortilège), Oiseaux-Tempête s'est montré sous un jour uniquement instrumental. L'intensité de la musique n'en a jamais souffert. Au contraire, dépouillé du charisme d'un chanteur comme G.W. Sok (ex-The Ex, Cannibales & Vahinés, The And), la formation démontre encore son talent. Dans ses compositions, l'hypnotisme rock electro de Oiseaux-Tempête est toujours saisissant et unique. C'est une véritable marque de fabrique. Ici, la musique laisse entendre la terre qui gronde en proposant de concert une formidable échappatoire.