ÖfÖ AM fait désormais partie de ces formations qui prennent leur temps. On est dans le sud (Montpellier), tranquille... Le but n'est pas (plus ?) de sortir un disque rapidement pour partir sur la route le défendre et recommencer ainsi de suite tous les deux-trois ans. Non, il s'agit ici de se faire plaisir, composer, peaufiner les morceaux, tester des effets, des riffs/solos de guitare, des breaks de batterie, des petits arrangements de synthé, afin de trouver et proposer la meilleure structure possible, puis l'enregistrer une fois qu'on est prêt, sans pression aucune.
D'où ce troisième album en 2025, après The beast within (2011) et Tales from outerspace : an Octaman's odyssey (2018). Il faut dire aussi qu'il y a eu quelques changements de personnel à bord et ne reste du début plus qu'Antoine (guitare/claviers), épaulé dans sa tâche par Géraud à la basse (qu'on retrouve aussi chez Verdun) et Jonathan, nouveau venu à la batterie, qui apporte ses tentacules plus metal. Pour autant, musicalement, pas de mutation sonore en vue. Le voyage dans lequel on embarque se veut toujours instrumental, à la croisée des chemins entre heavy-rock, hard-rock épique et stoner. Une virée des 70's aux 90's, de Deep Purple à Unsane, en passant par Black Sabbath et Kyuss.
Si l'on n'est nullement dépaysé, c'est aussi car on poursuit l'histoire imaginée par Antoine d'Octaman, super-héros malgré lui, mi-homme mi-pieuvre qu'on avait laissé en 2018. Octopus vulgaris s'ouvre avec "Space / mutation", se termine sur un "Grand finale", et raconte en onze chapitres entrecoupés de deux vortex, comment il s'est retrouvé l'un des pionniers de la résistance du monde totalitaire post-apocalyptique, dirigé par le vilain Dotschiler. "We want Dotschiler dead !!" Toi aussi j'imagine alors sans plus attendre, rejoins ta pieuvre préférée qui aura fort à faire contre des volcans, des mutilations génétiques et autres substances radioactives.
Publié dans le Mag #65



